‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 41 sur 196 · CHAPITRE III. 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 8l

parmi les factieux. II devint difficile de les joindre, et plus encore de leur faire accepter un engagement. On eut recours aux stratagèmes.

Mina, informé qu'il y avait à Artésa une colonne de l'armée d'Eroles , lui détacha deux paysans qui , tout en engageant la discussion sur des affaires étrangères à la guerre, devaient laisser échapper qu'ils avaient rencontré les insurgés et que le baron s'avançait sur le village. La déception fut complète. Les factieiix nous prirent pour les leurs. Toutes les cloches furent aussitôt en mouvement , et les cris de Fiçe le Roi absolu ! meure la constitution! nous accueillirent de toutes parts.

Les insurgés étaient rangés en bataille sur le sommet d'une colline qui fait le prolongement du village. Notre avant-garde se porta sur leurs avant-postes, et tâchait de les confirmer dans leur méprise, pendant que le reste de la division, la cavalerie en tête, dé-

Sa LIVRE II.

filait au pied de la colline et des deux côtés du village. Pour mieux assurer le succès de l'opération, un de nos officiers demanda à communiquer avec le chef de la troupe ennemie. Il ne se fit pas attendre. Un gros ohevalier à plumes rouges, monté sur un petit cheval et un tromblon à la main, se détacha de la colonne et accourut à sa rencontre.

M. le commandant, sans même détourner son arme , fit pour tout salut , un mouvement de tête', qui indiquait un manque d'usage plutôt que de la méfiance. Il allait engager la conversation, mais la fiisillade qui s'ouvrait sur ses ailes lui fit comprendre dans quelpiège sa troupe avait donné. Il tourna bride aussitôt et parvint à gagner la montagne ; mais une grande partie de sa colonne toinba entre les mains de Gurrea.

La division victorieuse s'établit dans le viW lage et y passa la nuit. Le lendemain matin le départ fut sonné de bonne heure , mais l'état-

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