‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 82 sur 196 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

modération comme nous surpassons les générations qui nous ont précédés!

Ceux qui n'envisagent les choses que d'un côté pourraient nous faire beaucoup de questions. Pourquoi adopter la défensive plutôt que Toflénsive? Pourquoi conserver huit places dans un pays plus fortifié par la nature que par l'art? Pourquoi une grande partie de l'argent dépensé à les restamrer et approvisionner n'a-rt-il pas été employé à augmenter le nombre des volontaires? Pourquoi^ au lieu de jeter derrière des murailles les deux tiers de l'armée , n'a-t-on pas porté une masse imposante vers les Pyrénées? Pourquoi enfin, si on voulait conserver les places, n'en a-t-on pas confié la garde, à la milice nationale volontaire, et réservé l'armée permanente pour agir partout aillibrs?

L'éloge ou le blâme que mérite la préférence donnée à un genre de guerre sur un autre n'appartient pas au général Mina. Il y

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ayait une Junte dé dé/eme étabhe auprès du gouvernement suprême dé la nation; elle tM^ rigeait les opérations des généraux on chef et leur donnait pour règle de ne point s'écarlèr de leurs instructions ^ si ce n'est pour de&oc* curreiKces icnprévues et des détails d'eicécution. Cette Junte avait ordonné la gucrrà dé* fensive , le généml Mina tt'a Fait qu'obéir. Il s'apprtH!;ha quatre fois du territoire! fi^aançais^ ttiais il ne se condtiisit jamais de manière à <xmi^ trevenir aui: ordres quU«ivait rtû^us. iLa pre«> mière e!?cpédition avait pourl)ut de aondet-fespKt de la frontière ; la secondie d'occaper Tal> tentibn de Ttenneiûi, «ifin d'avoir le temysbd'ap-» provisiontier l^spbces dans la saison dèa récol*» tes , et tes deux ^utresde ralentir sâ noÉKliie sur Bâroelôiie. D'ailleurs quel autre genre deglm^ re aurait-on pu adopter? l'oflittsive? tiestroa''

pes espagnoles n'étaient pas assez nombreuses

pour entrer sur un pays étranger et attaquer une armée établie sur un pied imposant.

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Les peuple de la péninsule avaient fait avec succès pendant des longues années une guerre toute particulière de leur territoire^ et devaient tenir à une méthode qui leur avait réussi; Une autre iXHisidératiOn encore , c'est qu'il était plus à Craindre que l'armée constitua lioiàneUe^ tme fois sortie de son pays> ne put phis y rentrer, et que le parti absolutiste fort de l'appui étrange* ne lui coupât ia retraitew Le genre *d'opéràtion& qu'on adopta 'ofiratt à la nation le moyen de défendre >ses champs^ ses maisons , ses remparts et rendait l'armée plus redoutable à l'ennemi qu'elle devait chercber à Êitiguer, disséminer et attaquer partiellement.

Le système qu'on avait résolu de suivre de»mandait donc qu'on conservât les places; pour cela il fallait les pourvoir du nécessaire.,, att en faisant les dépenses nécessaires pkmr ies places, il n'était pas possible d'en Êiire pour augmenter l'armée. L'idée d'en confier ia dér fense à la milice volontaire, de préférence à

^ troupe de ligne avait ses avantages et ses inconvéniens. L'état des finances, il est vrai, s'était amélioré. On pouvait après^ le conseil de Vich tenter ce qu'on ne pensait pas même à désirer auparavant. Mais ce même conseil était l'obstacle principal à l'emploi de la milice volontaire dans les places. Â l'arrivée du général Mina en Catalogne , plus de trente mille factieux avaient les armes à la main et étaient protégés par une foule de villages. Tous semblaient avoir disparu; mais la plupart ayant été amnistiés étaient rentrés dans leurs foyers où leur malheur excitait l'intérêt de leurs parens et exaltait les passions de leurs amis.

Les ressorts secrets dont on s'était servi dès le principe pour insurger cette facti<m étaient plus que jamais en mouvement , et s'ils avatent d'abord agi si puissamment, n'avait-on pas tout à craindre en voyant tant d'éléçiéns de discorde mis en action? Si le général en chef sortait les milices volontaires des villages,

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