JUGEMENS DIVERS
<lc l'art singulier des rapprochemens et des transitions qui a su lier imperceptiblement tant d'objets disparates entre eux , ou de l'élégance ■continue et de l'agrément infini de toutes les narrations , de toutes les discussions qu'au premier coup d'œil on serait tenté de prendre pour les jeux d'une belle imagination. Telle a été en effet la méprise de quelques personnes qui ont donné le nom de roman a un ouvrage où on trouve toute vérité , et où on ne trouve que des vérités. Cette critique, plus applicable a la Cjropédie de Xénopbou qu'a YAnachaî'sis de Bartlielemy , ne mérite pas d'être réfutée ; et je ne m'étendrai pas davantage sur un livre qui est entre les mains de tout le monde , que tout le monde lit , que tout le monde relit , et dont la lecture est toujours également attachante et instructive.
MAÎSCINI - NIVERNOIS.
Essai sur la vie de J. J. BarUielenn
Au don de penser Barthélémy joignait le talent de peindre : son style clair , naturel et correct, a toujours du coloris et des grâces j riche, abondant et harmonieux, il est plein d'images, de chaleur et de vie. Tous nos sentimens ayant des expressions qui leur répondent, celles de Barthélémy, nobles et élevées , offrent le tableau de sa belle ame. Il a les défauts de Platon , trop de poésie et d'élégance ; et comme lui , il manque quelquefois de force et de précision : souvent il est semblable a Protogène , en mettant daus ses tableaux trop de soin et de lini ; mais, pour avoir le droit de l'on reprendre , il faudrait être mi Apelles. Malgré cela, l'ouvrage de Barthelem\ est un monmiient de notre langue qui ne périra (piavec elle. Qu'on me pennt tie de le comparer "a \\n édifice d'ordre co-
linthien où l'on n'a point épargné les ornemens , qui y sont d'ailleurs distribués avec autant de goût que d'intelligence.