CHAPITRE XII
de la ligne d'attaque. Les troupes destinées à donner l'escalade sont formées en petites colonnes sur la seconde ligne. Celles qui constituent la réserve attendent hors de portée le
moment d'agir. Cette disposition qui appartenait an chef d'état-major général était vicieuse ; c'était peut-être la première méprise qu'il commettait de toute la guerre : ce fut aussi la dernière!
Nos troupes sont encore l'arme au br^s; cependant le feu sort de tous côtés ; paysans , moines , femmes , tout est soldat, tout nous envoie la mort. Une poignée de sapeurs avec lesquels le général Zorraquin cherche à ouvrir une brèche pour pénétrer dans la ville est la seule troupe qui agisse sur notre ligne. Cette inaction ne pouvait durer : elle finit avec celui qui l'avait prescrite. Zorraquin se sent blessé à mort ; il ne tombe pas, il s'asseoit et envoie avec son calme accoutumé prévenir le général en chef de songer qu'il était seul. Mina qui souffrait
de voir iine action si mal engagée , ne put contenir son dépit en apprenant cette triste nouvelle : a II le mérite , s'écria-t-il , en frappant du pied A. Et en même temps il donna des ordres pour le sauver. L'endroit où il avait été atteint était dominé par le feu de Tennemi (i); on fut obligé de le mettre dans un drap et de le traîner au milieu des blés. Aussitôt qu'il fut en sûreté , le général en chef ordonna la retraite. Il rassembla l'infanterie sur un petit plateau, forma la cavalerie devant elle, et se dirigea sur une colline éloignée d'une demilieue de la place. Parvenu sur la hauteur, il fit une halte pour donner des soins aux blessés; et après , il gagna la montagne. La garnison de Vich, qui était composée de huit cents Français et six cents insurgés,. déploya beau-
(i) Le noble déyoûment que montra dans cette circonstance M. Vicuna, chirurgien attaché à Tétat-major, honore à-la-fois sa bravoure et sa philanthropie ; car c'est un Hasard si, en yolaiit au secours du général , il ue fut que blessé.