‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 129 sur 196 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

Trait de caractère du général Milans. — Combat de Caldés. — Retraite. — Sobriété du soldat espagnol. — Affaire d^Alta Fulla.

Attaqfie de Tarragone.

Après l'affaire de Yorba, le général Milans rejoignit la brigade Lloberas qui sç trouvait à Tarraga depuis plusieurs jours , et y demeura jusqu'à la fin de juillet.

La séduction avait réussi auprès de plusieurs généraux ; on voulut en essaytr près du gênérai Milans; on lui éerivit que la guerre n'avait

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plus de chance, que la fortune des armes était perdue, que l'intérêt de l'Espagne exigeait qu'il se ralliât aux Français. « Mes cheveux blancs, répondit-il , descendront sans tache au tom-^ beau. ».

Sans examiner si l'arrivée du parlementaire était aussi imprévue pour tous ceux qui l'entouraient que pour lui-même, coi^me on auraf

occasion d'en douter par la suite, nous nous bornerons à dire que ses paroles durent désabuser ceux qui se flattaient de l'enlacer dans quelques supercheries politiques. Depuis ce moment, il n'a jamais cessé d'être en butte à la haine de quelques hommes puissàns.

Cependant l'esprit de sédition faisait des progrès. Le général Milans observait et se tair sait. Sur de sa conscience, peu lui importait le reste. Comme il savait que , pour apaiser les murmures du soldat, il n'y a rien de mieux que l'action , il ordonna le départ , marcha toute une nuit , et arriva à Mont-Blanc d'où il

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passa à Santa Goloma. Il s'y arrêta à peine ^ et forma le projet de fondre sur l'arrière- garAé ennemie. Cette résolution hff|*die avait besoin d'une grande discrétion ; cette qaaMté qui est indispensable au succçs cl'ane opération militaire commençait cependatit à manquer. Tous ses desseins transpiraient avant qu'il les exé« cutàt. C'est ainsi que , s^étant avancé jusqiifà Caldès, il se trouva tout-à-coup arrêté par une colonne ennemie bien supérieure en noHibré.

Le feu s'engagea néanmoins , et dura ée^ puis le matin jusqu'au ^oîr; mais Milans fiit obligé de battre en retraite. Le fort du comr bat eut lieu entre Caklès et le pont de Ca<> briana. La perte fiit assez considérable 3e pari et d'autre.

Nous eûmes à regretter, et nous regrettons encore le brave lieutenant-colonet Lisana, ex* aide-de-camp du général en chef ^ qui venadt de quitter l'état-major pour prendre le commandement de son escadron , et qui fut criblé

de balles en chargeant une hauteur qu'il voulait enlever.

Les fatigues que la troupe avait essuyées auraient dû faire rentrer chacun dans le de* voir. Nous verrons cependant qu'il y avait encore de la mauvaise volonté. La di^sion se mettait en retraite, le feu ne se prolongeait qu'à l'arrière-garde que commandait le général en personne. L'ennemi cessa de le suivre.

Milans descendit de cheval, persuadé que toutes les précautions d'usage avaient étéprises. Néanmoins il n'était pas tranquille. Il fit appeler ceux qui connaissaient mieux le pays^ et s'informa soigneusement du lieu où il se trouvait. Il reconnut bientôt qu'il était dans une si mauvaise position qu'il se voyait exposé à être fait prisonnier dans la même nuit. Il fit aussitôt prendre les armes à la division et la conduisit en quelques heures dans une position plus sûre.

Avant le combat de Caldès, la troupe avait

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