L. H. J. nx Boubbon
Ce a6 mars iSiS.
M. d’Autichamp , parlant au nom du prince,' demanda quarante passe-poils en blanc, tant pour lui que pour les personnes qui l’accompagnaient; il réclama pour elles la permission de passer à l’étranger ou de rentrer dans leurs domiciles. Il demanda pour lui d'être dirigé sur Bordeaux. Le colonel de gendarmerie répondit que le prince serait dirigé sur Nantes , et de Ui sur l’Angleterre ou l'Espagne , mais qu’il ne pourrait plus rentrer en France; que les passeports en blanc qui avaient été remis par le maire d’Angers, de l’avis du conseil de préfecture, faisant fonction de préfet, seraient remplis par M. le chef d'escadron de gendarmerie Caudet, qui, à cet effet, accompagnerait à Beaupréau l’aide-de-camp de Mgr. le duc de Bourbon ; que ces passe-ports seraient tous signés par cet officier supérieur, qui ne donnerait à chacune des personnes qui accompagnaient le prince, que le temps nécessaire pour se rendre ou dans leurs domiciles ou hors des frontières.
Les choses furent concertées et acceptées ainsi. Il fut convenu en même temps que le prince déclarerait hautebient aux partisans des Bourbons , qui se trouvaient en petit nombre , ainsi qu’aux Vendéens que ses conseillers avaient amiés, qu’ils eussent tous à rentrer dans leurs
foyers, à mettre bas les armes et à obéir aux lois. C’est ainsi que cette affaire a été terminée. L’espoir d’agiter ces coïitrées , où la presqu’unanimité des habitans ne demande que la paix , a été complètement déçu ; la présence d’un prince de la maison de Bourbon n’a pas réchauffé les cendres éteintes. Le souvenir des bienfaits de l’empereur a rendu vains tous les efforts ; la population est restée immobile , toutes les séductions, toutes les grâces prodiguées depuis six mois à d’anciens chefs de chouans , ne leur ont pas donné le moindre crédit j ils sont restés seuls au point de rassemblement , et la campagne de la nouvelle Vendée, préparée à si grands frais, a fini en moins de trois jours, ou, pour parler plus exactement, n’a pas même commencé.
No III.
Extrait du Moniteur du i*'' avril i8i5 (n® 91 ).
La Rochelle > le mars.
Le lieutenant-général baron Rivaud de la Rafînnière annonce que la cocarde et le drapeau tricolores ont été arborés à La Rochelle et dans la 1 2* division militaire. Le préfet de la Charente-Inférieure et les autres autorités civiles de
La Rochelle, de Rochefort et des îles, ont déployé les couleurs nationales avec le même empressement.
No IV.
Nous, Louis-Henri-Joseph de Bourbon , duc de Bourbon, prince du sang, pair 'de France, grand-maître de la Maison du Roi , en survivance, chevalier de ses Ordres et de la Toisond’Or, gouverneur-général des 12, i 3 , 20, 21 et 22* divisions militaires;
Ordonnons au lieutenant-général Cannuel, résidant à Loudun , de rassembler un nombre suffisant d’hommes armés , et de marcher immédiatement sur Chàtellerault , afin de s'assurer de la quantité de poudre ou toute autre munition de guerre , de les faire garder par des gens sûrs, soit de la ville, soit de la force armée qu’il y mènera, et de m’informer du résultat de son expédition. Ordonnons à toutes les autorités civiles et militaires de prêter la main à l’exécution de cet ordre.
Donné à notre quartier-général deBeaupréau, le 24 mars 18 1 5 .
Signé L. H. J. nx Bourbon.
Et plus bas : ,
Par Son Altesse Sérénissime ,
Signé le chevalier Jacques.
Général ,
On m'a fait part de vos bonnes intentions et du désir que vous aviez de vous concerter avec moi ; je le partage bien franchement , et je ne vous cache pas que j’ai écrit à notre maître commun , pour lui demander que vous ayez le commandement du département de la Vienne , d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui , je pars pour aller où le devoir m’appelle, d’où je désirerais me procurer une entrevue avec vous.
Faites-moi répondre par la personne qui se charge de vous remettre ce petit mot, Monsieur, le lieu où l’on pourrait être sûr de se voir sans inconvénient; l’on m’en instruira.
Agréez, etc. .
Signé C. D. ,,