‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 99 sur 196 · CHAPITRE XII. aa · texte numérisé non relu

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coup d'énergie dans cette affaire. Sa perte fut très petite; la nôtre dépassait cent cinquante hommes hors de combat.

A la pointe du jour, une colonne composée d'un bataillon léger et de deux compagnies de sapeurs du génie, commandée par le lieutenant-colonel Ossorio , se disposa à transporter les blessés à Cardone. Le général Zorraquin qui voyait tranquillement approcher sa dernière heure , refusait de partir. « Mon sort a est décidé , disait-il au général en chef, lai§tt sez-moi ; bornez- vous à me donner un peu «d'opium, afin de m'arracher aux tortures; a de l'opium ! vous serez plus libres et je « mourrai paisiblement ». Le général Mina ne se dissimulait pas son état désespéré , mais il connaissait la barbarie des insurgés , il ne voulait pas l'exposer à tomber dans leurs mainë ; il le fit partir pour Cardone.

Les préludes de la mort se manifestèrent

bientôt ; le général Zon aquin perdit presque

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aussitôt la raison. Le commandant fit halte, prit position et mit le général à couvert dans un moulin qui se. trouvait sur la routes Le moribond continua à délirer, a Donnez-^moi la « carte , s'écria-t-il à la fin , quelle belle v«ie.. ! « quelle position magnifique !» Ce fut son dernier mot. Sa perte fut vivement sentie; savant, modeste,* doué d'une constance à toute épreuve , il n'avait qu'un défaut, et ce défSeiut lui coûta la vie : son courage, dégénérait souvent en témérité. ,

La <;olonne reprit le mouvement et transporta s^ dépouilles au cimetière de Gironella. L'état des blessés, le danger qu'on courait, ne permirent pas de lui rendre les honneurs qu'il méritait. Des larmes sincères , larmes de guerriers , formèrent toute la pompe de ses funérailles. Trois jours après, son cadavre fot déterré et jeté à la voirie. Ainsi l'homme qui avait consacré toute* sa vie au bonheur et à la gloire de sa patrie , l'homme qui venait de

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