HISTOIRE
CONTEMPORAINEfl
députés désignés chez les Espagnols sous le nom de Persas , entraînèrent le souverain à signer, le \L\ mai 1814^ ce funeste décret qui couvrit la péninsule de deuil pendant six années.
. En i8ao^ sortant enfin du dédale où ces hommes l'avaient égaré, le rof revint à la constitution de Cadix. Il était libre alors! Lorsqu'il la jura, Riégo était battu, Acevedo mort, Min£^ dans les montagnes , O'donnel inmiobile à Ocana :1e quart de l'armée seulement avait pris part à l'insurrection ; les trois autres quarts étaient restj^3 soumis. Le peuple n'avait pasencore fait de mouvement; pas un constitutionnel n'approchait le roi ; le gouvernement était tout entier dans les mains desEguia, des Mataflorida , des Lorands - Torres ; la plupart des capitaines-généraux avaient fait verser le sang des constitutionnels.
Cette résolution spontanée de Ferdinand Vil pour le rétablissement de la constitution qui
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lui avait conservé sa couronne , cette amende honorable d'une grande faute , lui rendit le cœur de ses sujets , et sembla lui mériter Fadmiration des nations étrangères ; car les monarques se plurent à joindre leurs félicitations aux bénédictions des peuples. Dans une lettre que le roi Louis XVIII écrivait à Ferdinand , le ao avril iSaô, sur le serment du 7 mars, il dit : <c J'ai pris le plus grand intérêt à cette a résolution, tant par la sincère affection que « je professe pour V. M. , que par celle que « m'inspira toujours la nation espagnole. »
Le pape et le roi d'Angleterre, dans des lettres du même mois , joignirent leurs félicita' tions à celles du roi de France, et les relations de l'Espagne avec les autres puissances restèrent toujours aussi amicales.
Le principe d'affinité qui existe entre la coiu* de Madrid et celle de Naples , l'analogie des besoins et l'identité des désirs des deux peuples devaient produire les mêmes effets^
Le roi de Naples , d'un cœur généreux, d'un esprit sage et éclairé par une longue expérience , et qui voyait toujours en prince ma-
gnanime lorsqu'il voyait par- lui-même , le roi de Naples ^'empressa de se rendre aux vœux de son peuple, et de lui octroyer la constitution qu'il demandait. Jamais prince n'a porté y sa main sur l'Evangile avec plus de religion et de bonne.foi que lui, le i3 juillet 1820, jour à jamais mémorable pour les Napolitains.
Mais le^ mêmes hommes qui avaient tout employé pour persuader au roi d'Espagne de rester absolu , pouvaient-ils voir avec indiffé* rence qu'à son exemple , un autre souverain vînt détruire leur espoir de recouvrer leur anciénne et malheureuse influence ? Voyant les rois et les peuples faire cause commune , ces homn^es aussi ignorans des véritables intérêts des peuples que de ceux des rois, cherchèrent à r^andre l'alarme dans les cours étrangères et à susciter des ennemis au nouvel ordre d^e