‹ Mémoires sur la question scolaire de l'Ontario [microforme]Chapitre 15 sur 15 · ARCHBISHOP'S PALACE · texte numérisé non relu

ARCHBISHOP'S PALACE

KinGsrox, ONr.

May, 18th 15.

The Honourable

Senator Landry,

Speakers’ Chambers, The Senate, Ottawa.

Dear Honourable Sir,

L have taken no part in the agitation referred to in your favor of May ‘15: nor do I intend to do so; as I regard the whole matter as a ruse of the archennemy of souls to bring about a division in the household of the faith.

When we appear before the Bar of Divine Justice we will not be asked what language we speak ? Our merits of good or evil will be measured by that great pr-cept of the law ‘“Seek at first the kingdom of God and his justice and all these things shall be added unto you”.

You admit that the cause of the conflict is the bilingual question. The cause therefore must be removed in order to radically r-move the effect. From tsis it naturally follows that to reach the separate school difficulty that you refer to, I would be forced into the bilingual question.

This I cannot consent to for reasons named above.

The separate school I attended when a youth was under a protestant inspectorship and no evil came of it. I do not put this forward however, in opposition to your argument ns I do not wish to discuss the question.

With sentiments of esteem and respect for your laudable intention: and hopingand praying that you may succeed in bringing about that peace, which we s0 much desire.

I remain, Very faithfully yours in the Lord,

J. SPRATT, Ÿ Bishop of Kingston.

Québec, May 28th, 1915.

Your Grace:—

L fear tha, : "not ade syself well understood in my letter of the 15th of May, since Your answ points cu {o me that Lhave “admitted that the cause of the conflict is the bilingual question”,

If T remember well, what I said was that the question of bilingualism was a mere incident, compared with the primordial question of the existence of separate schools, though the cause of the actual conflict may be generally attributed to bilingualism.

Bow far this opinion may be shared in, I for one cannot admit that bilingualism be the real cause of the difficulty now « isting; for me, it is a mere r'etext.

Atall events, ifthe French catholic population of Ontario are deprived of their natural right to speak French and to have the French language as their mode of communication in the learning of English, the immediate consequence, I fear, will be the severance of the French populution from the separate schools and their adhesion to the publie schools, the attendance to the latter of which is not forbidden by the Ontario hierarchy, for, in Ottawa alone, four hundred Irish catholic families have left the separate to follow the public schools,

What I am aiming at, what I ask from Your Grace, is to find a basis Upon which we can rest à conciliation between the two elements which now constitute the separate school, so that the household of our faith may not be divided by an incidental question, the violent solution of which will unavoidably bring forth the disappearance of our separate schools.

If T am well informed, certain encroachments of the Education Department have already" necessitated the securing of financial justice, but without avail.

L would very much regret if my propositions should be taken as in the lenst way dangerous and that any one may feel inelined to guard against them as the production of a ruse, They are made in good faith and with the sincere hope that they are for the good of all those who belong to our faith.

1 beg Your Grace to believe in my sincerity and to accept this explanation of mine as giving the real meaning of my first letter,

Lremain of Your Grace the most devoted servant,

Puiippe LANDRy.

Most Rev. M. J. Spratt, President of the French Catholic Archbishop of Kingston, association of Education of Ontario, Kingston, Ont.

APPENDIOE No 4

ARCHBISHOP'S RESIDENCE Heab WELLESLEY PLACE

Toronto, May 18th, 1915.

Honourable dear Sir:

and consi-

In reply to your favor re Separate Schools, L beg to say that I am glad to recei ler sympathetically any proposition looking to the co-operation of all Catholies in Ontario in defence of our Schools. Our greatest need is union among ourselves. We all have large interests in common. The interests we have in common are larger than those which divide us. United effort should be possible. In this part of Ontario we have been working for more than a year along the line of securing financial justice by an amendment of the school law, and lately we found it necessary to move against the encroachments of the Education Department in the matter of regulations. 1 do not suppose there would be any difficulty in seeuring united effort as regards Inspectors; but the Ottawa situation stands in the way. There the conflict is so acute that it scems necessary to begin there and secure some arrangement before any plan of general co-operation could be outlined.

Sincerely yours, f N. McNru,

Honourable P. Landry, Archbishop of Toronto.

Speaker of the Senate, Ottawa, Ont.

La lettre ci-dessus est la réponse à la communication déjà reproduite dans l'appendiee No 3 et envoyée À tous les archevêques dela province de l'Ontariof en date du 15 mai 1915.

M APPENDICE No 5 L'ENTREVUE DE MONSEIGNEUR FALLON ET DE L'HONORABLE HANNA (TRADUCTION) Sarnia, 23 mai, 1910.

Honorable Dr R.-A. Pyne, Ministre de l'Éducation, Bâtisse de l’École Normale, Toronto.

Cher Dr Pyne,

Hier Y'après-midi, le Père Kennedy, curé de Sarnia, m'a téléphoné pour nous inviter, Madame Hanna et moi, à aller rencontrer Monseigneur Fallon, Évêque de London, qui devait officier ‘:i à l'occasion de sa première visite dans cette partie de son diocèse. Après quelques mots de conversation, l'évêque Fallon exprima le désir de me voir en particulier au sujet d'une affaire de grand intérêt pour cette partie de la province. Ceci accordé, il se mit aussitôt à exposer toute la question de l'enseignement bilingue dans les écoles. Il est difficile de citer littéralement, mais je vous donne en substance ses propres paroles,

Il a passé, dit-il, la plus grande partie de sa vie en cette province, étant né À Kingston, ayant plus tard longtemps séjourné à Ottawa, et, à l'excention de son mir tère À Buffalo, demeurant toujours dans la province et s'intéressant aux affaires ecclésiastiques. IL sent qu’il est en mesure de savoir ce dont il parle; qu'étant chargé du diocèse de London, où il à un si grand nombre de Canadiens-français dansle comté d'Essex, il comprend que la question est d’une grande importance.pratique, De fait, quant à lui, il regarde cette question comme supérieure à toutes les autres pour ce qui concerne le bien-être de ses diocésains. Il n’est pas venu à ces conclusions tout d’un coup; il a résolu, autant que la chose est dans son pouvoir, de faire disparaître jusqu'aux traces de l'enseignement bilingue dans les écoles publiques de son diocèse,

L'intérêt des enfants, garçons et filles, demande que l’enseignement bilingue soit désappruivé et prohibé; il dit qu'on l’a assuré que dans certaines parties du comté d’Essez, il y a des enfan: allant aujourd'hui aux écoles publiques incapables de parler anglais, cela trois générations après que leurs ancêtres sont arrivés dans le pays. Assurément on ne peut rien dire de plus pour prouver jusqu'à l'évidence que l'enseignement de l'anglais a été complètement négligé chez les Canadiens-français de cette région. Nous appartenons à une province de langue anglaise, habitant un continent parlant l'anglais, où tous les enfants, garçons et filles en sortant des écoles pour affronter les combats de la vie, doivent être armés d’abord de la langue anglaise, coute que coute; si, de plus, ils sont capables d'ajouter le français ou l'italien ou le polonais ou toute autre langue, fort bien; mais il est absolument nécessaire que la base de l’éduca tion soit anglaise,

J'ai fait observer à Sa Grandeur que, selon moi, dans les localités où les Canadiens-français sont nombreux et parlent le français, on a cru que le maître d’une telle école réussirait davantage, vu qu'il pourrait mieux conduire les enfants de la langue française à la langue anglaise. A cela il réplique que c’est une erreur; que s’il en était ainsi en théorie, cela n'était

jamais mis en pratique honnêtement; que l'argument en faveur de la nécessité du maître français dans les localités françaises était l'argument de l'agitateur clérical: et secouant son gros bras et son poing vers moi, il dit: “Je m'engage à prendre soin de l'agitateur clérical: mais pour l’agitateur politique, je ne puis le contrôler si ce n’est dans la sphère politique avec l’aide des autre:

Il ajouta que le maître français a été imposé à ces parties du pays contrairement aux désirs des parentsetauxintérêtsdes élèves: que dans le comté d’Essex ilavait déclaré à ceux qui cherchaient à lui imposer le maître français dans les localités française qu'ilserait'prêt à prendre le vote des parents canadiens-français eux-mêmes et à les laisser libres d'enrégistrer honnêtement leurs propres convictions, et qu'il serait heureux de s’en tenir au résultat; mais que sou offre n'avait pas été acceptée.

It dit encore que le politique et l'agitateur canadien-français ne manquent pas de dire que les Canadiens-français contrôlent 15 ou 17 comtés de la Province (d'Ontario). Il réplique que les Canadiens-français n’en contrôlent aucun; qu'ils ont travaillé depuis dix ans sur des listes fulsifiées du recensement ici comme dans la province de Québec et toujours dans le même but; et que leur unique but est de contrôler l'Église et l'État; et que, à moins d'être

touffés ils domineraient dans les deux: enfin il voulait faire prendre au gouvernement l'attitude

qu'il croyait être celle de la grande majorité de l’Église dans la province; les évêques s'étaient aient formulé des résolutions, et bientôt une députation représentant cette réunion épiscopale se rendrait auprès du gouverneinent et lui soumettrait leurs vues; qu'ils avaient résolu de mettre cette affaire au rang d’une question qui prime toutes les autres en autant qu’elle les concerne, eux et leurs subordonnés; que jusqu’à présent ils avaient laissé faire, mais qu'ils avaient perdu beaucoup de terrain par le silence,

J * que le gouvernement fut disposé à agir d'après

les réclamations du Congrès en faveur de l’enseignement bilingue. Il me fit observer tout de suite qu'il craignait que mes informations fussent incomplètes. Il dit qu’un inspecteur anglais Sullivan, à Windsor, avait été averti, il y a quelque temps, de discontinucr l'inspection de certaines écoles duns le comté d’Essex; et, quoiqu'il ne sût pas que son successeur était de fait nommé, on lui a dit qu'un certain Chenay serait probablement à sa place. Je ne suis pas sûr que Chenay est le nom, mais c'est quelque nom terminé en hanay, ou qui se prononce comme terminé en hanay. I dit que Chenay, bien qu’un citoyen infiniment respectable, un homme qu'il a rencontré et qu’il connait, et qu'il était heureux de rencontrer, serait simplement une farce comme inspecteur de ces écoles; que dans une visite au comté d’Essex, la semaine dernière, quelques uns des maîtres de ces écoles que Sullivan avait inspectées, et où l'inspecteur bilingue doit succéder À Sullivan, se présentèrent à lui: ils étaient grandement affigés à la pensée d'un inspecteur français imposant, comme il le ferait certainement, l'enseignement du français s'il était nommé pour inspecteur de ces écoles, Alors il ajouta de plus que, bien qu'il ne put y croire, la rumeur circulait à Ottawa et dans les environs que certains certificats accordés à d'autres instituteurs par la province de Québec seraient vrai semblablement acceptés comme valides par le département de l'Éducation à Ottawa. De cela, je l'avoue, je ne savais rien.

Son attitude n’est pas du tout celle d’un ennemi; mais il ne faut pas y tromper, t un homme d’un caractère extrêmement énergique, et il a cette question très à cœur; et je ne puis croire qu'une chose: c'est que, quoiqu'il arrive sous ce rapport, il y mettra tout son appui ou s’y opposera dans tout son diocèse,

Il rejette avec mépris l'idée que l’on doive enseigner aux enfants leur langue maternelle en même temps que la langue de l’école, 11 paraît convaineu que les enfants qui sont obligés

réunis récemment et

suggéré encore que je ne pensais pa

des écoles, du nom de

d'apprendre l'anglais dans leurs cours et leurs jeux, qui n'entendent rien que l'anglais dans les écoles, apprendront la langue dans deux ou trois mois, et que toute autre méthode est contraire à l'intérêt des enfants.

Toute son attitude me laisse libre d'écrire ce mémoire sans manquer au secret, vu qu'il

avait rien de personnel et de confidentiel dans cette discussion; et il ajouta que, bien qu’il veuille faire tous ses efforts pour atteindre sa fin sans brusquer, il était cependant prêt à faire connaître ses vues publiquement dans tout le diocèse si l'occasion le rendait nécessaire,

Je suppose que vous et Sir James (Whitney) Premier ministre d'Ontario serait heureux d'apprendre combien cette question lui tient au cœur, et voilà pourquoi j'expédie une copie de cette lettre à Sir James.

Bien à vous, Vraie copie, (Signé) W.-J. HANN a.

APPENDICE No. 6 DISCOURS DE 8. G. MONSEIGNEUR BRUCHESI Le 21 DÉCEMRRE 1914 Mesdames et Messieurs,

Nous sommes en présence d’une situation grave.

Si nous venons, Monseigneur l'évêque auxiliaire Monseigneur le vicaire général et moi, À cette réunion dont l'Association catholique de la Jeunesse ranad ienne-françuise a pris la généreuse initiative, c'est pour affirmer hautement que nous sommes en faveur de toute juste revendication. (Appl.)

Nous sotames loyaux et fidèles sujets de l'Empire britannique, Nous l'avons prouvé dans le passé et nous en donnons, aujourd’hui encore, d’irrécusables preuves.

Nous apprenons et nous parlons la langue anglaise et nous ne négligeons rien pour la faire apprendre aussi parfaitement que possible par nos enfants.

Mais le français a, sur catto terre du Canada, des droits indéniables,

Ce fut la langue de notre berceau et nous y voyons la gardienne et la protectrice de nos croyances,

Le français est parlé À la Chambre et au Sénat. Tous nos gouverneurs se sont fait un point d'honneur de le savoir parfaitement.

Nous voulons et nous devons le conserver. (Appl.)

Et alors, au nom de quels principes serait-il banni des familles et des écoles” Certains actes regrettables sont à la veille de dégénérer en une guerre dont les conséquences peuvent être des plus désastreuses.

C’est cette guerre que je voudrais voir éviter À tout prix.

Canadiens d’origine anglaise et d'origine française, nous sommes faits non pour nous combattre, mais pour nous unir et travailler ensemble au progrès et à la prospérité de notre patrie. (Appl.)

Ah! que je voudrais être entendu de ceux qui onv en mains le pouvoir, pour les supplier de faire disparaître, du milieu de nos populations qui pourraient être si heureuses, toute cruse et toute occasion de discorde.

Cela serait si facile: Nous ne demandons que le respect des droits acquis et d’une légitine liberté. (Appl.)

Pour !- inoment, il ne s’agit pas simplement, à mon sens, d’une question particulière ou d’un règlement scolaire. C'est toute la question de la liberté de la langue française que j'ai en vue, (Appl.)

Si cette liberté n’est pas reconnue, qu’on la réclame, qu’on L. défende par tous les moyens que la légalité permet; mais toujours avec calme, sans blesser ou insulter aucun adversaire, avee le plus grand respect pour l'autorité religieuse et civile, comme il convient à toute noble lutte ‘aite pour le triomphe de la justice et du droit,

Oui, que la lutte soit digne et ferme. Si elle doit être longue, peu importe. J'ai foi dans l'avenir. Le triomphe est assuré et je l’attends. (Appl. prol.)

APPENDICE No 7

A Sa Grandeur Monseigneur Paul Bruchési, Archevêque de Montréal.

Monseigneu

Les journaux m'ont apporté les échos de la belle et patriotique manifestation organisée récemment, par les soins de l'Association catholique de la jeunesse canadienne française, dans votre ville épiscopale, et où j'on à vu figurer et sÿmpathyser dans une commune pensée de loyauté et de justice, les plus hautes personnalités ecclésiastiques et les hommes politiques les plus distingués,

C'est avec une satisfaction profonde que j'ai lu les discours prononcés en cette circonstance, et je félicite particulièrement Votre Grandeur d’avoir su interpréter, en un langage si ferme et en même temps si pondéré, les nobles sentiments de notre clergé et de notre peuple, et d’avoir placé la question débattue sur son vrai te ain.

Ce n'est pas, en effet, d'un simple intérêt local qu'il s’agit.

Nous sommes en confédération de provinces associées entre elles par des liens étroits. Cette situation créé entre les provinces sœurs et les citoyens qui les habitent une solidarité nécessaire. Et pas plus dans un corps moral que dans un organisme physique, l’on ne peut porter atteinte à l'un ou l'autre des parties composantes, sans que tout l'être composé en souffre,

“Le français, comme l’a dit très justement Votre Grandeur, a, sur cette terre du Canada des droits indéniables”’; droits conquis par l'effort le plus hardi et le travail le plus généreux, et consignés dans les pages les plus glorieuses de nos annales. On n'efface pas d’un trait de plume ces pages écrites avec le sang même des aieux,

Toute race porte en elle-même des titres imprescriptibles qui l'autorisent à parler sa langue. C'est un penchant et un besoin inné qu'aucun gouvernement ne peut prudemment ignorer, et c’est un droit fondamental et primordial qu'aucune puissance humainee ne peut impunément violer. Je crois à une justic immanente, et je n'admets Pas, aucun esprit s nsé n'admettra que, dans un pays civilisé comme le notre, la force du bras et du nombre doive être considéré comme le dernier mot des choses.

Notre constitution civile fait à la langue française une place officielle, Les hommes qui l'ont façonnée voulaient fonder parmi nous une nation unieetprospère. C'est méconnaître leurs vues, et c’est trahir la pensée de nos ancêtres politiques les plus illustres, que de chercher À étouffer sur les lèvres d’une classe de citoyens honnêtes et loyaux l’idiome qu’ils parlent et que prétendent parler leurs enfants, et qui a droit de cité dans les sphères les plus élevées du pays.

Et quelle langue, Monseigneur, veut-on bannir du domaine où se forment l'esprit et le cœur de l'enfance ? celle-là même qui est la gardienne de nos croyances et l'instrument de notre culture.” Nous comprenons, certes, ct nous nous expliquons sans peine l'indignation que soulèvent, au sein de la minorité ontarienne, les mesures injustes et vexatrices dont elle se plaint. Ces mesures atteignent nos frères et coreligionnaires aux sources même de leur vie intellectuelle et religieuse. Et si, par de tels actes et aussi par notre apathie, cette vie catholique et française venait chez eux à s’éteindre, qui dira que les influences néfastes, coupables d'un pareil attentat, ne s'exerceraient pas un jour au cœur même de notre province ?

Je m'’abstiens de pousser plus loin ma pensée, et d'entrer plus avant dans c problème troublant. C’est ma confiance, me conviction mn 6, Que grâle au Eon vouloir et à l’inter-

vention prudente de tous les hommes d'influence vraiment soucieux et de la paix publique, Ià où les minorités souffrent et où l'injustice triomphe, des idées d'une politique plus juste et. plus saine finiront bientôt par prévaloir. 11 y va de l'union des races, du bon renom et de ln grandeur de notre patrie,

Nous sommes, vous l'avez rappelé vous-même, Monseigneur, et nous avons toujours été depuis cent cinquante ans des sujets paisibles et loyaux de la couronne britannique. Nous respectons la langue anglaise; nous l'enseignons, nous la parlons au besoin; nous l'entourons, dans notre province, de tous les égards auxquels elle à droit, et il ne vient à l'idée d'aucun de nous de lui enlever la moindre de ses légitimes libertés. Nous ne croyons donc pas réclamer une faveur ni une chose inéquitable en demandant que le même sort soit fait à la langue des Laval, des Champlain et des Maisonneuve.

Si, ce qu’à Dieu ne plaise, l'épreuve imposée à nos frères ontariens devait se prolonger, ce sera le noble devoir de la province française et catholique de Québec d'appuyer de son influence | et de toutes ses ressources ceux qui souffrent et ceux qui luttent jusqu'à ce que pleine justice leur soit rendue.

Tels sont, Monseigneur, les sentiments qu'à fait naître en moi la lecture des magnifiques discours prononcés à Montréal le 21 décembre dernier: et le jour où ces principes d'équité domineront et orienteront la politique de toutes nos provinces canadiennes, sera pour notre patrie un jour de bénédiction et de salut.

Veuillez agréer, Monseigneur, avec mes félicitations l'hommage de mon respect et de mon cordial dévouement.

tL-

. CarD. BÉGIN,

Archeréque de Québec. Québec,

29 décembre 1914.

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