‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée en 1815Chapitre 21 sur 26 · N® XVI · texte numérisé non relu

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ORDRE DD JODR DD 23 JDlK l8l 5.

Le général en chef voulant défendre le pays contre tontes les attaques de l’ennemi , et ne pas fatigner les paysans pai* de trop fréquens rassemblemens , ordonnons ce qui suit :

1 * Les chefs de division feront monter la garde )our et nuit dans tontes les paroisses de leur division ; ,

Tous les jours ils feront marcher de petits détachemens sur dés points différens , pour survritler les routes par lesquelles l’ennemi pourrait pénétrer dans le pays ; cette surveillance doit être principalement active sur les grandes ' routes; ces détachemens ne doivent jamais se montrer à découvert, ni combattre de pied ferme. Ils se borneront à tirailler derrière les haies et à faire la guerre d'embuscade;

3° On établira des cavaliers dans chaque commune, et des courriers, les uns à pied , les autres

à cheval. Les cavaliers feront tous les jours des reconnaissances sur les points occupés par 1 ennemi ; les courriers à cheval porteront journellement la correspondance de MM. les chels de division à leur général. Les courriers à pied seront envoyés de proche en proche et de commune en commune, pour prévenir de la marche de l’ennemi et faire sonner le tocsin ;

4“ Au son du tocsin, les habitans de chaque paroisse se rassembleront au bourg , et se porteront , sans perdre de temps , sur la route que parcourera l’ennemi , le recevront à coups de fusil derrière les haies, lorsqu’il se présentera pour passer. Ces mouvemens doivent avoir lieu de proche en proche, c’est-à-dire que chaque commune agira dans sa localité, de manière à ce que les bleux trouvent des coups de fusil partout où ils passeront , parcourussent-ils une route de vingt lieues. Cette guerre est sans danger pour les royalistes, et ne peut qu’être extrêmement meurtrière et dangereuse pour l’ennemi;

5° MM. les chefs de division s’occuperont de suite du soin de faire couper toutes les grandes routes par des tranchées de quinze ou vingt pieds de largeur, et d’une profondeur proportionnée à la largeur. Ms feront répandre au loin

les terres de déblaiement , afin qu’il soit plu» difficile de combler les tranchées, qui doivent être multipliées de distance en distance. Ils feront également des tranchées sur les chemins principaux qui aboutissent aux grandes roules; ils feront des abatis d'arbres en avant et en arrière de ces dernières tranchées. On coupera tous les ponts sur les grandes routes et sur les chemins principaux; enfin, ils emploieront tous les moyens pour multiplier les obstacles. De» officiers sont envoyés près MM. les cliefs de division pour les aider dans ce travail. Ces officiers seront chargés par eux de surveiller l’exécution du présent ordre; en même temps, ils travailleront à l’organisation de l’armée, d’après l’ordre qui a été envoyé : cette organisation doit être terminée dans le plus court délai.

6“ MM. les chefs de division feront des rap-‘ ports journaliers à leurs généraux respectifs , et ceux-ci au général en chef. On recommande la plus grande activité : il faut veiller nuit et jour; ce n’est que par une surveillance active et continuelle que nous pourrons déjouer les projets de l’ennemi et déconcerter les mesures -qu'il pourra prendre.

Signé Auguste ue tx RocHEjAQUEtxm, ‘ Major -général de U grande armée da Rov.

Cet ordre, qui n’eût été que diflicilement exécuté par une armée régulière, pouvait l’être très-aisément par une masse considérable de paysans répandus en tous lieux, présens partout , et d’une activité supérieure à celle qu’eût jamais montrée les troupes de ligne. En 1793, le gouvernement ordonna d’incendier les bois , d’abattre les édifices, de raser, de détruire tout; on ne put en venir à bout. Les Vendéens eus-' sent exécuté cette mesure en vingt - quatre heures , si elle fût entrée dans leurs moyens de défense.

Nous, comte Charles d’Autichamp, lieutenantgénéral des années du Roi, commandeur de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis,

A ses frères d’armes et aux braves royalistes de toutes les classes qui ont eu la générosité de se rallier à lui pour concourir au renversement du tyran. ;

Nous sommes tous amis; je suis le vôtre, comme vous êtes les miens , puisque nous sommes royalistes; je dois vous tenir à tous le même langage, et vous faire une ouverture franche de la position où nous nous trouvons.

A qiiî dois- je, dans le fait, ouvrir mon cœur, si ce n’est à vous tous , qui , depuis un mois , n’avez pas cessez de me donner des preuves de la plus grande confiance , comme celles d’un dévoûment sans bornes à la plus juste des causes?

Je suis accablé, mes amis, et pénétré de la plus vive douleur, du bruit qui circule de la mort du marquis de la Rochejaquelein , de ce brave frère d’honneur, dont le souvenir réveille en nous les senlimens des devoirs; cette mort provient peut-être d’un excès de témérité, qui, à tant d’époques et à tant d’occasion , a servi la cause des Rois ; mais, dans la position où s'est trouvé notre pays , occupé par l'ennemi au moment où nous nous sommes levés , menacés de voir arriver contre nous des forces supérieures, comme il en est arrivé, et comme nous avons supposé qu’il en arriverait jusqu’à ce que' les hostilités fussent commencées sur la frontière-, n’était-il pas de notre devoir et de l’intérêt commun de calculer notre marche à raison de nos moyens de défense?

L’espérance de recevoir des armes et des munitions a été notre principal objet; le marquis de la Rochejaquelein, plus à portée que nous de' connaître l’arrivée d’une flotte, nous a donné plusieurs- fois l’avis d’un débarquement pro-

chain, en nous engageant à nous rapprocher de lui , ce que nous avons fait deux fois avec beaucoup d’empressement, non seulement pour recevoir des munitions , mais encore par le désir de confondre entr’eux les rangs des soldats de toutes nos armées , qui ne doivent faire qu’une , si nous voulons servir le Roi efficacement.

C’est donc avec une abnégation entière de tout intérêt personnel que nous devons tous agir; c'est le sentiment que moi et tous les officiers de l’armée apportons , et qui est le même , n’en doutons pas un moment, parmi tous les Poitevins. L’ennemi, toujours actif, toujours prêt à employer contre nous toutes sortes d’armes , veut joindre à ses baïonnettes une arme plus dangereuse, celle de la division; il cherche à la semer parmi nous; il circule à cet égard des bruits faux et perbdes. Il ne réussira pas : nous nous rallierons tous au nom du Roi. Conservons donc notre bon esprit, mes amis. Je vais m’entendre avec les généraux des autres armées, dont j’ai été un moment obligé de m’éloigner pour venir au secours de votre pays, sur lequel l’ennemi s’est porté avec de nouvelles forces : il l’a quitté à notre approche ; votre levée prompte et votre ardeur m’a convaincu que nous l’eussions détruit s’il nous eût attendu. Le sang de

nos braves n’a pas coulé; je m’en réjouis, en songeant que vous êtes prêts à l’offrir de nouveau si l'occasion s’en présente. Comptez tous sur moi , mes amis , comme je compte sur vous , et croyez que je n’ai d’autres pensées que celle du rétablissement de Louis XVIII sur son trône.

VIVE LE EOI ! VIVE e’hONKEITR Î De mon quartier-général de Gété , le 9 juin i8i5.

Signé le comte Chabias d’Auiichaj».

EIN DES PliCEà JUSTIEICATIVES.

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