CHAPITRE IJ. l
qiii, sans être exempts de défauts, ont plti^ de régularité que ceux de Lérida. La position des fortifications qui l'entourent a quelque chose de bizarre» Quelques-unes se trouvent dans un fond pour battre la rade; d'autres sur des hauteurs pour barrer des passages ; Fuerte Real, ou Cliemin du Ciel^ comme on l'appelle aujourd'hui , est placé vers le milieu de la descente qui conduit au port; XOlivo est presqu'à la même élévation que la ville ; et , comme deux petits redans au nord couronnent encore des collines d'une hauteur différente , Tarragone ressemble à une plancte au milteu de ses satellites. A l'exception de Gi-' rone il n'y avait pas en Catalogne de place qui fut dans un étafr plus pitoyable. Le flanc droit du port n'était couvert que par une muraille propre seulement à la fusillade, cpioique ce fût une longue ligne parallèle importante à défendre , puisqu'elle touchait d^un coté à la ville et de l'autre à la mer.
l5o LIVRE III.
On avait abandonné une redoute isolée qui se trouvait placée à l'extrémité de cette ligne sur la plage pour repousser un point d'attaque indiqué par la nature , ainsi que plusieurs autres positions dont nous avons fait mention. Tout ce qui n'avait pas été abondonné ne se trouvait guère dans un meilleur état. C'était moins la faute de l'autorité dont la conduite était si digne d'éloges que la suite inévitable des anciens malheurs qui pesaient encore sur toute l'Espagne. Cette place se trouvait dans un dénuement complet; elle manquait de toute espèce d'approvisionnemens , elle était sans artillerie, et n'avait que fort peu de troupes régulières. La milice volontaire en faisait le service. Son zèle et sa valeur semblaient comme partout ailleurs tenir lieu de tout.
Cardons^ recommandable par sa position, la difficulté de ses approches et la régularité de ses fortifications , ne l'est pas moins sous le rapport des sahnes dont elle est la clef. Elle