‹ Mémoires sur la vie de J.-J. BarthélemyChapitre 3 sur 16 · DELILLE · texte numérisé non relu

DELILLE

LelUc à Jiailhelciny

JUGEMlîNS DIVJiBS

Vous parlez, aussitôt la nuit de vingt siècles fait place a une lumière soudaine , et laisse éclore "a nos yeux le magnifique spectacle de la Grèce entière au plus haut degré de son antique splendeur. Argos, Corinthe, Sparte, Athènes et mille autres villes disparues sont repeuplées. Vous nous montrez , vous nous ouvrez les temples, les théâtres, les gjTrmases, les académies, les édifices publics , les maisons particulières , les réduits les plus intérieurs. Admis , sous vos auspices , dans leurs assemblées , dans leurs camps , a leurs écoles , a leurs cercles, k leurs repas , nous voilh mêlés dans tous leurs jeux , spectateurs de toutes les cérémonies , témoins de toutes les délibérations , associés a. tous les intérêts , initiés a tous les mystères , confidens de toutes les pensées ; et jamais les Grecs n'ont aussi bien connu la Grèce ; jamais ils ne se sont aussi bien connus entre eux que votre Anacharsis nous les a fait connaître.

Dans ces tablcaiix nouveaux , parlans et vivans , tous les objets s'offrent a nous sous tous les aspects. Les hommes et les peuples , toujours en rapport , toujours aux prises les uns avec les autres , nous découvrent a l'envi leurs vices et leui's vertus. L'enthousiasme, la haine et l'impartialité tracent alternativement le portrait de Philippe. Les tristes hymnes des Messéniens accusent l'orgueil de Lacédémone. Les Athéniens laissent entrevoir leur corruption au travers de leurs agrémens. Le suffrage on le blâme distribué tour a tour par des partisans ou par des rivaux , tous les témoignages favorables ou contraires soigneusement recueillis, fidèlement cités, sagcmeiit appréciés, suspendent et snUicitent dos jugemeus que

SIJR .1. J. IJÀRTHELEMY. g

VOUS laissez modestement prononcer à votre lecteur ; il lient la balance , mais vous y mettez les poids.

Le chevalier de BOUFFLERS.

Réponse uu Discours de V abbé Barthélémy à V Académie française .

C'est ici un de ces grands monumens littéraires faits pour honorer le siècle qui les produit , et pour illustrer a jamais leur auteur.

Le voyage de la Grèce est précédé d'une introduction où Anacharsis présente le tableau de tous les temps qui précèdent celui de son voyage. Au moyen de cette introduction et du voyage, on sait tout ce qu'il est possible et utile de savoir sur la Grèce , sur ses guerres , sur sa politique tant intérieure qu'extérieure, sur ses lois , sur ses mœurs, sur ses arts, depuis les premiers temps jusqu'à l'époque où elle est asservie a Philippe , roi de INIacédoine , père d'Alexandre le Grand. C'est l'ouvrage le plus complet qu'il y ait sur cette matière; c'est partout la substance la plus pure de ce que les meilleurs auteurs de tout genre , tant anciens que modernes, ont écrit sur les divers objets relatifs a la Grèce ; et le tout est animé par cette heureuse fiction du voyage d' Anacharsis, qui met tout en action et en mouvement.

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