M ON CREA GÉNÉRAL
J’ai lu avec ie plus vif inte’rét votre manuscrit sur la campagne de la Vende'e en i8i5, et je l’ai lu avec d’autant plus d’attention , que je le comparais à ce que vient de publier M. le comte d’Autichamp, sur les mêmes e'vènemens.
Il c'tait digne de vous, mon cher gêne'ral, de pre'senter dans son ve’ritable jour, une guerre d’ou a pu dépendre le sort de la France. Acteur comme vous dans cette circonstanee , je trouve les faits que vous rapportez avec les mêmes couleurs que celles qui m’avaient frappé, au moment où ils se passaient sous nos jeux.
Témoin à Beaupréau de ce qui s’est passé avant le départ de Mgr. le duc de Bourbon, j’ai retrouvé.
très - bien 'décrite dans votre ouvrante,' la funeste influence qui fit tant de mal à cette époque.
Après le i 5 mai, l’élan sublime des Vendéens ne servit de rien contre la garnison de Chollet , qui s’échappa de la Vendée , pour revenir plus tard lui porter le coup mortel ; ensuite la désobéissance aux ordres d’un général eu chef reconnu; l’entrevue de TifFauges le 29, et la correspondance avec lès envoyés de Büonaparle , qui ont amené l’arrêté de Falleron le 3 i de ce même mois , furent bien les véritables, causes des malheurs de la Vendée. En vain chercherait-on à les atténuer; la vérité, plus forte que tous les raisonnemens, l’emportera toujours. Et qui mieux que vous pouvait nous la montrer toute entière i
Je regrette qu’en parlant de la 'Tessoualle et de la délibération qui cul lieu le 24 n’ait pas
publié les pièces justificatives ; les signatures, parmi le^uelles 4 tait la mienne, auraient jeté un grand; jour sur ce qui se passa alors , et sur l’adhésion de M. d’Autichauip , le 28 du même mois.
Jamais je ne concevrai comment, pour se justifier, On a pu compromeUrc le dévoûment et la bravoure des Vendéens.
Agréez, mon cher général , la notivcllc assurance de tout mon attachement. ,
Signe Augvste Rochejsquelei>.
Versailles, ce u novembre 1817.