CHAPITRE III
Frapper fort , juste et vite, est le moyen de finir promptement la guerre. Ce qui se passait sous nos yeux en fournissait la preuve. Mina ne faisait qu'ouvrir la campagne^ et Teffet qu'avait produit son premier coup l'avait déjà moralement terminée.
Pour se consoler de la perte de Castel-FuUit , les £aictieux renchérissaient sur le fort de Balaguer. Le Sègre qui baigne cette place , une vieille muraille qui l'environne, la colline qui la domine , et quelques mauvaises pièces de canon en fer étaient peu propres à inspirer de la confiance à des hommes tels que ceux qui la défendaient. D'un autre côté , elle est peu éloignée de Lérida; les routes qui l'en séparent sont bonnes , propres aux transports. Cette circonstance aurait dû les rendre circonspects. Mais ils ne se reposaient pas exclusivement sur la force de la place du soin de les sauver. La jactance ne les empêchait pas de songer eux-
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mêmes à d'autres moyens de se mettre en sûreté.
Soit desin de masquer leur véritable dessein, soit besoin de se faire illusion à euxmêmes, les insurgés annonçaient l'intention de se défendre. Us se vantaient de ne rien craindre et d'avoir des munitions , de l'artillerie et des forces qui les mettaient en état de repousser toute espèce d'attaque. Le général Zorraquin voulut s'en convaincre. Il profita du moment où le général en chef s'avançait sur un petit village peu éloigné des ennemis et courut à Lérida ; il fit construire des chevalets qu'il destinait à soutenir un pont volant qu'il voulait jeter sur le fleuve , vis-à-vis le quartier général. Il répandit à son tour le bruit qu'il était décidé à battre Balaguer en brèche, et qu'il avait résolu de le prendre d'assaut ; mais ces menaces étaient superflues. Mina était déjà dans la' place.
Ces coups de vigueur avaient jeté l'effroi