N“ XIII
ORDRE DU l3 JUIN l8l5.
Au (juartier-général de la Gaubertière^ le i3 juin \Bi5»
Le général en chef venant d’être informé que les troupes aux ordres du général Travot occupent Challans, Soulans et Saint - Gervais , au nombre de deux mille hommes, et que ce général a sommé le Marais de se rendre sous cinq Jours , avec menace , s’il ne le taisait pas , de couper les chaussées de la Cranière ; craignant avec raison que si de prompts secqurs ne sont pas portes sur ce point intéressant , les habitans du Marais ne se rendent, ordonnons, à M. le comte de Suzanne! de faire, au reçu du présent, son rassemblementj et de se porter sur la Garnache, de là menacer Saint-Gervais et Challans. U mettra assez de célérité dans son ntouvemenl pour être près de l’ennemi le i 6 de ce mois, à quatre heures du soir 3 il sera bon de
faire avancer vers Sainl-Gervais un détachement proportionné aux forces qui se trouvent sur ce point. Les divisions Labastière et Desabayes se porteront vers Soulans, et s’y rendront le j6 au soir, à quatre heures ; elles se mettront de suite en communication avec les corps d’armée dont la position est indiquée dans le présent ordre.
Le corps d’armée aux ordres de M. de Suzannet se portera sur Saint-Christophe-de-Ligneron ; il s’avancera vers Challans et Saint-Christophe le i6, à quatre heures du soir, et se mettra en conununication avec le corpsdeM.deSuzannet, qui se trouvera posté à la Gamaché. La division du Marais se réunira à Saint-Jean-de- Mont, et se portera sur l’ennemi par-tout où il se présentera pour entrer dans le Marais. Le général en chef ordonne à M. Robert, qui commande cette division, de tenir ferme, et de ne pas se laisser intimider par les menaces de' Travot.
Le corps d’armée aux ordres de M. d'Autichamp se portera à marches forcées par Vieille- Vigne sur Machecoul , de manière à y être rendu le i6 de ce mois, à quatre heures dn soir; il fera sur Château-Neuf un détachement proportionné à la force de l’ennemi sur ce point.
■ 11 se mettra en communication avec M. de’
Suzannet et les autres corps d’armëe. La division de M. Cailleau se lèvera de suite : elle observera Bourbon; et si l'ennemi en sort, elle l’attaquera , si sa force le permet ; autrement elle le harcellera eu se portant sur ses flancs et sur ses derrières. Enfin M. Cailleau manœuvrera de manière à empêcher ou à retarder la jonction des forces de l'ennemi à celles postées à Challans, Soulans et Saint-Gervais. Il préviendra de suite les corps de l'armée royale, dont il connaît la position, de la force, de la marche et de la direction de l’ennemi. La division de Bouin se réunira au détachement de l'armée de M. le comte d’Autichamp à Château-Neuf, le i6, à quatre heures du soir ; elle prendra les ordres de ce général pour qu'il y ait de l'ensemble dans les mouvemens combinés des corps de l'armée du Roi en présence de l'ennemi. M. le comte d’Auüchamp, comme le plus élevé en grade, prendra le commandement, et donnera des ordres aux ditférens corps d’armée dont la position est indiquée : au reste, il agira en raison des mouvemens de l’ennemi ;^i celui-ci persiste à rester dans la position qu’il a prise, il faut l’attaquer à la fois, sur tous les points. Si l’on marche francheiDent à lui, le général en chef est convaincu que, dans la fausse position où
il se trouve, il sera anéanti. Dans le cas où l’ennemi ferait un mouvement de concentration, tous les corps de l’armée du Roi se mettraient en mouvement, et se porteraient sur lui pour l'atlaquer de tous côtés.
Comme il est impossible de tout prévoir, et qu’à la guerre on doit profiler des circonstances, MM. les généraux ont toute la latitude pour agir d’après celles qui se présenteraient. ^
Le général en chef recommande de lever le plus de monde possible; il faut écraser l’ennemi par des masses : si cet ordre est exécuté, la Vendée est libérée, et l’ennemi ne pourra plus s'y présenter. La réussite en est de la plus haute importance, et elle n’est pas douteuse, si l’on y met de l’ensemble et de la vigueur.
L’armée aux ordres de M. Dupérat étant trop éloignée pour arriver à temps , continuera les mouvemens ordonnés par l’ordre du J2 , qui est annulé.
Si l’ennemi se retirait, il faudrait le suivre, ne point le perdre de vue, l’attaquer et le battre; ' mais, dans ce cas, il faudrait laisser au Marais une force sutlisante pour enlever les munitions et les conduire aux points indiqués.
Signé Dv. Sapinaud,
Cénéial en chef.