‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 191 sur 196 · chapitre; XII · texte numérisé non relu

chapitre; XII

saient de traduire presque tous ses articles.* Nous avons regardé sa suspension comme une véritable perte pour les lumières et un malheur pour le pays.

Le sort fâcheux qui avait été le partage des ouvrages littéraires de cette nature à Barcelone, la fatalité et Tinstabilité de Tépoque^où nous projetâmes Y Européen^ furent des obstacles que nous surmontâmes pour établir un journal auquel nous avions attaché des intérêts plus élevés. Notre dessein ajurait été de lui donner dans la suite toute l'étendue , tout Téclat et toute l'utilité que nos facultés nous auraient permis.

Nous crûmes toujours qu'en renonçant à tout espoir de gaiti , que ^faisant uiie eiitre* prise patriotique de ce qui pour daulreft aurait pu être une affaire de commerce y et qu'en sacrifiant pour le bien général et liberté et repos nous aurions pu acquérir quelque titre à la reconnaissance publique. C'est par

47^ LIVRE Tl.

ces sentimens que notre entreprise s'est scmtenue jusqu'à la fin de décembre, et que nous avons vu se réaliser en quelque sorte nos espérances.

Mais la nouvelle année, au lieu de répondre aux intentions les plus pures , aux engagemens les plus solennels, aux besoins les plus pressans; au lieu de s'annoncer par des mesures de sagesse et de modération capables de ranimer la confiance , concilier les intérêts, fondrQ les partis , et amener à un ordre de choses juste et éclairé, portant en soi-même la garantie de sa stabilité , ne fit que présager une nouvelle ère d'infortunes et de désolation pour la péninsule. L'auteur de ces Mémoires se décida alors à quitter Barcelone , et peu de temps après il eut le regret d'apprendre que V Européen avait cessé.

Page 1