‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 155 sur 196 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Conduite des Français après la capii de Barcelone. — anecdote d^un jeune aide^ de^camp, — Trait de magnanimité du gé^

néral Faming.

De sages mesures avaient conjuré Fcmige.

L'horizon politique de Barcelone s'était éclaird; malgré les préventions sans nombre contre lesquelles les Français avaient à lutter, par des motifs qu'il n'était pas en leur pouvoir d'é* viter , ils surent si bien en atténuer les effets, qu'au bout de quelque temps ils étaient par-

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venus, sinon à se ùAre aimer, au moins à $10 concilier l'estime des habitans. Us v atta* cbaient eux-mêmes tant de prix, que rîen œ pouvait les fâcher davantage que de trouver les moindres indices du contraire* Nous pour^ rions citer plusieurs exemples k l'appui de ce fait, mais nous nous bornerons à un seul dont nous pouvons parler avec une confi^c^ entière.

L'auteur était logé à rh6tel de TScu de France. Il était un jour à dîner , lorsque dG$ sabres traiqans ^r Tescâlier de la maisQH an^ noncèrent l'arrivée de quelques militaires. Par une habitude qui tient à la nature de son ca* ractère, il ne leva pas les yeux- dana Finstan^ qu'ils passèrent devant lui. Un momept après qu'ils furent dans un autre appartemefit, un jeune lieutenant aide-de<amp en sortit 9 et lui dirigea une apostrophe qui marquait ^ l'humeur. L'auteur lui ayant demandé ce donl il avait à s(^ plaindre , il lui reprocha de n'a-

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voir point salué le colonel qui venait de passer avec lui. L'âge, l'uniforme dépouillé de tout insigne que l'auteur avait adopté , avaient peut-être contribué à lui attira c^te sorte de reproche. L'idée qu'une telle méprise ne serait point arrivée, si on avait maintenu la capitulation, et la vivacité avec laquelle ce jeune aide-de-camp s'était exprimé contre une faute innocente , excitant àla-fois sa colère et ses lai*mes , un regard fut toute sa réponse. Ce langage fut si bien en-^ tendu , que l'auteur ayant quitté la table pour s'en aller, l'aide-de-camp le suivit et lui 'dit en lui donnant la main : ce Nous avons des cœurs français. »

Le duc de Conégliano avait par sa conduite, tracé la marche à ses successeurs, et eh partant de Barcelone il n'a point perdu le fruit de ses sages mesures. Ne pouvant refuser l'entrée dans la place à des insurgés isolés ni à des corporations désarmées, en faveur des-

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