‹ Mémoires sur la galvanocaustique thermiqueChapitre 13 sur 19 · CANCER DU COL DE L'UTERUS · texte numérisé non relu

CANCER DU COL DE L'UTERUS

Le col de Tutérus, d'après les statistiques les plus complètes, est le siège de prédilection du cancer. C'est en effet à sa surface, ou dans Tépaisseur d'une des lèvres, qu'on le rencontre le plus fréquemment au début de l'affection ; mais il s'y localise rarement bien longtemps, et, soit qu'il envahisse le corps de l'organe, soit qu'il s'étende aux parois du vagin, à la vessie et au rectum, il finit par amener la mort de la femme qui en est atteinte, avec un cortège d'accidents aussi douloureux que pénibles.

Quand on constate que le cancer de l'utérus entre pour plus d'un quart dans le nombre total des décès résultant d'affections cancéreuses dans les deux sexes, on se rend facilement compte de l'importance que le praticien doit attacher à l'étude et surtout au traitement de cette désastreuse maladie.

Jusqu'à ce jour, la thérapeutique médicale a fait de vains efforts pour arrêter la marche envahissante de cette affection et arracher les malades à une mort assez prompte.

La chirurgie semble avoir été plus heureuse. Si, en effet, elle n'a pas fourni des succès aussi brillants qu'on l'espérait, il faut l'attribuer à la nature même de cette néoplasie, à la difficulté de pouvoir toujours en établir rigoureusement les limites, et à cette circonstance capitale, que le plus ordinairement lorsque nous sommes consultés, la maladie a déjà fait de tels progrès qu'elle échappe à l'action des moyens chirurgicaux.

Dans l'origine, on fit usage contre cette affection, de l'instrument tranchant. Tulpius, Monteggia, André de la Croix, Lapeyi*onie, etc., se sont, dit-on, servis du bistouri pour l'ablation de tumeurs cancéreuses siégeant sur le col. Osiander pratiqua le premier, en 1801, l'amputation du col de l'utérus, et eut plusieurs fois l'occasion de faire cette opération avec succès. Il eut pour imitateurs Dupuytren, Récamier, Hervez de Chégoin, Cazenave, Strachan, Huguier, Simpson, Langenbeck, Scanzoni, etc.; mais ce fut surtout Lisfranc qui, en France, s'efforça de vulgariser cette opération, qu'il pratiqua plus qu'aucun autre.

Mon père avait pratiqué, lui aussi, plusieurs fois l'amputation du col; mais il y renonça, lorsque M. le docteur Filhos eut doté la chirurgie d'un caustique qui est aussi puissant que facile à manier.

Voici du reste comment, en 1854, il s'exprimait à l'Académie de médecine sur ce point de pratique chirurgicale : « On peut dire des affections cancéreuses du col de l'utérus ce qui est applicable au noli me tangere. Il faut agir énergiquement et ne pas perdre de temps. Si la destruction du col tout entier est nécessaire, on ne doit pas hésiter. Pour arriver promptement à ce résultat, la cautérisation de dehors en dedans, ou en trouée, qu'on me permette cette expression, avec des caustiques puissants, gradués, de potasse et de chaux, est ce qui m'a le mieux réussi. Je pourrais citer

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