CHAPITRE VI
qui Jui répondait de leur tranquillité et des secours qu'il devait en recevoir, suivant les promesses des chefs politiques? Et si cette milice devait restera la garde des communes, comment pouvait-il en disposer pour l'enfermer dans les places ou l'incorporer à l'arniée ? Il n'est pas de réponse plus solide et en loéme temps plus terrible à cette suite de questions , que la marche des Français sur la Catalpgne qui commença cinq jours après le conseil de Vich. La rapidité de leur entrée fit échouer ces sages dispositions; elle déjoua tous nos calculs et fixa la fortune.
Au^ trente millions de réaux que les chefs politiques avaient promis, le gouvernement de Madrid en avait joint quarante eu papier. Or , soixante-dix millions de réaux ( 17,500,000 fr.), le bon esprit du soldat qui avait l'avantage de se battre dans son propre pays, le patriotisme des habitans et le zèle des autorités pouvaient bien rendre l'événement
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douteux. Si le lecteur est frappé de nos moyens de défense et de la triste fin de la guerre, qu'il considère ^invasion précipitée d'une armée dont jusqu'au jour de ^n entrée sur notre territoire on nous avait dissimulé les projets d'hostilités. iTose le dire, telle est la causé de notre défaite. Lés chefe politiques ne purent réaliser qu^UUé tfés faible partie des sommes quHls avaient promises ; le papier du gouvernement né se négociait phis par suite des méfiances qu'avait répandues l'invasion; on fat obligé de battre monnaie en fondant des canons ; on dut payer lé soldât avec la valeur dé ses armé^. Cest àloi!^ que le général Zorraqliiu s'écria : Cùigon fUyùà y esta nos fat ta! « Qué la fôUdre tombe, c'est té qui nous manqué !» . # .
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CHAPtTftË Vtl.
Mari dei^évéque de Ftoh^
APBis la mésintelligëmre cpri éclata à Âdmll entre te ^nétBl en chef et Fauditetir )de giMit^ ^ le procès de monseîj^eur Stialich fut iH^v<fyé à Barcdone pour être jàgé duviUit Un iamtiô magistrat. Celui'ciy qui joignait à ub talent distingué une activité extraorcUkiéirè^ priti ctoMir cette affaire, reril tons les actes de la praeétdure ^ examina les lois , et^ d'après tes poiïVùin qu'il avait i^eçus du géliénd en obef4 il d^ut
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devoir prononcer une sentence définirive. Rien cependant n'avait encore transpiré dans le public, lorsque la nouvelle certaine de l'entrée des Français fut répandue à Barcelone^ Alors la joie disparaît de ses murs « et une dangereuse exaltation anime les habitans.
Passant de l'oubli de soi-même au souvenir du passé et à la crainte de Tavenir, les patriotes prennent l'alarme et débordent les limites d'une indignation gén^euse. Sans égard pouu
les prérogatives delà justice, méconnaissant les titres que le malheur et le caractère de la personne qui excitait leur vengeance avaient à Içur considération, plusieurs des plus puissans^ et iméme des plus éclairés, se réunissent en comité secret et demandent la mort de 1^véque de Yich. Ils commencent leurs débats par blâmer l'indolence des fonctionnaires publics comme un présage sinistre pour la guerre qui allait recommencer. « Comment , disaient- «ils, pouvons^nous affronter avec confiance
cHÀPir»^ TU. rtfi
w un ennemi étranger/ si «euk'itjm l'ont" àip- « pelé restent derrière Àttttô et mehai;cent\dè « survivre à ceux qui les bnt ' aôtùsés, jugés et â condamnés ? Que les traîtres à la patrie ]>é- (€ rissent, ou bien les autorités sont complices « de leurs crimes! — L'évêque de Vich doit « mourir , s'écria un d'entre eux ; l'évêque a de Vich doit mourir,» répéta toute l'assemblée. La nuit était avancée. On envoie néan« moins chercher le chef politique qui, enveloppé de son manteau , une lanterne à la main , ne tarde pas d'arriver. On ne lui donna pas le temps de franchir le seuil de la salle qu'on lui adressa ces paroles : « Général , vous ne venez « pas ici pour commander, mais pour obéir.
« La patrie exige que le soleil de demain soit « le dernier pour l'évêque de Vich ». La raison n'a ppint d'accès auprès d'esprits irrités ; la violence du moment rend toute résistance inutile. L'ordre fatal fut donné la nuit même. Le lendemain l'évêque fut mis dans une voi-
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ture et condpît sur la graode route de Tarragoi^ par un piquet d'ia&Dfterie ; on le fit descendre dan^ ui^ Kei4 sfcrfit^ire. où U fyjL cuté.
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CHAPITaE YIII. f^^
CHAPITBE VIIL
OPiRATIONS MILITAIRES DEPUIS LE t3 AVRIL- 1 9?^
jusqu'au 6 DE MAI.
Premier mouvement dee WrançaU sur la Cerdagne, — Départ au général Mina de Vieh. « — Entrée du maréchal Memeeyi. -^-^ Anecdotes.
Les destinées de l'Espagne étaient au moment de s'accomplir. Les ministres de Louis XVUl firent entendre à la trit)unefrançaise qu'il fallait aller défendre la charle suf
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aTait une lunie de défense établie aiiprèn da gouvernement suprême dé là nation; elle di^ rigeait tes opératiotis de$ généraux en chef et leur donnait pour règle de ne point s'écarlèr de leurs instructions^ sa ot n*e8t pour de»OG« currekices imprévues et des détails d'ekécution. Cette Junte avait ordonné la guerre dé* fensive , le général Mina n'a Fait qu'obéir II s'approc^ha quatre fois du territoire français ^ ttiais il ne se condiiisit jamaisdemfetiiière à con^ trevenir aui ordres qu'il «ivait rtièus. La prt^ miére expédition avait pourbut de wndet*r«sh pKt de la frontière ; la secondls d'ooct^r TaC* tentiôn de l'^nneiûi , afin d'avoir le tempad'np-' pro vitiionner les places dans la saison dès réco^ tes , et tes deux ^autres de ralentir sa naÉrdie aor Barcielône. D'ailleurs «piel autre genre de|;iM^ re aurait-on pu adopter? l'oflittsivê? Leatrou^ pes espagnoles n'étaient pas assez nombreuses pour entrer sur un pays étranger et attaquer une armée établie sur un pied imposant.
GUAPITBE. VI. I7S
Les peu(>)^ de la péninsule avaient Êtitavee succès pe!àdant des longues «Hnées une guerre toute particulière .de leiir territoire^ et devaient tenir à luie méthode qui leur avait, réussi; Une autre ixm^dérati&n encore , c'est qu'U éuit plus à Craindre que. l'armée coâBtitiih* ikNlneUe^ tule fois sortie de son pays> ne put phls y rentra ^ et que le parti absolutiste iàrt de l'appui étnanger ne lui coupât la retraite^ Le genre d'opérations qu'ïoa adopta «^firaftià la nation le moyen de défendre iSes champs^ sbi maisons 9, ses retnparfs et rendait l'armée phfts redoutable^ l'ennemi qa'elle devait diercberà btiguer, disséminer et attaquer partiellement
Le système qu'on avait résolu de auivne deimandait d<»)c qu'ouconsenvat les places; pouf cda il fallait les pourvoir du nécessaire^v : 1^ en ÊMsant les dépenses nécessaires pirar \m places, il n^était pas possible d'en . ÊUre pour augmenter l'armée. L'idée d'en confier ia.dér fense à la milice volontaire, de préférence. à
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En même temps le chef d'état-major g^ér^^I fit une excursion à Campredon pour recueillir toutes les troupes qui se trouvaient dans cette direction. .,. .
Le 1 8 les Français continuèrent leur inpfiVQment. Le maréchal Moncey avec le gro^ de ^on armée entra par le Pertus fxt .^'^in^ta à la Jiinquière. Le rç^e parut p^cjy^jt^mps après sur les hauteurs de San {Jorctuiis .d$ la Muga. Ce serait une suppositions, gi^ttiil^ de dire que le inaréchal mit un iut^'»
valle de quatre jours entre rocqapatîpn de Puycerda et sa marche ^ sur la lupqixière , qui sont les deux extrémités de la fram^re de Catalogne, pour observer si le géig^r^ Mina €in se proposant d'arrêter Iç^ priçiwçrs progrès de ses troupes, lui aura^ Isf/issé libre le chepiun de Ba^rcelon^. Tfx^^ojùf, il est probable qi^'iji le fit dans l'intçntiiçx^ de diviser Vatte^tiqn et l,es fqrces de l'ç^^ipif^t^ 19 les troupes de. la Junqui^re des^pendire^t:^
GHAPITEE VIII. 187
Pons dels Moliiii^y à TOspitalet et autres petits endroits des environs. Le uo suivant elles s'étendirent 3UP les bords du Llobr<^at versPe^ ralada et Castellon d'Âmpurias. Le ai eHes ne firent aucun mouvement. Le !)a il y en eut en général sur toute la Kgne, se dirigeant par colonne sur les iiiUages de la circonférenpe de Figuèpes qui depuis ce jour-là resta bloquée. Avant la nuit le maréchal soniiiia le commandant au nom de Ferdinand Vil. La dignité de la réponse égala la singularité de la demaade.
Le général Milans qui ne pouvait en aucune manière attendre l'ennemi dans sa position, évacua la ville de Figuères le 19 en se repliant sur Llada Le mo fl se porta en avant sur les hauteurs de l'Estel la.La matinée suivante, lijant découvert im camp français et une colonne d auxiliaires sur celles de San Llorens de la Muga , il pensa à s'assurer de Besalu dont la perte 1m aurait intercepté la communication
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de nos mouvemens, la rivière qui nôtis pro^ tégeait, les po.sitions que nous occupions , tout faisait croire à l'ennemi que nou& l'àttendioiis. C'était précisément ce que nous diesirioû^ lui persuader. Lorsque son attention fut biëii arrêtée sur ce point , et qu'il nous prt&sàit dé toutes parts , chàcuhe de nos divisions , prenant des chemina différens, disparut aussitôt.
C'est bien par de tels stfatagètnës ^ixe se signalèrent souvent de grands ôâpitàines qui , sans répandre du sang, savaient gagner des batailles , et sâhs donner deS batailles savaient fixer la victoire. Mais les circonstances n*ëtaient pas les ùrémes, et nous ne pouvions attendre les mêmes résultats.
Nous ne saurions passer sous silence le sort d'honorables officiers de la première division, qui avaient le malheur d'appartenir à un bataillon de'milice provinciale, composé de recrues très mal équipées et sans instruction ; ce bataillon fut renvoyé dans l'intérieur et