CHAPITRE III
Insurrection. — Chef des insurges.
i^ « » agii .
Ce fut dans le mois de mars 1821^ que fut poussé le premier cri de rébelliorr.
Montaner de Berga , suivi d'ime bande de cinquante* fanatiques, ouvrit la scène. Il se porta à Casîellar de Nuch , et foula aux pieds tout ce qui rappelait la constitution. Un homme delà lie du peuple , Missas, qui venait de s evader des prisons de Girone , .imita son exemple. Il ramassa des gens méprisables
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comme lui, se glissa entre Lampourdan et les Pyrénées, et se présenta à Ox comme le champion de la couronne et de la foi. Le cri de la révolte s'était fait entendre , il fut répété par une foule d'aventuriers. Le Trapiste souleva Mont-Blanc 5 l'Espluga, toute la côte de Barbara. Romagosa en fit autant. Il insurgea Braffim , Villavella , Abisbal et tout le haut Panades ; Miralles entraîna Cornudella , Povoleda , et presque tout le Priorat , Montagut , Mora d'Ebro et les villages qui l'avoisinent. Chambô s'annonça comme ses dignes émules par le pillage et la dévastation. Il saccagea les villages qui confinent les provinces de Tarragone , Tarrazone et Castellon de la Plana.
Gep-Dels-Estans , Mosen Anton , Bomanillo , Mosen Ramô, Ballester , Targarona, Caragol, Carnicer , Montô , Mala villa , et beaucoup, d'autres coururent aux armes et se signalèrent par d'aussi nobles exploits.
Il n'est pas possible de présenter un tableau
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lie Torigiiie et du caractère de cette multitude de chefs d'insurgés qui prirent part aux désordres de cette triste époque. La plupart ne datent que du jour où le sang d'un constitutionnel a coulé. Cependant, pour que le lecteur n'ignore pas tout-à-fart quelle espèce d'hommes fut déchahiée contre les institutions qui devaient régénérer l'Espagne, je croisdevoir entrer dans quelques détails sur les principaux d'entre
eux.
Missas (Anton Costa) , né dans les environs de Figueras , fut long-temps postillon. Lors de la guerre de l'indépendance il s'enrôla dans la hande d'un nommé Pujol , partisan vendu aux ennemis , et parcourut avec lui le cercle de tous las excès. La justice atteignit enfin Pujol qui, à ia paix, alla expier ses crimes sur un échafaud.
Missas, craignant d'éprouver le même sort-, s'enfonça dans les montagnes où il dévalisait tout ce qui tombait sous ses mains, lorsqu'il
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fut arrêté et conduit dans les prisons de Girone d'où il réussit à s'échapper.
Le Trapiste (don Antonio Marafion), natif de Marahon en Navarre , servit avec succès dans la guerre de l'indépendance et fut fait capitaine. Sa passion pour le jeu égalait sa bravoure. Elle l'entraîna à des excès qui lui enlevèrent son état et la considération, qu'il avait acquise. Il joua, perdit son argent, l'argent de ses amis, le prêt de la compagnie et les épaulettes de son grade. Il voulut même, dit-on , hasarder son brevet d'officiel?, La honte, le désespoir s'emparèrent de son esprit; il courut s'ensevelir dans un couvent de la Trappe. Le capitaine Marafion avait été transformé en frère Antonio. Mais, au premier coup de feu qui se fit entendre, le frère Antonio se ressouvint de ses habitudes guerrières.
Romagosa^ charbonnier de l'Abisbal. Sa rudesse égale son courage. Rien ne l'arrête