CHAPITRE III
Situation de l^ armée, habillement, csrmement. — Etat des finances de la Catalogne et de Varmée,
L'armée était alors de dix-neuf mille hommes d'infanterie et d'environ douze cents de cavalerie. La moitié des premiers se composait de troupes de ligne; un tiers provenait des cont ingens ou milice provinciale active ; le reste était des troupes légères de l'armée permanente ou de volontaires. Elle comptait aussi plusieurs compagnies d'artillerie et de sapeurs
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du génie. Les deux tiers des troupes à cheval appartenaient à l'arme légère. Le reste se composait de dragons et de cuiras-* siers.
La milice nationale volontaire était un puis» sant secours sur lequel on ne pouvait pas toujours compter. Quoiqu'il n'y eût pas de sacrifices qu'elle ne fût 'capable de faire, il y avait des raisons qui ne permettaient pas d'en prétendre davantage. Il était contraire à l'objet de son institution de la mener en campagne.
Sans doute des considérations 'de cette espèce devaient céder àla nécessité, d'autant plus que 1^ constitution était suspendue, depuis que la Catalogne avait été déclarée en état de guerre, et qq'en&i ce qu'on n'avait pa« encore fait , rien n'^mpêchaijt dç le faire. Si la gtt^rré avait suspendu la constitution, la paix devait la remettre en vigueur. La proclamation da général en chef du i*"^ avril i3a3 , portait quje la faction était détruite ^ que les opérations
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aidaient cessé. Il ne pouvait pas se mettre en contradiction avec lui-même ; mais cette considération n'eut-elle pas existé, la plupart des individus qui composaient la milice nationale étaient des artisans qui avaient déjà fait une année de service extraordinaire. Ils avaient besoin de reprendre leurs travaux , de s'assurer des moyens d'existence. Ils n'avaient pu disposer d'eux-mêmes tant qu'avait duré la guerre civile. Un rayon de liberté venait de luire, il n'était pas juste de vouloir qu'ils continuassent un service qui devait les priver de leur temps et de leurs facultés. Us auraient cependant consenti encore à ce nouveau sacrifice , mais le général en chef, tout en admirant leur dévoùment, ne pouvait l'exiger. Hors d'état de solder les troupes actives^ il ne devait pas chercher à en augmenter le nôm^ bre.
La plupart des corps d'infanterie qui compo»
saient notre armée étaient venus en Catalogne
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des provinces éloignées; quelques bataillons étaient arrivés de pays diamétralement opposés, et après avoir fait plusieurs mois de guerre; d'autres avaient quitté leur cantonnement croyant qu'ils n'allaient £sdre qu'une promenade militaire qui ne durerait que quelques jours , et n'avaient apporté aucun des objets les plus indispensables. Toute l'armée enfin avait déjà fait une campagne dans la plus itiauvaise saison et dans un pays montagneux. Après cela il ne sera pas difficile de se £sdre une idée de l'état où était son habillement.
Pour entrer dans un détail aussi pénible , il ne faut rien moins que la vérité due à l'histoire, et la justice que nous aimons à rendre à la vertu du soldat espagnol. Un mauvais shako, ou plutôt un bonnet, un vieil habit, une paire de souliers, rarement de cuir, le plus souvent de corde ; un sac de toile contenant une chemise déchirée et quelques chiffons pour nettoyer le fusil, voilà ce qui formait l'équi-