‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée en 1815Chapitre 17 sur 26 · N» IX · texte numérisé non relu

N» IX

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Le général en chef a vu avec la plus grande indignation que, loin d'exécuter ses ordres, MM. le comte d’Autichamp, commandant l'armée d’Anjou, le comte de Suzannet, conunandant l’armée dite de Charrette, et de Sapinaud, celle du centre , se sont lâchement retirés au moment où il fallait protéger une expédition d’où dépend le salut de l’armée du Roi. La lecture de la lettre de M. de Suzannet, et celle de l’arrêté qui y était joint , ajoutent , à l’infamie de la désobéissance, celle de la plus noire de toutes

les trahisons. Ces hommes, qui se disent les soutiens du trône , les zélés serviteurs du Boi , ont la bassesse de prêter l’oreille à un accommodement avec le tyran dévastateur de la France et du monde. Celte seule pensée révolte des hommes de bien, qui jurent de ne pas déposer les armes que quand l’homme de malheur contre lequel ils combattent ne sera plus en France, ou sera mort.

En conséquence, il est ordonné aux généraux ci-dessus désignés de quitter le commandement de leu rs armées respectives . Ordonnons en outre, à tous les officiers et soldats de la grande armée,, de les arrêter et conduire devant nous.

Nous nommons pour les remplacer :

A la place de M.d'Autichamp, M. le marquis BE Civuac;

A la place de M. de Suzannel , M. Düchaf- TAtn-TJ

A celle de M. de Sapinaud, M. Dupée at.

Aussitôt que cet ordre sera connu de ces Messieurs, ils entreront en fonctions, et prendront le commandement qui leur sera assigné. Ils sont autorisés à casser tous les officiers supérieurs ou inférieurs qui auraient pris part à la honteuse défection de leurs généraux,

et à les faire remplacer par des hommes dévoués.

Ils ordonneront encore à tous les individus connus dans le pays pour partisans de Buonaparte , de se retirer hors des limites du pays occupé par la grande armée du Roi , sous peine d’être traités comme espions de l’ennemi.

MM. les généraux* nommés à la place des traîtres feront de suite leurs rassemblemens , et se porteront :

L’armée de M. Duchaffault , sur Challans et Soulans ;

Celle de M. le marquis de Civrac , sur Légé et Vieille-Vigne ;

Celle de M. le chevalier Dupérat, sur Landevielle et la Chaise-Girault. ■

Us exécuteront chacun le mouvement indiqué dans le plus bref délai possible. Dans le cas où il serait impossible, faute de temps , de prendre les positions indiquées, ils entretiendront libres les communications de Sainte-Croix-de-Vic aux routes de Nantes aux Sables , de Nantes à la Rochelle, et de Nantes à Bourbon; les'néloieront d’ennemis, aBn de faciliter au convoi le moyen de passer sans être inquiété.

MM. les généraux donneront avis au général

vn chef du moment où ils se mettront en mou* Tement, et donneront leur itinéraire, afin qu’on puisse leur transmettre des ordres.

Le général en chef s’en rapporte à l’intelligence et au zèle de MM. les généraux, pour tous les mouvemens que des évènemens imprévus pourraient nécessiter.

Signé le marquis de la Rochejaqueleiiî.

Nota. Cet ordre a été méconnu et n'a pas eu son exécution.

Extrait du Mémoire du lieutenant -général Lamarque.

En arrivant à Angers, je crus que tout s’arrangerait sans combattre; j’y trouvai MM. de Flavigny, de Malartic et de la Béraudière, que S. Exc. le duc d’Olrante avait chargés d’une mission près de MM. les généraux vendéens; ils se rendirent chez MM. d’Autichamp et de Suzannet : c'était au moment où M. de la Rochejaquelein , qui s’était porté sur le bord de la mer pour y recevoir des armes , succombait, en emportant l’estime de ceux qu'il avait combattus; il partagea les regrets qu’inspirait à l’année le maréchal-

de-camp Grosbon , qui tomba sur le même champ de bataille , laissant sans appui une nombreuse famille.

MM. de Flavigny, de Malartic et de la Béraudière revinrent avec les bases de la pacification qui a été adoptée depuis. Je les autorisai à se rendre auprès de M. d’Andigné, qui, plus audacieux et plus entreprenant que les autres , menaçait les environs d’Angers : deux jours après, ils partirent pour Paris ; et un aide-de-camp du ministre m’apporta le 9 juin une approbation pure et simple de tous les articles. Je me hâtai de les envoyer à ceux qui les avaient proposés et demandés; mais de nouveaux évènemens avaient amené de nouvelles révolutions ; je fus obligé de passer à la hâte la Loire , pour aller rejoindre le général Travot, qui luttait depuis long-temps, et toujours avec succès, contre des forces inégales.

Ordre relatif à Parreslation de Madame Carmel et de M, CarmeUClaireviUe (confidentiel).

Poitiers, 17 juin i8i5.

Monsieur le maréchal-des-logis , en exécution des ordres de S. Exc. le ministre de la guerre,

à mol transmis par M. le lieutenant-gënéral comte de Lamarque , commandant l'armée de la Loire, vous aurez à arrêter et taire arrêter simultanément, et faire conduire en otage à Poitiers, où ils resteront jusqu’à présentation de M. l’ancien ofEcier-général Canuel, pardevant qui de droit ,

1° M“® Canuel, épouse du ci-dessus;

a“ M. Canuel-Claireville , frère du ci-dessus.

Je vous recommande instamment d'apporter et de faire apporter, dans l’exécution de cet ordre , tous les égards possibles.

Vous ferez escorter ces deux otages par votre gendarme titulaire de piquet, et par un autre gendarme que vous avez reçu , et ainsi de Mirbeaux jusqu’à Poitiers.

. J’ai , mon camarade, l’honneur de vous saluer avec une parfaite considération ,

Le lieutenant de gendarmerie , commandant intérim la compagnie de la Vienne,

Signé Chambon.

Pour copie conforme,

Le maréchal-des-logis commandant la lieutenance de gendarmerie impérial* de Loudun ,

Signé Dur AS.

OlœilS BO Ï2 JDIK l8l5. -•

M. le général de Sueannet fera ses rassemble* mens, et réunira le plus de monde possible, se mettra en marche de manière qu’il puisse prendre poste le 1 8 de ce mois à SoulansetChallans; il fera rassembler les deux divisions de Bouin et du Marais ; celle du Marais prendra poste le i8 au Perrier, et celle de Bouin le même jour à SainlJean-de*Mont.

M. le général d’Autichamp réunira toutes ses forces , et se portëra avec elles pour prendre poste à Cœx; il occupera la Chaise-Girault et Apremontj son armée devra occuper ces positions le 1 8 de ce mois.

Le corps d'armée aux ordres de M. de Saint- Hubert prendra poste aussi le 1 8 de ce mois à Beaulieu-sous-la-Roche et à Aizenay ; il aura soin de réunir le plus de monde possible.

Le corps aux ordrés de M. Dupérat se rassemblera au reçu du présent ordre , se portera en avant sur Thouars etLoudun , et même Poitiers , si cela ne présenté pas trop de difficultés. Ce mouvement a pour but de présenter à l’ex-

lérièur de la Vendée une force qui rassure les royalistes du dehors et en impose aux partisans de Buonaparte.

Le mouvement des armées de MM. d’Autichamp, de Suzannet et de Saint-Hubert, a pour but de retirer du Marais les munitions , l’artillerie et les arnles qui y sont, et de les faire filer dans le Bocage.

11 serait nécessaire que cet enlWement se fasse successivement et par petits convois, qui seront escortés par des détachemens proportionnés aux craintes que l’on pourrait avoir sur les mouvemens de l'ennemi.

Ces convois seront dirigés sur les points les plus centraux , et qui seront les plus à proximité des différentes armées; c’est à l’intelligence de MM. les généraux qu’est abandonnée l'exécution de cette expédition. M. le général d’Autichamp, comme supérieur en grade, aura le commandement en chef. MM. les généraux qui se trouveront instantanément sous ses ordres, se mettront en rapport avec lui, et l’instruiront de tout ce qu’ils connaîtront des mouvemens de l’ennemi. Dans le cas où ce dernier se porterait en force sur l’un des corps de l’armée du Roi, lé général commandant en chef ferait faire un SiQUvement général de concentration , pour lui

opposer toutes ses forces , marcher à lui et le battre.

Au quartier-général de la Gaubertière, le la juin i8i5.

DE SapIMAUD , Général en chef.

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