‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée et l'expédition de QuiberonChapitre 8 sur 55 · NO I · texte numérisé non relu

NO I

Nous soussignés, officiers et soldats de l'armée royale de iâ Vendée^ sous les ordres de M. le marquis de Bonchamps, certifions qu'il est à notre coimaissance qu'en 1793, après la bataille de Ghollet, nous avions conduit cinq mille prisonniers républicains qui furent renfermés dans l'abbaye des bénédictins de Saint -Florent. Irrités do la blessure mortelle de notre général qui était sur le point de rendre le dernier soupir^ les soldats voulaient faire périr les prisonniers renfermés dans l'abbaye. Déjà les canons étaient dirigés contre l'édifice, quand on alla demander à M. de Bonchamps ce qu'il voulait qu'on en fît ; il répondit qu'il n'avait qu'une grâce à demander à ses soldats avant d'expirer, c'était de rendre la liberté à ces prisonniers, sans leur faire aucun mal. Tous les Vendéens s'empressèrent d'obéir à la voix de leur général et la liberté fut aussitôt rendue aux prisonniers.

Nous garantissons sur notre honneur la vérité delà présente déclaration.

Saiiit-Florentr1&-yieU, 00*4 juin 1817.

Signé: Gruget, de Saint- Florent-le- Vieil; Gazeau^ maire de Saint-Florent; Le Coq, commissaire poui le Roi; Guérif, Barré, Melaver^ Bertaudeau, Lebrun, Porcher, Herchë, Jean Gauneau^ Delaume, Oger^ chirurgien-major; Coitrgeon, curé de laChapelle Saint-Florent; Plouzin, chef de division, capitaine en 1703, Cocu, chef de bataillon; Forestier, Ragnea, Bondu, Rideau, Michelle, lieutenant; Chaperon, capitaine ; Cussonneau, Cuateignier, François Grimault, Pionneau, curé de Chaudron ; Courtais, capitaine d'artillerie; Jean Delaunay, lieutenant; Sécher; Pionmeau, Brunsard, lieutenant; Clément, Marné, Chiron, Gulet, Lucas, Veillet, lieutenant.

• << PIÈCES JUSTIFICiLTlYES.

[ No II J.

Le i8 octobre 1793, le surlendemain de .a bataille de Chollet^ où M. le marquis de Bonchamps^ général et commandant en chef de l'armée de Bonchamps, fut blessé mortellement, les Vendéens arrivés à Saint-Florent y trouvèrent cinq mille prisonniers républicains, et demandèrent leur mort à grands cris, pour venger leur général expirant. Ces prisonniers ne durent la vie qu'à l'ordre que donna M. de Bonchamps de les respecter et de les mettre en liberté. Cet ordre fut suivi par toutes les armées.

Je soussigné^ alors commandant les chasseurs de Bonchamps, présentement colonel en retraite, chevalier de Saint- Louis, déclare sur mon honneur avoir pleine connaissance du fait ci-dessus rapporté. Je déclare, en outre, qu'en ma présence, au moment où Tordre de M. de Bonchamps fut connu des prisonniers, ils crièrent spontanément Vive le roi!

A. Saint-Floreiit-Ie-yieil, le 5 juin 1817.

Signé : Martin Baudinière de la Pommeraye, colonel, chevalier de Saint-Louis.

[N« Ilï. ]

Nous soussignés, habitants de Nantes, déclarons et attestons sur l'honneur qu'ayant fait partie des prisonniers républicains qui se trouvèrent, le 18 octobre 1793, entassés au nombre de cinq mille cinq cents environ à Saint-Florent-le- Vieil, où notre délivrance eut lieu le lendemain par l'armée républicaine, nous ne dûmes notre salut à cette fatale époque qu'au caractère noble et généreux de M. de Bonchamps, l'un des généraux de l'armée vendéenne, qui peu d'instants avant sa mort parvint, par ses exhortations, à contenir la fureiu* de ses troupçs, et leur fît même la défense la plus rigoureuse d'attenter à la vie des prisonniers dont le sacrifice paraissait résolu.

Nantes, ce 2 jniUet 1817.

Signé : Haudaudine, Paikparay, J.-B. Maucomble, F. Marr on.

Vu par nous, maire de Nantes, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, pour légalisation des signatures Haudaudine, Painparay, J.-B. Maucomble et F. Marrion, apposées ci-dessus.

En mairie & Nantes, le 7 jniUfit 1817.

Signé : Gasp. Barbier, adjoint.

Vu pour légalisation de la signature de M. Gasp. Barbier adjoint, apposée ci-dessus.

Nantes, oe 7 juillet 1817.

Le préfet de la Loire-Inférieure, Signé ; Brosse.

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