CHAPITRE X. Si
tutioii. Atteint dans cette marche par le maréchal Ijauriston, il reçut la charge sanss'ébranler. Sommé de sq rendre dans la mêlée, il répondit à coups de sabre. Les braves qu'il commandât furent accablés , taillés en pièces et périrent aux cris de Fii^e la Constitution! San Miguel, couvert de blessures, nageait lui-mTéme dans son sang. Il respirait ei^core lorsqu'on ramassa les blessés. Il fut aussitôt transporté dans une maison où il reçut tous les recours que réclamait son état. Le maréchal Lauriston vint en personne lui demander s'il avait à se plaindre de ses troupes? « Oui, répondit-il, de ne m'avoir pas achevé ». On ne sait ce qu'il faut admirer le plus de la sensibilité du Français ou de la fierté de l'Espagnol.
A cette époque le général en chef avança d'un grade la plupart des officiers de sa suite. Un de ses aides-de-camp, le fils du comte de l'Abisbal , qui n'ayant que dix-huit ans , était déjà capitaine dans la garde, ne fiit
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pas compris dans cette promotion. L'exaspération s'empara de son esprit et il s'en alla de Barcelone. L'effervescence de son âge et l'extrême vivacité de son esprit parlent beaucoup en sa&veur, mais plus encore son mérite que le général en chef n'a pas cru devoir récompenser à cause de sa jeunesse, sans cependant cesser de le reconnaître.
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Capitulation de Barcelone.
Pkbbaht que notre armée n'existait plus que de nom, ceHe des ennemis se grossissait de jour en jour. Les troupes du maréchal Lauriston n'étant plus occupées dans l'Aragon s'étaient rapprochées de celles du maréchal Moncey, et toutes ne paraissaient avoir qu'un seul but, et ne former qu'une seule anoée. Les ' nôtres n'avaient plus d'autres l'efugea que les* places fortes , et ces places étaient sans approvisionnemens. Cardone et Tortose avaient été infidèle^s. Figuères et Urgel , après avoir dimi-
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nué les rations jusqu'au-dessous du nécessaire, avaient été obligées de se rendre. Tarragone et Ostalricb étaient aux dernières extrémités- Barcelone se soutenait toujours et on faisait continuellement des sorties pour inquiéter l'ennemi. Le général Mina quoique informé de l'horrible situation des autres provinces de l'Espagne, assuré de l'impossibilité de pouvoir rallier les restes de son armée, et convaincu que si le maréchal Moncey avait voulu former le siège de Barcelone, comme il en av^it Içs moyens, la brèche aurait été ouverte en moiBS d'un mois, le général Mina n'aurait pas songé à dépç^er l'épée, si la chuti^ du gouvernement constitutionnel n'avait pas changé entièrement ses devoirs et sa position. La dissolution da pacte social qui régissait la nation, et du pouvoir lé- «gitinue qui l'avait constitué général en chef, substituant le commandement de fint à celui
de droit, anéantissait son autorité légale, et plaçait l'accidentel sous les ordres de son hon*
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neur et de sa conscience; en un mot, transformait en père de la population le général de Tarmée. Si comme général, Bfina avait dusacri« fier Barcelone à l'ordonnance militaire^ comme père, il était obligé de sacrifier Fordonnance militaire au salut du pei^e. On parla de ca* pituler. Aus^tôt que cette nourelle se répandit dans la ville , un groupe nombreux se dirigea chez le général Rotten pour obtenir des reoseignemens siu* ce qu'on allait fûre. Celui-ci, ne sachant quelle réponse leur donner, les cou* duisit chez le général en chef qui n'eut que le temps de se mettre à la £enétre pour voir de quoi il s'agissait. Ce n'était pas une réunion populaire , mais une émeute produite peut-être par les meilleures intentions, qui méritait un pardon généreux, mais qui était incapable de donner des garanties dans ses prétentions, et indigne d être secondée, malgré la bonté de ses désirs. Sans songer aux armes qui brillaient à ses yeux, tout infirme qu'il était, Mina se
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montra au milieu du tumulte, et le tumulte cessa. Pour éviter le renouvellement devS désordres qui n'auraient pu qu'être aussi funestes qu'infructueux, il se vit obligé de prendre des mesiflres de sûreté contre des personnes très respectables, mais dont l'esprit trop ardent ne pouvait qu'augmenter le malheur de la crise.
Il se retira le jour suivant dans la citadelle. Égal à lui-même dans toutes les vicissitudes de la guerre, il termina sa capitulation du même esprit qu'il aurait livré une bataille. Tarragone et Ostalrich partagèrent le sort de Barcelone, sort qui n'aurait pas été si terrible, si la religion des ministres eût répondu à la générosité des vainqueurs! (r)
(i) La justice qui est due à la noble Mtitude que la yille de Barcelone a présentée pendant tout le temps de la guenfe exigerait qu'on fît mention ici de tous ceux qui s'y sont distingués avant et pendant son siège. Aucune tâche ne serait plus douce pour l'auteur de cette histoire ; mais pour la remplir il faudrait citer tous ses habitans. Pour concilier en quelque sorte la sin-
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cérité de son désir avec la pouibililé der^ moyens qui lui otCre let onTToge, il le Tait un devoir de désigner ji l'aîtiDiration publiée le lieutenant Llovet pour son libéralisme et as philanthropie, les lieutenaasH^lnnelB , Vidal pourson courage et son déroùmeiit , Mecn pour son talent, Monserrate pour l'aplomb de KB idées, le colonel Coiita pour «on palriolisme, le général baron de Bîure pour *on lêle et ion activité et le marquis de Santa Coloma pour tnules les vertus dont peut se glorifier un noble caractère.
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dans rame de leurs soldats la magnanimité qui les entraîne. Tous deux avaient antérieurement reçu des blessures , tous deux prêchaient d'exemple. Les troupes s'animent à leur Yoix> et fondent sur l'ennemi qui était sur deux colonnes en diagonale, sur le penchant d'une col*line ; marchent à la baïonnette contre celle tle gauche, la serrent, et sont prêtes à l'aborder, lorsqu'elles tombent sous le feu croisé que l'une et l'autre avaient dirigé contre elles. Le trouble se met dans les rangs , elles sont entourées et obligées de rendre les armes.
C'est ici que succomba la fleur de la milice volontaire de Catalogne, la légion libérale étrangère , derniers débris dé ces nUilheureux Italienà que la peste, la faim et la gtierre avaient épargnés. Cette victoire était réservée au général Damas. Il s'èii montra digtie. Sa cottduite ed- Vers les prisonniers lui donne des titres à toltle tiotre reconnaissance.
Il sei^ble étrange qu'siprès le résultat de la
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preqiière embarcs^tioti on ait osé ;i*isqiler' la même expéditioii la nuit siiîvaate. Mais toiit était prét^ le gros de$ trouas êimismies était encore éloigné; il fallait;^ ou profiter de la circonstance^ ou renoncer à jamais au projet de secourir Figuères et de porter la guerre sûr le^ derrières de l'ennemi.
Si l'on demande pdurqiioi l'on ftvait confié d^tte ejcpédition à Fernandez q[ui n'avait pas su conserver QB^done ^ on répoiidrfc qu'il . efiit ^ peu généreux lorsqu'un lidnllne a gagné la confiance ^ en donnant des preuves multipliées de son mérite, de la liii otcr au premier malheur qu'il éprouve.
Pacchierotti reçut de nouvelles blessures dans ce derniei^ combat; il aù<*ût pu en guérir^ mais voyant la cause perdue ^ il refus» la
pitié des ennemis et mourut digne de luimême et de sa patrie.
L'Apédltion de Fernandez avait manqué ^ une auti'e pouvait réussir. Le général en chef
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chances de sauver quelques débris d'un vaste naufrage.
. L'entreprise, sans doute , était audacieuse y mais l'intention estait si pure que' je ne^ me sentis pas effrayé. Toutefois , je ne pouvais inë dissimuler ma .faiblesse:. proscrit y étrsiDger, à peine . âgé de yingt ; ans , je: n'avais, pasijj^. pré^ somption de croire que je. pouvais égaler, les talens des écrivains distingués que possédait Barcelone ; mais c'était moins du génie que du patriotisme, c'était moins de l'éloquence fleurie' que du courage qu'il fsdlait, et j'étais sûr de ne manquer ni de patriotisme ni de courage. Je me décidai.
A peineeus-je &it connaître mes intentions, que je vis se manifester l'approbation de tout ce que la ville avait de plus illustre. Des écrivains habiles et patriotes , MM. Cook, Aribau, Monteggia, Lopez Solez, me prêtèrent leur appui. De concert avec eux, nos publications ne tardèrent pas à paraître.