‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée et l'expédition de QuiberonChapitre 29 sur 55 · ÉDITION DB 1815^ ÉPOQUE DES CENT JOURS · texte numérisé non relu

ÉDITION DB 1815^ ÉPOQUE DES CENT JOURS

J'eus le projet, en 1804, de donner plus de développement à ces Mémoires, et d'en faire faire une seconde édition^ lorsque j'ai été arrêté par des considérations^que peut-être il n'est pas nécessaire d'expliquer pour qu'elles soient senties et appréciées par tous les hommes honnêtes.

Je pensais alors qu'au lieu de parler de la guerre de la Vendée , il valait mieux en laisser éteindre les souvenirs, que de les reporter à cet épisode affligeant de notre réTolution. Sans doute la disposition de l'esprit pubUc, plutôt éclairé que guidé par la sagesse du gouvernement , écartait le danger de faire entendre toute la vérité sur l'origine de nos funestes divisions dans l'Ouest. Mais les habitants de ces contrées n'avaient plus besoin de la conndtre pour seconder, d'intention et de fait^ la volonté nationale. La Vendée était pacifiée; mon ouvrage devenait inutile.

J'ai été retenu surtout par la crainte d'offenser l'amourpropre de quelques personnages qui paraissaient avoir changé de doctrine^ et embrasser sincèrement la cause nationale. J'étais loin de penser qu'une nouvelle apostasie les ferait rentrer sous leurs anciennes bannières , et qu'ils violeraient encore la foi jurée.

Mais l'intérêt de mon pays, qui a été constamment l'objet de mes pensées et de mes écrits, fut aussi le premier des motifs qui me semblaient commander le silence sur tout ce qui avait rapport à nos divisions intestmes. Malheur, disaisje, à qui trouble le repos des passions ! Cette réflexion me fit jeter au feu les nouveaux Mémoires à l'époque de mon départ pour l'Amérique.

Mais aujourd'hui que l'opposition royale^ encouragée par le séjour momentané des Bourbons, et 4e retour éphémère

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des hommes à privilèges, veut reprendre Texécution de ses plans, et faire renaître le fanatisme religieux et nobiliaire, peut-être n'est-il pas inutile de rappeler quelles furent les causes de la guerre de la Vendée > et quelles seraient les funestes conséquences d'un nouveau déchirement dans Tintérieur de l'empire ! car c'est une erreur de croire que le principe de la guerre de TOuest ait borné ses effets au territoire où l'opposition déploya ses couleurs et arma ses phalanges. Ce principe^ que les fauteurs de l'ancien système politique appellent le feu sacré, n'est point détruit; quelquefois même les passions le rallument, surtout lorsque les changements de gouvernement peuvent offrir des chances de guerre civile y et raniment les coupables espérances des ennemis de la patrie.

Ce principe existe donc dans toutes les parties de la France, mais no prédomine nulle part. Il n'appartient qu'au temps et aux progrès de la raison publique de le détruire. Aujourd'hui son existence est utile parce qu'elle inspire aux citoyens une inquiétude salutaire, leur fait sentir la nécessité de rester serrés, et de se rallier plus que jamais au trône impérial qui est aussi Tautel de la patrie; car la patrie et l'empereur sont identifiés maintenant dans la pensée et dans le cœur des bons Français *.

On trouvera peu de changements dans cette nouvelle édition. J'ai ajouté quelques notes nécessaires à l'intelligence du ' texte, et j'en ai supprimé d'autres* qui pouvaieiit atteindre ! la mémoire de quelques hommes auxquels les circonstances ont donné une célébrité malheureuse, et que l'histoire peut oublier.

* In IBlt, la ■apiBMBBlop, de oe paange atunit pn parattie Béoeasaiie; il ne icéeente pins, comme on Fa lemarqné dans la NoUùe, anoon danger en 1824.

^ Ces notes ont été létabUes dans l'édition actnelle; on 7 a joint également ks additions que le général avait faites snr nn exemplaixe trouvé après sa mort tas MB papters, et qa'U se proposait de livrer à l'impression.

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