CHAPITRE II
\B^es. Elle fut ébranlée par une pièce d'artillerie et ensuite minée. La courtine qui en couronnait le stfnpiet était tombée ; une mine avait même éclaté; mais des coups de feu sortaient encore par les trous qu'avaient ouverts nos boulets. On pratiqua une seconde mine et les défenseurs de la tour disparurent avec elle. Le sort de celle-ci n'empêcha pas les autres de déployer le même courage , de faire la même résistance et de courir la même destinée. Ce ne fut qu'après sii jours de combat, après avoir vu toutes ses pièces démontées, ses munitions de guerre consommées et la brèche ouverte de toutes parts , que Bomanillo résolut de Tévacuer. La disposition du terrein rendait son évasion facile, il en profita.
Quelle funeste combinaison peut allier la bravoure ordinairement si noble etisi généreuse avec dessentimens bas et serviles? L'admiration que nous causa le courage des dé-
fenseifrs de Castel-FuUit fut bientôt détriAte par les traces d'inhumanité qu'ils avaient laissées derrière eux. A peine entrés dans le village , nous aperçûmes une multitude de paysans de tout âge , entassés dans le fond d'une église où ils achevaient les restas d'une exis* tence qu'ils avaient cependant été obligé^ d'acheter au prix de l'or. C'étaient des riches habitans de la campagne auxquels les Êictieux avaient imaginé de donner le nom de constitutionnels.
Un spectacle plus déchirant encore fut celui que présentait un de nos mineurs. Renversé au pied d'une tour sous une grêle de pierrips, il fut pris par les factieux , porté dans un Ht et couvert de coups de poignards. On les avait mesurés avec une barbare industrie. Tous assuraient sa fin, mais lui laissaient encore un reste de forces qui devaient s'épuiser dans les souffrances d'une terrible agonie.
Des outrages de cette nature méritaient une