CHAPITRE II
punîtioD. Ce n'était pas néanmoins le seul grief que nous eussions contre ce malheureux village. Le général en chef lui avait of* fert une amnistie. Il l'avait , à diverses reprises^ invité à ouvrir ses portes ; il l'avait même fait sommer plusieurs fois et n'avait jamais reçu que des réponses dénuées de toute espèce de convenance. Deux prêtres disposaient des habitans, mais au lieu de prêcher la concorde et Tobéissance aux lois , ils ne leur inspiraient que la fureur, et avaient pris poste près des pièces dont eux-mêmes dirigeaient les coups.
Dans cet état de choses, le général Mina ne crut pas pouvoir se dispenser de sévir. Il avait besoin d'imposer, de soutenir le prestige de son nom, de contenir par la crainte ceux qui inclinaient encore à s'engager dans l'insurrection. Castel-FuUit était d'ailleurs peu considérable , il ne contenait qu'un petit nombre d'habitans; l'effroi devait courir au loin sans coûter beaucoup de sang. On rasa le vil-
lage , on fusilla les deux prêtres , on décima la population qui avait pris les armes , et on éleva au milieu de ces ruines mi monument avec cette inscription :
AQUI EXISTIO CASTE]>FUI.IiIT :
PUEBLOS , TOMAD EJEMPLO; NO ABRIGUEIS A LOS ENEMIGOS DE LA PATRIA*
ICI FUT CASTBL-FUhLlT :
riLLBS ,
PRENEZ EXEMPLE ; 2f* ABRITEZ PAS LES ENNEMIS DE LA PATRIE»
hes pertes que nous fîmes à ce siège ne furent pas considérables. La plupart des officiers d'état-major furent néanmoins blessés.
Des quatre aides-de-camp du général Mina, trois furent mis hors de combat, entre autres le capitaine Fermin-Noguez , qui déjà tout mutilé , reçut encore trois coups de feu.