‹ Mémoires sur la question scolaire de l'Ontario [microforme]Chapitre 14 sur 15 · SAR SL · texte numérisé non relu

SAR SL

DeL£Gario Arosrozica N 12458.

Mentionem Facius Hujus Numeri In Tua Responsione

Ottawa, le 2 juin, 1915,

L'hon. P. Landry, Président de l'Association Canadienne-Frs d'Éducation 4" Mntario, Québec,

Monsieur le Président,

Je vous :

use réception de votre Communication, en date du 28 mai, tion scolaire dans ln province l'Ontario,

Puisse le bon Dieu ramener la paix et la concor la population catholique de ete province.

pas obtenu ce résultat tant désiré,

Veuillez croire, Monsieur le Président,

concernant li ques-

le entre les divers >upes qui composent

Malheureusement, jusqu'ici, nos efforts n'ont

à ma haute considération.

tP

+ SrAGNI, O.S.M., Arche, d'Aquila, Del, Ap.

Québec, le 8 juin, 1915.

Excellence

J'ai reçu votre lettre du 2 juin courant en réponse à ce

Île que j'avais eu l'honneur de vous écrire le 28 mai dernier

Permettez-moi de vous le dire en toute sincérité, d'attendre d’un Archevêque et d'un Délégué. A ma pressante demande de m'aide la paix au sein du parti catholique d'Ontario, vous me répondez par une simple pr et par le désolant aveu de votre impuissance dans l'espèce, La mule banale d'un vœu, et je constate votre impuissance dans la pl à elle seule tout le corps de votre lettre:—#Puisse le bon Dieu entre les divers &roupes qui composent la population c Malheureusement, jusqu'ici Vos efforts n'ont pas obte

elle n'est pas ce que j'avais le droit

à ramener re à Dieu prière se traduit par la fore suivante, qui constitue

amener la paix et la concorde atholique de la Province d'Ontario.

nu ce résultat tant désiré”,

C’est tout ce que Votre Excellence à pu trouver en réponse lettre du 28 mai par les deux phrases suivantes: “Au nom d cher—de nos traditions, de notre

à un appel qui terminait ma tout ce que nous avons de plus Amour du pays et de l'Église—nous demandons à Votre

Excellence de vouloir faire disparaître, ou de nous aider à üre disparaître, cette question incià la question principale de la Conservation de nos

dente de la langue, afin de nous r ilier tous écoles catholiques. C'est l'humble prière que je fais à Votre qu’Elle nous prête sun concours dans la revendic français et comme catholiques”,

Exceilence en lui de mandant ation et la conservation de nos (re

“ Come

Votre Excellence parle de Nos efforts qui n'ont pu obtenir ce résultat tant désiré,

Laissez-moi dire à Votre Excellence que j'ignore complètement les efforts qu'Elle a pu tenter pour nous aider à conserver ce que nous appelons nos droits,

Ce que nous savons c'est qu'une persécution des plus injustes contre l'élément français est conduite par des ecclésiastiques haut placés dans la hiérarchie catholique et que, nommément, dans les diocèses d'Ottawa, d'Alexandrin, de London et du Sault Ste-Murie, les Chefs du troupeau, les Pasteurs des âmes dénoncent l'usage du français, refusent aux fidèles sous

leur charge d'avoir des prêtres canadiens-français enseigner la parole de Dieu à des auditoires canadiens-français, ordonnent le bannissement du français dans les communantés religieuses, refusent des vocations sacerdotaies quand elles leur sont offertes par des Canadiens-français; bref, organisent et conduisent une guerre continuelle contre l'usage du français dans ces diocèses et persécutent d'une manière odieuse et scandaleuse ceux de leurs prêtres qui ne veulent pas se plier à leurs exigences—-et tout cela sous les yeux de Votre Excellence,

Dans certains diocèses la terrorisation règne suprême, exercée par l'épiscopat sur les tion; on prive sciemment les fidèles dans les

prêtres canadiens-français soumis a sa juridi centres éminemment français des avantages religieux qu’ils pourraient retirer de la prédication de l'Évangile dans leur langue,

Je connais un diocèse où les Canadiens-français d'une paroisse ont vainement supplié leur Évéque de leu: accorder un prêtre canadien-français, s'offrant à le faire venir tous les dimanches à leurs frais, pour leur précher les vérités de la religion dans la langue française.

Et quels sont, après tout, les efforts dont vous nous parlez et que vous auriez tentés pour ramener la paix? La persécution sévit nire que jamaïs. Les appels à Rome se succèdent les

uns les autres lorsque votre présence ici semblerait devoir les empêcher. Non, on vous cache la vérité; vous êtes entouré de personnes qui intérêt à ne pas ln laisser arriver jusqu'à vous.

Quel est celui jusqu’à ce jour qui a pris sur lui de vous faire remarquer que, duns une lutte aussi vive et aussi universeiie dans la Province d'Ontario que celle qui sépare aujourd’hui les Irlandais d'avec les C'anudiens-français, il ne convient pas au Délégué Apostolique de prendre pour le secrétaire de le délégation un homme choisi dans l'un ou l'autre de ces deux camps: et, cependant, votre secrétaire actuel est un Irlandais catholique, et sa présence contiraelle auprès de vous, son immixtion nécessaire et naturelle dans toutes les questions qui peuvent vous être soumises ne sont-elles pas une barrière in: urmontable entre vous et l'élément canadien-français ? Quels sont les efforts qui ont été faius pour vous débarrasser de cet obstacle ? Veuillez bien remarquer que je n’aceuse en aucune manière votre secrétaire, mais je prétenc que sa nationalité est un empêchement direct dans les circonstances à sa nomination. Dans tous les cas, pratiqueinent, elle est devenue une barrière insurmontable que les catholiques de l'Ontario ne franchiront certainement pas

françs

Is connaissent d'ailleurs votre mentalité À ce propos. Si j'ai bonne mémoire, en 1912, vous fûtes appelé à Québec sister au premier congrès de la langue française au Cans Tout Québec a entendu le discours que vous fîtes alors. Ce ne fut pas un plaidoyer en faveur de la langue française, mais une hésitante et pénible explication de votre présence au milieu lors de vos indécisions. Votre première phrase fut typi- “j'ai été longtemps indécis sur la conduite

de nous. Vous nous avez fait part 2 que: “Comme Délégué Apostolique’”, disiez-vous, “à tenir vis-à-vis de ee congrès de la langue fran

se. Devais-je y prendre part ?

encemoment là, j'ai pu entendre In voix d’un conseil l'un des plus sages

és que je connaisse, Quand il apprit qu’il s'agissait de présenter cette

“Heureusement “et des plus désintéress

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“belle adresse au représentant du Saint-Siège (que votre absence aurait empêché d'être présentée “À la séance inaugurale du Congrès:-—"Oh, ce serait vraiement dommage”, me dit-il, “que “cet acte plein de reconnaissance et de dévouement au Siège Apostolique de Pierre ne pût être ‘accompli par les héritiers de ln langue qui fut le premier véhicule de ln vérité catholique dans ‘toute l'Amérique du Nord”. Cette sage et grave parole, Messieurs, me décida À prendre part “À votre Congrès.”

Cette mentalité qui s'affirma en pleine ville de Québec, dans une Province si éminemment française, lors du Premier congrès de sa langue, cette mentalité est bien celle que nous croyons encore exister aujourd'hui et qui vous dicte la réponse que j'ai reçue à savoir, que, malheureusement, Nos efforts n'ont pu obtenir le résultat tant désiré,

Excellence, je vous répète ce que je vous ai déjà dit, que les catholiques de langue française dans l'Ontario forment la majorité de l'élément catholique de cette Province. Nous sommes plus forts en nombre que tous les catholiques de langue anglaise réunis. Avec ceux d'origine italienne, belge et polonaise, nous formons une population de : nées à défendre leurs droits,

Laissez-moi vous dire en toute franchise que l'élément irlandais dans In Province d'Ontane pourra en aucune manière entraver l'expansion française. Les familles françaises, grâce À leur natalité, progressent, de jour en jour et prennentla place des familles irlandaises que leurs mariages mixtes condamnent à un effacement progressif et continuel

Sans être prophète, ne considérant que la ms

4,416 âmes détermi-

rehe naturelle des évènements, je puis vous donner l'assurance que l'élément français ne sera jamais subjugué dans la lutte actuelle, et qu'une race qui veut ne pas périr ne périra pas, noncbstant In guerre religieuse qu'elle subit pour la défense de ses droits. L'éveil est déjà donné; les hommes les plus importants par leur position sociale, par leur science, par leur table patriotisme, sentent la criante injustice dont nos frères d'Ontario sont les victimes et, dans des déclarations publiques, affirment sans crainte leur adhésion à la cause que nous défendons. Tout l'élément catholique français d'Ontario est sur pied; la Province de Québec entre dans la lutte et si, dans cette lutte que nous entreprenons contre les fanatiques d'une province, nous trouvons l'élément irlandais dressé contre nous, eh bien! nous culbuterons l’obstac e.

N'est-ce pas Notre Seigneur qui a dit: “Ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi”,

Nous pouvons répéter cette parole évangelique et si votre toute l'autorité qu'Elle a ou qu'Elle est eens

xcellence ne peut pas, avec avoir, amener la paix dans le camp catholique de la Province d'Ontario: si Elle ne peut empêcher la houlette pastorale de devenir une arme de combat contre ies nôtres: bref, si réellement le Délégué Apostolique ne peut que déclarer son impuissance en face du mal qui grandit et des scandales qui se préparent, je formule l'espoir que, nonobstant tout cela, Votre Excellence dans un dernier effort auprès de l'épiscopat d'Ontario trouvera le moyen d'amener ceux des Evêques qui nous sont hostiles à cesser une guerre qui se ter inera indubitablement par un désastre ont ils auront été la cause, us demandons la paix et l'union des volontés in de sauver dans Ontario l'école séparée: Mais nous sotnmes prêts pour la guerre, si on veut s! jolumeut l'avoir; et si j'écris à Votre cellence aujourd’hui, c'est uniquement pour la mettre sur Ses gardes et pour Lui donner arance que l'élément français d'Ontario n'a nullement l'intention de reculer devant les adversaires qu'on lui oppose. Je me ferais un reproche de ne pas vous avoir donné ce renseignement lorsqu'il en est encore temps.

Protestant de nouveau de mes sentiments de filial dévouement, je demeure, de Votre Excellence, le serviteur tout dévoué.

Pninipps LaNDRy, F. Stagni, O.S.M., DD. Président de l'Association

Délégué Aposto

Son Excellence Monseigneur P.

e française de

Ottawa, Ont. l'Education de l'Ontario

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