CHAPITRE TI. Io
Tavait rendu encore plus ardent pour la gloire. Aioscrit, il avait des accès d'humeur. Si dans ces momens quelqu'un venait à le contredire, il s'emportait, commandait, parlait plus en chef
qu'en compagnon d'infortune. M. Gambolo et M. Frascini n'ayant pas tout-à-fait rempli ses intentions dans quelque affaire de détail furent repris d'une manière si dure qu'ils se virent obligés de lui rappeler que , quoiqu'ils 9rvissent sous ses ordres comme simples soldats^ ils étaient o£Bciers aussi anciens que lui,, et qu'ils ne souffriraient pas qu'il oubliât les égards qu'ils se devaient mutuellement. Pacchierotti, trop irascible , prend ce langage pour un acte d'insubordination et les renvoie du corps. Ils se retirent, vont exposer l'état des choses au général Milans qui, moins emporté, approuve ce qu'ils ont fait, et ordonne au commandant en second des Italiens, M. Brescia, de les recevoir dans sa compagnie , laquelle , quoique sous la direction du même chef, était
cependant indépendante de celle qu'ils venaient de quitter. Brescia , aussi docile aux ordres de son général que jaloux de voèr régner la bonne hamumie parmi ses compatriotes, informe Pacchierotti de Tordre qu'il avait reçu ^ tâche deTamena" k une conciliation a^ec les deux officiers volootaires , et le pré vient qpa'cn cas d^obstination , il ne pourra se< dispenser d^obéîr. Cette communication j au lieu de eaU mer l'exaspération de Pacchierotti k porte au dernier point. Il forme sa troupe en- bataille sur une place voisine xle celle de la^ Cbnstitu«> tion, Am donne connaissance de l'ordie: <fai généra}, de l'intention que lui annonçait son lieutenant , se plaint de voir son autorité méconnue, avilie, engage en un mot ses soldats à soutenir ce qu'il avait fait. Brescia arrive sur ces entrefaites ; à sa* vue les partisans de Pax> chierotti ne se contiennent plus. On te menace des yeux, de la voix, on va même jusqu'à le coucher en joue. Le général accourt sans
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pouvoir apaiser le désordre. A (ot(:e de représentations , cependant y il covûmençiàt h. ébranler cette multitude égarée lorsque , par 00 de ces élans qui ne sont que trop dans les iDœurs du peuple qui yit sur les bords du Pô, ftcchierotti s'écrie : «Qui est Italien me suive». Toiis, à l'exception de la compagnie de Bresda, le suivent jusqu'à Barcelone !
Vich était elle-même en proie à de violentes dissensions. Les uns applaudissaient au transfert de Févêque, les autres le blâmaient. L'autorité civile s'était mise en conflit avec les pou- ▼oirs militaires. Personne ne s'entendait plus. Le général néanmoins parvint encore à vaincre l'opposition. Le prélat sortit de la place en habit de simple conventuel et suivit la di- TÎsion. Les factieux étaient tous en mouvement. Le général jugea convenable de se mettre en mesure contre un coup de main. Il fit publier, avant de quitter la place, qu'on se gardât de toute tentative , de toute agression :
que le premier coup de feu tiré sur sa troupe serait Farrét de mort du prélat qu'on cher»
chait à délivrer. Cette admonition produisit son efFet : monseigneur arriva le lendemain à Barcelone et fut déposé à la citadelle.