CHAPITRE III. iSg
page de la plupart d'entre eux. Quelques-uns avaient des capotes ; ce n'étaient pas les mieux vêtus, car elles tenaient souvent lieu d'habit et même de chemise. Les gibernes et les bandoulières répondaient au reste de l'équipement. Il n'y avait guère que les compagnies facultatives et quelques bataillons de ligne hors de cet état de misère et de dénuement.
La cavalerie était sur un pi,ed tout di£férent. Elle avait de l'aisance et même du luxe. On voyait l'artillerie légère dans un état brillant. La pliipart des chevaux étaient andalous.
Par une bizarrerie singulière, les armes que la nature du twrein et le genre de guerre propre à la Catalogue rendaient moins nécessaires, étaient celles qui se trouvaient en meilleur état. C'étaient les canons. Les fusils au coirtraire , vieux , rapiécés , faisaient le désespoir des soldats ainsi que de leurs chefs. Les sabres étaient rares et réservés pour ainsi dire à la seule cavalerie. De toutes les armes de
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l'infanterie, la baïonnette était encore celte qui valait le mieux.
Depuis plus d'une année l'administration des finances en Catalogne paraissait établie plutôt pour donner que pour recevoir. La peste de Barcelone avait paralysé le commerce et arrêté la recette des douanes. Ce fléau fut remplacé par un autre non moins fatal pour la perception des impôts, la guerre civile, qui n'avait point cessé ses ravages. Les insurgés avaient érigé en système la dilapidation^ et tari les sources de la richesse publique. Malgiré cet état de pénurie, les employés des finances, avant et après l'arrivée du généra! Mina, n'avaient cessé de fiaire des efforts pour fournir aux besoins des troupes; mais les temps étaient devenus si malheureux qu'ils n'avaient plus de ressource. On avait dépensé les fonds qui provenaient de quelques mandats que l'intendant de l'armée était parvenu à réaliser dans la campagne contre les factieux. Après
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avoir payé la troupe, fait des avances à quelques corps, face à des objets de première nécessité, il restait peu de quarante mille écus que le général en chef avait pu réunir dans l'excursion qu'il avait faite à Barcelone. Cependant huit places avaient besoin d'être réparées et approvisionnées; vingt mille hommes devaient être nourris, habillés, armés. Une guerre imminente contre des troupes supérieures en nombre et abondamment pourvues, exigeait de vastes préparatifs. %
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