‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 8 sur 196 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

velle et horrible croisade. Le sanctuaire de la religion devint le foyer du crime. On y prêcha la guerre civile , on arma du poignard homicide la main paisible du cultivateur.

L'esprit guerrier des Catalans , leur patriotisme éprouvé , la nature de leur sol , rendaient leur province plus redoutable aux conspirateurs; ils y dirigèrent leurs efforts, comme on attaque le point le plus important et le mieux défendu. A tous égards, et surtout par sa proximité des frontières , la Catalogne parut le meilleur champ de bataille. On la couvrit de poudre. , afin qu'une seule étincelle su£fît pour la mettre en feu, et que l'incendie pût ensuite se communiquer au reste du pays. Les habitant ignorans et fanatiques y jugeaient de .la colère du ciel par le déchaînement des prêtres. Tous les élémens du mal furent disposés avec l'habileté de l'ange des ténèbres; il ne fallait plus qu'un signal : il ne se fit pas attendre , et cette malheureuse pro-

vince fut accablée du fléau de la guerre civile et menacée de celui d'une invasion étrangère.

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