CHAPITRE • VIII
delà Cerdagne, sont attachés Fiin à Fautrè, on les conduit au bord d'un abîme, et à un signal donné on a Faffreux courage de les y précipiter.
Le général Zorraquin savait que, malgré toute sa vigilance, on introduisait à la fsiveur de la nuit dans la plaee d'Urgel des vivres qui venaient de la vallée d'Andorre (i). X[Ielui qui les faisait passer était un certain Blaside Castel'Bà, agent du baron d'£roles. Il était allé s'établir à Andorre qui lui offrait, comme pays neutre et point intermédiaire entre :1a France et la Catalogne, toute espècS de £sicilité pour recevoir les secours de son mandataire et les faire parvenir au^ factieux qui défendaient la place. A Organâ, village à quelque distance d'Urgel, il#^ avait un chef: de
partisans nommé Ëroles (a) qui passait pour
(i) La vallée d'Andorre en Espagne a quelque ressemblance avec la république de San-Mariho en Itali'\ (a) Il n*est pas parent du baron.
Il8 LTVIU II.
rhoDUBe le {rfus hardi et le plus entreprenant de cette partie de la Catalc^ne. Le ^général Zorraquin le fit appeler et kû deikianda s'il se sentait capable d'aller prendre ;'Kasî et de l'amener à Urgel. Blasi passiat pour un hmune détemmué. Il avait avec Ipi tm frère qui ne manquait pas de courage. Us «étaient munis d'armes de toute espèce. U fidkit s'ât" tendre qu'ils opposeraient une vive réûilanoe. Eroles n'ignorait rien de tout cela , et n^«n accepta qu'avec plus d'empressem^M k imssion. Il se mit ^fi marche la nuit même avec sa guériDe qui s6 composait d'une vingtatinè dliommes. Il suivit des diemins de Irtverse et arriva à Andprre sans avoir été aperçu.
L'heure était peu avancée. U distribue de suite deux ou trois honilnes à l'entrée de'^cÂiaqcie rue^ afin d'empêcher qui que ce soit de veuir au secoiirs, et^'armant d'une échelle, il escalade lui-même la fenêtre de Blasi. L'enfoncer d'un coup de poing, recevoir une balle dans
ÊHAPints vin. iig
son bonnet, sauter dans la chambre, jetei-itn des frères sons ses pieds, ciotter l'autre au mtH* avec la pointe de j^néféê, est Taffàit^ d'un instant. Il donne albrs' tin ^gïi^l^ ses gens arrivent , et les deux frèi»es Bla^ preh^nent la roate d'Urgôl. . .
On était au idbeur de l'hiver^ dans le pays le pins froid de FEspàgne ^ et les ti^oitp^ n'avaient encore que des vétem^ns d'été qi^ même se trouvaient ^^i fort mauvais état. Lies finances de Farmée n'étaient ^s dans une situation plui& prospère. La caisse n'était f'àfratchie que piir le patriotisme des grandes villes. Les instances dn général en chef avaient enfin obtenu un convoi considérable d'faabilletnens de toute espèce qu'on nous avait expédiés de Barcelone. n n'était plus qu'à deux petites journées du quartier général lorsque nous apprîmes iqù'il avait été enlevé à la sortie d'Oli^a. La troupe qui l'escortait avait fait tout ce qu'on pouvait attendre de son courage, mais elle était trop
peu nombreuse, pour résister au choc. Le coup de main avait été exécuté par Miralles dont il n'était plus question depuis l'arrivée du général Mina. Il avait dispersé sa bande et s'était tenu caché pendant tout Fintwvalle. Lié comme il était avec tous les che& d'insurgés, il n'avait pas eu beaucoup dé peine à réunir assez de monde pour accablar' quelques compagnies qui protégeaient le convoi.
Il . est triste pour l'humanité de remarquer que presque toutes les entreprises des fisictieux étaient accompagnées d'actions qui n'efFaçaient pas seulement le mérité de la bravoure personnelle, mais qui rendaient leur courage odieux , et faisaient frémir la liature. Plusieurs dames appartenant à des officiers de la garnison d'Urgel suivaient le convoi. Ces misérables ne se contentèrent pas de les outrager de toutes les manières^possibles, ils leur donnèrent la mort d'une majaière horrible et qui nous répugne à raconter.