CHAPITRE V
vera , avait choisi cet endroit pour refuge. Il les y .enferma, les bloqua ^ et n'attendait que quelques pièces qu'il avait demandées pour le battre en brèche. Un miquelet , nommé Carlos , donna sur ces entre&ites un rare exemple d'intrépidité. Il voulut mettre le feu à la porte du couvent , les assiégés pour la défendre lui jetaient des grenades de main, Carlos en recueillit trois avec les mèches allumées , et les lança sur les fenêtres d'où elles étaient sorties. A la nouvelle que les Constitutionnels assiégeaient San Bamon y les factieux se rassemblèrent et accoururent au nombre de quatre mille pour le dégager. Ils parurent de très bonne heure dans la plaine.
Ils étaient parvenus à conserver leur ordonnance. Au bruit de leurs trompettes , aux sons rauques de leurs porte-voix, au roulement de leurs tambours on les eût pris pour une de ces tribus arabes qui cherchent à surprendre les caravanes au milieu du désert.
Le général Torrijos n'avait à leur opposer qu^environ huit cents hommes d'in&nterie et quarante chevaux. La mêlée commença.
L'inégalité des forces tint 'quelques instans la fortune incertaine. La discipline finit par l'emporter, et San Ramon ouvrit ses portes.