CHAPITRE
Nous travaillions déjà depuis deux mois à remplir cette tâche, lorsque les évèneraens décidèrent la chute de Barcelone. II fallut mettre bas les armes, et le général Mina fit voile pour l'Angleterre.
Les troupes françaises prirent possession de la ville, ainsi que des autres places de la Catalogne. Nos garnisons réunies dans tes cantoniiemens qu'on leur avait assignés attendaient avec une noble résignation l'exécution des articles de la capitulation.
Toutefois les haines étaient loin d'être calmées. La désertion des théâtres, la solitude des promenades , le morne silence et la consternation générale qui avaient suivi la reddition de la place, ne permettaient pas de douter de la disposition des esprits. Ces indices étaient fortifiés par la nature même des choses. Le but des hostilités contre l'Espagne, ayant été de détruire ses institutions politiques, tenait à uite cause toute morale. Notre armée avait
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cédé à la force , mais l'esprit public qui ^e cède qu'à la persuasion, n'était pas éteint dan& une ville surtout aussi prononcée et aussi con» stitutionnelle que l'était Barcelone.
Cette tendance à la liberté, source des phis grandes espérances, sous un gouvernement protecteur, n'inspirait plus dans l'état actud des choses que craintes et terreurs. Les cou* jectures étaient d'autant plus fâcheuses, que les premières mesures du nouveau gouverne^ ment étaient moins conciliatrices. NéaimM^udS les Catalans, persuadés que le roi.d^Espagne^ n'avait jamais été moins libre que depui» qu'oa avait proclamé sa liberté, n'attendant plus rieot du cabinet espagnol, avaient les yeux fixés sur la France. Les décrets que les absc^utistes fusaient circuler au nom du monarque, étaieni balancés par la confiance qu'avait inispirée l'armée victorieuse. La noble conduite envers les vaincus avait en quelque sorte £iit oublier l'odieux principe de la guerre, et, tout en
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cédanl aux clrconstancea*; ies patriote* &*«valent pas perdu tout e^ir. Cette âlusionoe tai-da pas à s'évanouir.
La France ne jouissait pas de totUe la plénitude de ses droits; trompée elle-mème.dans son attente , elle ne .pouvait $ûre ce qu'elle voulait pour l'Ëapagne. I>e même pwivoi^ qui n'avait pas craint de flétrir ta f^oite des Franr çais« en les faisant nutrcber dans la p^ùn^la sans les formalités prescrâes par' le drait des gens, et combattre un peuple qui n'avait «Mn^ mis d'autre crime que d'admirer leur sbgesw et profiter de leur expérience «consomma awi œuvre par l'odieux artifice avec lequel il sut éluder les capitulations. Nos troupes*qui, suivant le second article de celle de Barcelone , devaient coii.server leur organisation, leurs armes, leurs équipages et leurs chevaux; qui devaient recevoir la solde et les vivres que leur assignait l'ordonnance ; les officiers , sergens et caporaux qui devaient conserver lours
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grades sans être recherdbés par leur coodaile politique ni leurs opinions antiérieiires^ virent bientôt quelle confiance ils poavaieat airair dans ces stipulations.
Abandonnés à eux-mêmes, des soldalSy des fiers castillans qui refiisaient de tendre la main aux passans dans les rues de Barcelone oa d'autres grandes villes , tombaient sous les poignards en regagnant leurs foyers. Dans cette alternative, solliciter la Êiveur d'être conduits prisonniers hors de leur pays était la seule ressource qui leur restait. En attendant ^ les processions de moines et de vieux partisans de Tinquisition qui remplaçaient nos volontaires dans Barcelone, rendaient chaque jour la physionomie de cette ville plus lugubre.
Tandis que le parti constitutionnel se voyait ainsi écrasé, les absolutistes jouissaient de leur facile triomphe. S'érigeant en maîtres de l'opinion publique, ils répandaient à pleines
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mains leurs doctrines incendiaires. On sent qu'à la faveur des circonstances, ils durent donner une libre carrière à leurs prétentions. Aussi rien n'égalait YesSLgèrûtàon et la Tiol^ice des écrits qu| commençaient à sortir de leurs pressa.
C'est' alors qu'une seule voix osa s'élever pojur résister et revendiquer les droits dé la liberté expirante. Cette voix, c'était la notre. Forts de nos intentions et de l'appui généreux du maréchal McMacéy, nous souliilmes cette nouvelle lutte, et fîmes siicbessivementpârsdtre. diverses pièces où nous établissions lès
principes qui vont &ire Tobjet deii'chapitfes
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