B—-UNE ALLIANCE MONSTRUEUSE
Nous appelons de ce qualificatif le rapprochement contre nature qui vient d'unir les [rlandais catholiques de l'Ontario aux Orangistes de cette même province, Ces deux factions, éminemment opposées l'une à l'autre, qui se sont toujours combattues avec une ardeur et une haine implacables, qui, pendant des siècles, ont cherché à se détruire mutuellement en Irlande, et qui, sans raison ont transporté sur ce sol du Canada leurs querelles séeulaires, ont, tout dernièrement, donné le triste spectacle d'un mouvement d'ensemble dirigé contre l'él6ment français.
C'est un prêtre catholique irland:
, curé de la paroisse de St-Patrick, dans le diocèse
d'Ottawa, qui, le 13 février dernier, dans une lettre à l'adresse de Son Eminence le Cardinal Bégin et de Sir Lomer Gouin, le premier-ministre de la province de Québec, a rendu publiques
etsa propre défection et la trahison des
Jusque vers cette date les irlandais catholiques avaient combattu avec les canadiensfrançais pour la conservation des droits que réclamaient ces derniers, et les seules divergences d'opinion, sur des questions de détails, qui pouvaient exister entre les combattants d’une même Cause, allaient se fondre dans une entente commune, lorsque le bouillant abbé prit occasion d’une lettre du Cardinal et d’un discours du premier ministre Pour injurier ces deux personnages et pour insulter à la mémoire de feu Monseigneur Duhamel, avec qui il avait eu maille à partir quelques années auparavant.
Tout l’Ottawa catholique s'émut à l'apparition de cette lettre 8 ’andaleuse et protesta contre les accusations qu'elle contenait. Monscigneur Gauthier, archevêque d'Ottav fut prié de venger la mémoire de son prédécesseur et de rappeler à l'ordre son indigne accusateur,
Rien n’a encore été fait pour calmer l'opinion publique, et la mémoire de l’Archevêque défunt reste sous le coup des basses calomnies dirigées contre lui. on entre les français catholiques et les Irlan-
ns.
La lettre du Curé Whelan consacra la sci dais catholiques,
Du fond de son presbytère, le euré dirige maintenant la lutté que l'élément irlandais fait à l'élément français, et le grand argument qu'il invoque et qu'il a fait accepter par son archevêque et par plusieurs des autres évêques de l'Ontario, et que ceux-ci, à leur tour, veulent faire accepter par Rome, c’est qu’il vaut mieux sacrifier la langue française que la foi irlandaise, insinuant que cette dernière sera irrémédiablement perdue si la cause française triomphe.
Mais il oublie—ce qui est pourtant de toute évidence, si toutefois son argument a quelque valeur—que les français itholiques, tout comme les irlandais catholiques, perdront également leur foi s'ils perdent leur langue qui en est la gardienne, et que cette perte sera d'autant plus grande que les français sont beaucoup plus nombreux que les irlandais dans les écoles confessionnelles.
Et pourquoi, en bonne vérité les irlandais perdraient-ils leur foi? Personne n’attente ; leur langue, qui contituera d'exister dans les mêmes conditions où elle se trouve aujourd'hui,
car l'école confessionnelle restera toujours la même avee son caractère d'indissolubilité garanti par la constitution de notre pays, et si les irlandais la désertent pour se rallier aux écoles neutres, c'est parce qu'ils désobéiront aux ordres de l'Église et aux décrets du premier concile plénier de Québec, qui font un devoir aux Évêques de défendre à leurs ounilles la fréquentation des écoles neutres Ià où il existe des écoles catholiques.
Cette obligation imposée par l'Église catholique, est actuellement mise au rancart et certains évêques d'Ontario permettent aux irlandais
vec la plus grande facilité du monde, d'envoyer leurs enfants aux écoles neutres, donnant ainsi un triste spectacle et créant le plus dangereux des précédents,
Et en cela ils font œuvre néfaste, comme également font œuvre néfaste ceux qui dans leur diocèse refusent des vocations ecclésiastiques parce qu’elles sont offertes par des jeunes français.
Pareilles manœuvres réjouissent grandement nos ennemis les orangistes qui voient dans l’abaissement des français catholiques et la disparition de leur langue, la promesse de succ futurs et cette fois contre les irlandais catholiques, leurs ennemis invétérés.
C—APPEL DES c ATHOLIQUES FRANÇAIS
Prise entre deux feux, combattue par les Orangistes, trahie par les Irlandais-Catholiques qui tournent, à leur tour, leurs armes contre elle, la race Canadienne-française, qui ne veut pas mourir, s'adresse au plus haut tribunal de l'Empire Britannique pour en obtenir cette justice que des coloniaux lui refusent par fanatisme et par esprit de race.
Elle s'adresse également au Pontife Suprême pour demander à Sa Paternelle Bonté qu’Elle mette un terme aux maux qu'elle endure en faisant cesser ectte guerre stupide que les Irlandais catholiques lui font au nom de leur foi qui ne court aucun danger,
Et pour préciser davantage nous demandons:
1° que des instructions positives soient données au Délégué Apostolique;
2° qu'une répartition plus équitable des sièges épiscopaux, entre les différentes natio lités qui peuplent l'Ontario, se fee, de manière que le titulaire de chaque siège épiscopal soit pris dans les rangs de la majorité nationale de chaque diocèse;
3° que les meneurs catholiques irlandais soient tenus de rompre immédiatement cette alliance monstrueuse qui unit les irlandais catholiques aux orangistes dans leur guerre contre l'expansion éminemment catholique de la race française;
4° que ceux des évêques qui s’en rendent coupables, cessent sans retard cette persécution systématique et continue dont la race française de l'Ontario est la victime de leur part.
La première partie de ce mémoire justifie notre appel au Comité Judiciaire du Conseil Privé du Roi d'Angleterre.
En quelques mots nous allons établir le bien-fondé de notre recours au Saint-Siège
1° Instructions au Délégué.
Nous demandons tout d'abord que Son Excellence, Monseigneur Stagni, Délégué Apostolique du Saint-Siège au (
a, reçoive les instructions les plus positives lui enjoignant de se tenir complètement en dehors de la lutte et de ne favoriser en aucune manière, ni ouvertement, ni clandestinement, aucun des combattants actuels. Le Délégué Apostolique s’est déjà tellement, aliéré les cœurs de la race canadienne-française au Canada, par la singulière attitude qu'il a prise au grand Congrès de la Langue Française tenu à Québec en 1912, et par la conduite non moins singulière qu'il a toujours suivie à Ottawa, en rapport avec les difficultés scolaires qui divisent en deux camps les catholiques de cette ville et de tout l'Ontario, qu'il a compromis pour toujours les hautes fonctions dont il avait été investi.
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contre son usage dans les églises, cherche à étouffer la langue française dans toute la province de l'Ontario et à angliciser tous les enfants de la génération actuelle,
Les Orangistes sont à la tête de cette œuvre néfaste, les Orangistes, faction peu nombreuse, mais excessivement tapageuse et remuante, qui veulent et qui ont juré l’annéantissement de l'école confessionnelle dans l'Ontario et la disparition complète de la race française dans un pays que les pionniers et les martyrs de la France ont conquis à la civilisation et au Christ,
Malbeureusement, ils ne sont pas les seul ,