CHAPITRE X
celle de la corruption. Dans les temps d'effervescence , par exemple, le théâtre se prostitue d'ordiuaire aux passions du momeat. Od reçoit avec enthousiasme des sujets qui vus de saDg-froid ne pourraient supporter l'examen.
On rit des scènes de barbarie et l'on applaudit à des expres.sions qui dans la suite nous transportent d'iudignation. Nous n'envisagerons pas le théâtre de Barcelone par l'indueuce qu'il peut avoir eue sur la moralité deseshabitans; oa y a donné, comme partout, des préceptes de vertu mêlés à des maximes pernicieuses.
C'est comme le type du bon goût et de la civilisation que nous le considérerons.
Aux représentations, le public de Barcelone garde une contenance de modération et de décence; rarement il manque d'égards pour les acteurs, et s'il est arrivé quelquefois que la rivalité d'un d'entre eux ait excité l'esprit départi et échauffé les têtes, la sagesse n'a pas tardé à recouvrer ses droits. Il aime passionnément lu
théâtre ; malgré cela nous doutons fort qu^un autre puisse se soutenir. On tenta en i8ao une entreprise de ce genre qui eut le* phis fickenz résultat. Il faut direaussi qn'èHe était p(Sirdi^|Vie de cette capitale. Le^ grands ballets ont 'fidt ses délices ju^u'en^ îSoè : depuis ^ temps elle en est privée. A cette époque on les sds^ pendit ainsi que les opéras itaKens; qui- eti 1 81 S forent rendus et reçus avec le plus grbnd eii(thousiarsme. Lé goût pour lamasiqùede Boék sini s'accrut progressivement et passa pair tous les degrés qui séparent YEUsabeA àéï^Ita»
tienne. Quelques acteurs ont eu un ttcèoei} qui approchait dé l'idolâtrie. On peitt te- * garder la troupe italienne eotnme de tMxte nécessité à Barcelone; et ce tier serait 'pas exagérer que de dire qu'elle soutient letfaéâtre^ quoique les frais de son entretien soient tfès considérables et que M. Prieto i^lèvé dé la manière la plus brillante la réputâtibli de la scène espagnole. * - *: ^ îk • .
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Malgré les objets d'une plus haute importance qui cette année occupaient les esprits, l'opéra ne laissa pas d'être aussi fréquenté que jamais. Voici Les,piècesqu'onyi%préEieiiU; Elisa € Claudio^ musique, de Mercadante.
Cette pièce qui pendant un certain temps fit les délices du Uiéàtrede la^AiJa n'eut ici qu'un médiocre succès. ZaZ^owux^/ixi^t'Divsique de Rossini, du plus grand effet Hle .eut Un succès digne de son mérite. Paolo eyirffiùot en trois actes, du maestro GugUelmi. 3a bèaitté consiste dans la simplicité de la compositiotit ' parfaitement adaptée au poème. Elle fut bien reçue. La Gazza Ladra, musique de Rosàni assez connue pour que nous nous dispensions d'en parler ; le public de Barcelone l'a Tue . mille fois représentée par différentes troupes et néanmoins s'y porte toujours en foule. Il semble l'avoir choisiepourlapierred'achoppemeut' de tous les acteurs. La Schiava di.Bii^dad,.
brillante musique de Paccini ; on l'af^laudit
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avec la même ardeur qae Tannée précé La Scala di Seta {Jàrsa)^ musique de Rossini, une de ses premières productions et pas encore marquée au coin du génie de son auteur; aussi fut-elle froidement reçue. Ricciardo e Zoraide^ musique du même; elle dédommagea le public et le compositeur du désagrément de la représentation précédente. C'est là que M. Monteggia , notre compagnon d'exil et de rédaction dans X Européen y ému par les accens qui lui rappelaient sa patrie, et transporté vers elle par l'harmonie pathétique et diifine de quelques morceaux, s'écria presque involour tairement :
Terra diletta e misera , Cui per estremo vanto Solo rimane il canto, Interprète del cor!
Il Carruisfole di MilanOy musique de Paccini, faible et de peu de mérite. £n y ajoutant quel-
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ques autres morceaux, d'une farce on en fit un opéra. Ce fut à tort qu'on la reçut, la distribution fut manquée; on la siffla. I Preten.' denti deîusi, musique de Môsca , assez estimée; on avait déjà enteudu Ambrosidans cette pièce , et quoique cette fois aucune des premières virtuoses n'entrât dans son exécution, le public la reçut encore avec bienveillance. Nous né'pourrons offrir une relation aussi exacte sur les représentations qu'a données la troupe espagnole. Nous nous bornerons à rappeler celles qui nous viendront à la mémoire. La Muerte de César, traduite du français; elle fit la plus grande sensation. El Lanaza, tragédie de Saavedra Rarairez de Baquerano ; on goûta quelques scènes intéressantes, mais son dénoûment fut sifflé. El Maridoambicioso, comédie du théâtre français, traduite par Carnerero : son succès fut très brillant. El Filûsofo sokero , d'Alberto Nota, traduit de l'italien parle général Porras; elle fut applaudie.
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El Elnemigo de las nuigeres, différente de celle qu'on connaît sous le titre de la Posadera ; le sujet est tiré d'une Ëurce italienne et niis en deux actes en prose; elle lut sifiBée. Los Juror dos de Falencia, deLlonin, jeune premier de la troupe ; le poème n'est pas sans intérêt , quoique la versification n'en soit pas très correcte ; on l'a reçu avec plaisir.
Il n'y a pas grand'chose à dire slir le^ nouvelles décorations de cette année. Un des changemens plus importans qui se soient feits dans le règlement a été la liberté aux deux sexes de se réunir dans le parterre et les gar leries; cette nouveauté, à ce que nous sachions, n'a produit jusqu'ici aucun des inoonvéniens qu'on craignait.
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