CHAPITRE VIII. igS
n'en laisser échapper aucun, il avait indistinctement défendu aux femmes de; paraître dans les coi^s. Quelques-unes avaient transgressé cet ordre; des grenadiers s'en, emparent aussitôt, les conduisent au milieu du camp, et là , à la vue de tout le monde , ils leur appliquent la correction dont les maîtres d'école punissaient autrefois l'indocilité de leurs disciples. Cette scènç dont la plupart ne virent que le côté plaisant avait aussi son côté sérieux.
Dans la guerre rien n'est plus à craindre que l'espionnage. 11 ùait en éviter toutes les occasions. Qui p<9rrait répondre de la dis* crétion de femmes sans éducation , qui , ayant la liberté de se promener jour et nuit dans un camp , peuvent passer avec la même facilité dans celui de l'ennemi? Nous devons dire cependant que parmi ces femme9 qui , sortant de la condition que leur a assignée la nature,
bravent comme Thorome les périls de la guérie
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re, il s*eh trouve qulî 5ont d'une conduite irréprochable et ca{)ables de vertus touchantes.
Au coucher du soleil nous atteignîmes le sommet du Graù , et poussant plus avant sur le Coll-sa-Cabra , nous fuînés tiampef à une bonne heure da distance de laf Venta. La troisième division arriva bientôt après et prit position à côté de ce dernier endroit.
L'espace où caimpe une poignée (Fhommes ù'est assurément pas fort étendu ; il Fe&t assez cependant pour présenter quelqujèfois la plus étrange 'variété de mœurs et de caractères. Il réunit souvent la civilisation et 'la barbarie^ la magnanimité et TabjectioMt Un pâtre nous accueillait avec l'agreste franchise des montagnes, d^autres traquaient nos soldats à «quelques pas plus loin. Un poste avancé découvrit en rentrant des traces de sang près d'un fossé.
L'officier fit faire halte à sa troupe pour en rechercher l'origine, mais ayant vu la peau d'un mouton fraîchement ^corcbé , il passa
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outre et ne s'en occupa plus. Les soldats tfai desiraient avoir cette peau ^ n'eur^tft pêis plîiis tôt déposé leurs armes qu'ils retournèrent au lieu où ils l'avaient aperçue, mais ils ne tai*dènent pas à reconnaître qu'elte voilait un crime. Us trouvèrent un de \ewû camarades qui gisait dans là vase avec sa baïonnette au COQ. Sans doute ce n'était pas l'espoir dh gain qui avait armé la main des assassins; daîQs tin lieu solitaii*e, au bord d'un fossé, sur les li-* mites d'un camp, il n'y a iE|ue le bras du fàlià^ tisme qui ait pu se lever sur le tsôsiït ^uh guerrier. Est-ce là , chrétien» , la religioti de Jésus?
Pendant que près de nous se coinmisttait ce meurtre , l'épouse d'un honnête montagnard dans le voisinage duquel nous étions établis,
distribuait avec une grâce infinie et du tneil^
leur cœur, tout ce qui pouvait plaire aux soldats , sans en exiger d'autre récompensie que le plaisir de parler au général Mina. Il la reçut '
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dans son camp au milieu de ses ofEciers. Ja«' mais le cœur d'une Catalane ne tressaillit de plus de joie en voyant dans Mina la gloire et
' la liberté de sa patrie.
Le même jeur que nous partîmes de Castel- FuUit 9 le général Milans se dirigea vers Mieras. Une colonne ennemie se portant sur Bafioles tenta de la couper; mais il sut déjouer ses projets. La musique d'un régiment qui cherchait à s'introduire dans la place de Figuères avec un petit détachement ne fiit pas si heureuse. Elle tomba dans les nmins de l'ennemi et alla exécuter des symphonies en France. Quelques troupes de la première division avaient eu la veille un petit engagement avec une nombreuse colonne de cavalerie qui s'était approchée de nos avant-postes à portée de pistolet. Si le maréchal Moncey l'avait chargée de . s'assurer si elle trouverait ou non de la résistance , elle lui reporta, une réponsie
• qui n'était pas équivoque. S'il le fit pour don-