‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 71 sur 196 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nés ennemies peuvent se répandre dans lé pays sans crainte de ses feux. A la vérité cette place semble plutôt destinée à menacer leur arrière-garde qu'à les arrêter de front.

La ville qui prête son nom à la place se trouve sous Tinfluènce des batteries et n'est fermée que par une enceinte susceptible de peu de résistance. Il eût fallu beaucoup d'argent pour achever les fortifications de Figuères ; mais on eût pu terminer à moins de frais les réparations nécessaires qui se trouvaient déjà fort avancées. La place ne manquait ni de munitions ni d'artillerie ; mais la garnison était très faible et les vivres n'y entraient guère que par rations.

Lérida fiit jadis la capitale de la Catalogne. La forteresse qui s'élève sur une colline à l'ouest de la viUe, domine celle-ci , la grande route d'Aragon et le passage de la rivière du Sègre. Elle a pour fondement des remparts entassés sur les ruines d'autres remparts, ouvrage de

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Wifférentes nations qui se sont succédées les unes aux autres, et dont ces vestiges et leur nom sont tout ce qu'il en reste. La forme intérieure de cette forteresse, arrangée selon l'art des modernes, est celle d'un polygone irrégulier. Au moyen d'une flèche récemment construite, peu de travaux suffisaient pour la mettre en é^at de soutenir un siège. La ville , du côté opposé , n'était défendue que par la rivière et un bastion à demi ruiné. Ses flancs étaient encore moins garantis. Le pont sur le Sègre n'avait pas l'air d'appartenir à une place de guerre. La garnison , l'artillerie , les munitions , les subsistances étaient à peine suffisantes.

Tarragone , digne rivale de Lérida par son antiquité et par les vicissitudes qu'elle a essuyées, n'est qu'un amas d'ouvrages détachés. La ville est bâtie sur le sommet d'uu immense rocher, à la distance d'environ trois, cents toises du port, et entourée de remparts

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