CHAPITRE V
plus instructif que l'histoire moderne présenta sur les aberrations de l'esprit humain , nous avons vu les factions se dévorer réciproquement, et sous prétexte de nlbn-adhésion au gouvemem^t existant ou au parti dominant, faire tomber des têtes précieuses et innombrables, couvrir les places et les prisons de ca* davres. Les excès de l'anarchie ne. doivent paa être inutiles, et en nous montrant les erreurs dans toutes leurs di£formités, ils doivent nous apprendre à les connaître^ lors-métne que daqs un ordre de choses plus solidement établi, elles perdent une grande partie de leur horreur, prennent le masque de la juçtic^ et de la né^ cessitédu bien public, et, profi^tan^ de la distraction des esprits v s'établissent comme des maximes et deviennent la divinité à laquelle on sacrifie dans la confection des lois el dans, leur exécution.
Une fibre plus ou nioiiiB fine,^ une organi-^ sation plus ou moins développée, la différence
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d'éducation , les relations par lesquelles chacun se trouve lié , le rang qu'il occupe dans la s€>ciété, les évènemens de sa- vie et mille autres circonstances indépendantes de la volonté de rhomme, concourent à former^on opinion sur tous les objets qui l'entourent. Les diverses combinaisons , l'ordre et la proportion de ces causes amènent des résultats nécessaires.. En vain nous nous efforcerons de fermer les yeux à la lumière , et de résister au poids de la conviction. Dans ce cas, il n'y a déjà plus de liberté 9 et en conséquence ni délit ni droit à la peine. Les opinions sont un enclos sacré qu'il n'est plus permis à pei*8onne de violer. Elles ne peuvent jamais être un objet de législation; elles peuvent être celui de la morale , lorsque la mauvaise foi concourt à les former. Biais comme aucun juge n'est capable de découvrir les sentiers secrets que l'entendement a suivis pour arriver à tel ou tel résultat , on doit laisser le châtiment à l'être qui lit dans le cœur des