CHAPITRE V
Ces deux colonnes se proposaient d'aller secourir la place d'Urgel, mais le Trapiste qui en était déjà le maître s'avançait à leur rencontre. Monté 9ur un cheval blanc, le fouet d'tme main , le crucifix de l'autre, la carabine en sautoir sur sa longue robe, il parcourait les villages en coiu*ant , criant comme un énergumène , et fit si bien par ses burlesques ma^ nœuvres que Torrijos et Albornoz furent obligés de se diriger sur Cardone.
Rappeler le mauvais esprit de Solsona c'est Cure l'éloge du lieutenant-colonel Ârino qui en fut nommé gouverneur quelque temps après , et qui parvint à en tirer parti.
Romanillo s'était emparé de Balaguer. Le général Torrijos réunit ses troupes à celles du baron Caron-Delé et marcha contrç lui. Mais déjà les rebelles accouraient. Ils l'attei-r gnirent près d'Aumeadilla , et fondirent sur lui avec une impétuosité qu'il eut beau-; coup de peine à contenir. Il y réussit enfin ,
mais il fut. contraint au lieu d'attaquer Balaguer de se replier sur Lérida.
Environ deux mois après, Torrij os apprit que l'université ^e Cervera qui servait de forteresse à notre garnison , assiégée depuis quelque temps, était aux derniers abois. Il accourut à son secours. Sa bravoure et ses connaissances lui ouvrirent une seconde fois les portes de cette ville. Il eut la consolation de dégager une poignée de braves qui étaient prêts^ de succomber. Trente artilleurs , sept hommes démontés et cent Suisses, avaient bravé la foim, la fatigue, et résisté plusieurs semstines à trois mille cinq cents factieux , commandés par Miralles.
SanRamon est un couvent situé aU milieu d'une vaste plaine à quelques lieues de Cervera. La construction , la solidité de ses murailles en font une forteresse inexpugnable pour une troupe qui manque d'artillerie. Les factieux que le général avait chassés de Cer-