CHAPITRE XI
DEPUIS LE 10 ;rUSQU'AU l4 MAI.
Position de la première division. — Entrée du général en chef à Cardone; blessure et remplacement du commandant de la ^roisième division. — anecdote de San^Llorensdels'Piteus.
Le général Milans se porta de Sah Celoni sur San Feliù del Pinô et fit passer la brigade Lloheras à Casa-Campan , point intermédiaire
ai4 LIVRE III.
entre San Celoni et Mataro. Ce double mouvement réussit, et la division garda jusqu'au i6 les positions qu'elle avait prises.
De son côté le général Mina se rendit à Cardone où il séjourna également jusqu'au i4»
Nous trouvâmes dans cette place le colonel Myer qui venait d'avoir un engagement avec les insurgés. Atteint d'un coup de ieu , il avait été obligé de remettre sa division au colonel Miranda qui suivait les opérations.
Le général en chef avait destiné six mille écus à l'approvisionnement et aux réparations d'Urgel. Le comte Linati fut chargé de les conduire dans la place. La chaîne des montagnes qui la sépare de Cardone était de nouveau en proie à la révolte. Il eût fallu pom^ assurer le ccyivoi une nombreuse escorte , ^ et Ton était hors d'état de la fournir. L'audace y suppléa. Le comte Linati se mit en route le 1 3 vers le soir , et arriva le lendemain dans la matinée à la vue de San-Llorens-dels-Piteus.
GUAPITAE XI. 21 S
Loin de s'effrayer de ce périlleux voisinage, il imagina d'en tirer parti. Il se présenta comme un chef d'insurgés. Sa position donnait du poids à ses paroles. Il n'était pas >probable qu'un constitutionnel se fut hasardé avec aussi peu de monde au milieu des montagnes où il se trouvait; on crut à la qualité qu'il avait prise; on accueillit sa troupe aux cris accoutumés ; on la fit rafraîchir, on lui prodigua tous les secours dont elle avait besoin; un grand nombre de ces absolutistes voulurent même l'accompagner ; les Uns offrirent à Linati dé l'escorter, de se faire relever de village en village; les autres de le suivre partout et de rester à ses ordres. Six se joignirent à sa colonne et pendant la marche entretenaient nos soldats des exploits qui avaient signalé leur courage. Chacun* se vantait d'avoir tué plusieurs constitutionnels avant l'incendie de leur village par le général Rotten. L'un d'eux avait en effet son fusil teint ^e
2l6 LITAE m.
sang et niontrait avec une barbare com* plaisance la manière dont il s'en était servi pour insulter le corps d'un milicien qu'il avait abattu. La nature de ses récits et le témoignage de ses complices ne laissaient plus aucun doute sur son crime ; linati le fit passer par les armes et entra dans Urgel.
CHIPITRE XII. ai 7