CHAPITRE X. ail
aux femmes. Mais le respect qu'elles inspirent naturellement et particulièrement dans de telles circonstances fut suffisant ; 5n n'eut besoin d'instituer aucune espèce d'autorité.
La division campa à la sortie de la ville; le soldat entrait librement dans ses murs; cependant il n'y eut, pendant vingt heures que dura l'occupation , que protection d'un coté , que reconnaissance de l'autre.
L'armée du maréchal Moncey ne fut pas la seule qui porta la guerre en Catalogne. Tandis que ses troupes fixaient toute notre attention, notre division d'arrière-garde, celle en qui nous avions placé toute notre confiance pour Forganisation de nouvelles troupes, l'exécution des ordres administratifs et la sûreté de nos derqières ressources, «était menacée par une forte division de l'armée d'Aragon.
Celle-ci qui occupa Fraga au commencement de mai, avait déjà porté, le 9, son avantgarde à peu de distance de Lérida. Ce mou-
ai 2 LIVRE III.
vement entraîna l'évacuation, ou pour mieux dire , la perte immédiate de Mora-d'Ebro. Le général Manso se vit obligé de concentrer ses forces , considérant comme perdu tout point éloigné qui n'était pas en état de faire une longue résistance. L'abandon de Mora , quelque faneste qu'il fût, n'avait rien que la situation des choses ne justifiât. Mais ce qui était blâmable, ce qui n'admettait pas d'excuse , c'était d'avoir évacué le fort sans le démolir. Les insurgés s'en anparèrent aussitôt et y formèrent un établissement dont il ne fut plus possible de les chasser.