‹ Mémoires sur la vie et le siècle de Salvator RosaChapitre 13 sur 21 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Causes des progrès de la peinture pendant les i5*, i4*> i5* et x6' siècles. — Importance des maîtres primitifs de rÉcole italienoe. — Goût pour les beaux^arts j deyenu national. — Influence du protestantisme sur ^l'art. — Peintres en portraits ( Ritrattisti ) , et peintres d'histoire du 17* siècle. — Protection des Stuarts et des Bourbons 9 et effets de cette protection. — État de l'art à la fin du 17* siècle. — Carlo Maratti et Salvator Rosa, les deux derniers maîtres italiens.

Le degré de perfection que la peinture atteignit à la fin du moyen-âge , peut être attribué aux combinaisons politiques de ces temps où régnait la puissance pontificale , où V Église seule était VÉtat Les connaissances , qui ne donnent une supré- I. 1

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tnatie exclusive que tant quelles sont un monopole au •profit d'un petit nombre , étaient alors uniquement possédées par le clergé; et cette disparité intellectuelle entre une classe privilégiée et la masse du peuple, a long-tempsr produit ces déceptions , ces erreurs dont l'ignorance est toujours la dupe ou la victime*

Polir soutenir le puissant système de domination ecclésiastique , auquel toutes les nations de l'Europe et leurs gouvernans se soumirent pendant des siècles, les efforts de l'esprit, les productions du génie furent tour à tour comprimés ou encouragés , suivant Texigeance des diverses époques. La même hiérarchie qui dans un. temps trouva expédient pour elle de brûler les ouvrages de Gicéron (i) et de jeter dans le Tibre les statues de Praxitèle , restaura dans un autre la philosophie d'Aristote , et proposa l'élévation de Raphaël au cardinalat*

(i) Sous Grégoire, surnommé le Grand, (premier pape canonisé.) — La haine de ce pontife contre l'ancienne religion de Rome était si violente 9 et son désir de l'en^ sevelir dans Poubli si ardent, quMl est accusé d'ayoir réduit en cendres la Bibliothèque palatine formée par Auguste , et jeté dans le Tibre les plus précieux ouvrages de l'antiquité. Cette politique était barbare , mais bien calculée pour l'intérêt de l'Église au 6* siècle.

L'architecture magnifique, les élégans ornetnens des temples païens de la Grèce et de Rome avaient été rejetés par TEglise naissante comme associés aux doctrines et aux pratiques de cette religion brillante , que le culte sévère qui lui succédait avait tant d'intérêt à faire oublier. Mais quand les monstrueuses et grossières figures, peintes sur les murs des anciens édifices sacrés en Lombardie; quand les croisades infructueuses des iconoclastes eurent prouvé Iç penchant irrésistible des Italiens pour la décoration , rÉglise, sentant la difficulté d'appuyer la foi sur des abstractions seules et de satisfaire les passions en n'offrant que des objets invisibles à l'adoration , enrôla les beaux-arts à son service.

La peinture (qui dans la marche de la civilisation doit précéder la musique, étant moins abstraite dans ses principes et plus palpable dans ses effets ) fut adoptée par l'Eglise dès le i3' siècle comme un moyen de river son pouvoir en faisant entrer les sens dans ses intérêts. Des effets magiques furent produits par cet art : il personnifiait l'essence divine à laquelle la pensée ne pouvait atteindre ; il peignait des mystères que la raison ne pouvait concevoir ; il révélait les béatitudes célestes , les supplices infernaux par des images propres à frapper les

c«prits les moins développés , et à intimider les plus hardis ; et les vierges de Cimabue (i) , les saints de Giotto (2] eurent autant d'influence 8ur leurs contemporains que les conciles et les bulles. Des yeux qui ne pouvaient verser une seule larme au récit des souffrances du Sauveur^ eu répandaient d'abondantes et délicieuses sur le tableau où l'agonie de ce divin médiateur, se

(1) Les Floreotins furent si enthousiasmés de la Madone de Cimabue 9 que Ton volt encore dans Téglise de Sanla-Maria-Novclla, chapelle des Rucellaî , qu'ils la portèrent en procession au son des trompettes jusqu'à ce temple ; et l'on donna le nom de Borgo Allegro au petit village où ce tableau avait été fait.

(a) Giotto 9 l'ami de Dante, et de qui l'on. a un por* trait de ce grand homme 9 fut lui*même recherché et employé à l'envi par le^ pontifes et les pieux souverains de son temps^ surtout par Clément V et Robert deNaples, Ces vers si connus du Dante

Credeva Cimabue nella pittura

Tener lo campo ed ora ha Giotto iLgrido.

mirent cet artiste encore plus en vogue. Dans un autre siècle , le peintre eût été au contraire le protecteur du poète ; car l'Eglise s'aperçut bientôt que jamais l'hérésie ne serait aussi efficacement propagée par des peintures que par Jes ouvrages d'écrivains philosophes , tels que le Dattte et Pétrarque.

sacrifiant pour le aalut de tous, était teprései^tée. Des genoux rebelles que la dévotion mentale n'aurait jamais fait plier, se courbaient invo* lontairement devant Tautel où une jeune et belle femme , tenant dans ses bras son fils brillant de fraîcheur et d'innocence , une vierge mère , un Dieu enfant , réveillaient le sentiment religieux par les sympathies les plus paissantes sur le cœur de l'homme.

Les doctrines mystiques , ainsi présentées sous des formes palpables propres à exciter des affections y s'emparèrent plus fortement de l'esprit , et la foi se propagea par la sensibilité ; car il est bien difficile de douter de ce qu'on a senti , et ta raison repousse en vain ce qui satisfait les sens.

On défendit alors au peuple l'usage des saintes écritures , et il parut meilleur de lui enseigner ce qu'il devait savoir par des tableaux* L'art de peindre devint un ressort politique ; et ceux qui Texerçaieiit, ayant nue puissance virtuelle sinon formelle dans l'Etat , reçurent des subsides pour entrer en alliance avec les gouvernans (i).

(i) On offrit à Raphaël le chapeau de cardinal , et le pape Jules II fut l'ami et presque l'esclave de Michel- Ange. Léon X sollicita avec enapresseoient la coopération et le suffrage de tous les artistes, de son temps 9 qu'il flattait cependant plus qu'il ne les récompensait. A des

Cette utilité politique devait inévitablement influer sur le goût national en Italie , et le diriger vers les arts d'embellissement ; et la longue habitudedejugerdesproductionsdecesartsdonna lieu au singulier phénomène d'un peuple de virtuoses (i). Vers le commencement du i6* siècle, les Romains et les Toscans étaient devenus, pour la peinture, ce que les Athéniens même des dernières classes furent pour le langage. Les orateurs d'un Etatlibre avaient formé une nation de philologues : une Eglise despotique créa une population de dilettanti; car, à certaines époques de la société , le gouvernement fait le peuple , et, en d'autres temps, c'est le peuple qui fait le gouvernement.

Tandis que les naturels d'une contrée qui avait jadis combattu pour l'empire du monde étaient occupés d'un art auquel tous prétendaient, la munificence des opulens marchands des repu* bliques italiennes entrait en concurrence avec

époques plus rapprochées, on a vu des peintres entrer dans les conseils de leurs souverains et remplir des ambassades; Rubens a exercé de hauts emplois diplomatiques.

(i) Lady Morgan emploie le terme virtuoso dans le sens que lui donne Vasari et d'autres anciens écrivains Italiens. Maintenant on ne rapplique plus qu'à la musique. — N. D. T.

les papes et les princes pour la possession des chefs-d'œuvre des artistes ; et s'ils ne pouvaient toujours remporter sur leurs magnifiques compétiteurs , ils contribuaient du moins à hausser le prix de ces objets précieux.

Ainsi , depuis la période où la poésie tint le haut bout dans la personne de Pétrarque et du Dante jusqu'à celle où la philosophie apparut avec Gallilée , les riches récompenses du génie affluèrent dans un seul canal , et furent prodiguées à ces grands maîtres dont les œuvres^ en embellissant les églises et les châsses , contribuaient à étendre un système qui ne rejetait aucun allié , aucun soutien , quelle que fût sa faiblesse ou son incongruité. Tous les grands poètes du i6' siècle ont été forcés de maudire leurs protecteurs; les peintres se laissaient courtiser par lès leurs, et rarement s'attachaient à un grand sans en avoir été recherchés. Tandis que les immortels auteurs de la Jérusalem et du Roland faisaient humblement antichambre chez les pitoyables princes d'Est, Léonard de Vinci prenait place dans les salons des rois , et le Titien se refusait aux invitations dès empereurs ( 1 ) . L'esprit du temps , dirigeant comme

(1) Léonard de Vinci mourut dans les bras de' François I" , dans son château de Fontainebleau. Le Titieo^

il h fait toujours le génie des iûdividus , enchai^ liait alors le peuple le plus éclairé de la terre à la culture d'un art de pur ornement. Sous d'autres circonstances et dans un autre siècle , Raphaël eût été peut-être non moins divin comme poète qu'il le fut comme peintre (i) ; et Léonard aurait brillé au premier rang des phi*losophes expérientalistes j de même qu'il fut le premier des artistes.

De nouvelles combinaisons 9 amenées par les.

progrès de la société, produisaient d'autres résultats. Les Clément, les JUles^ les Léon (2), le» Raphaël , les Michel-Ange , et ces glorieuses républiques d'Italie , dont les institutions libres tendaient si puissamment au développement du génie, tout avait disparu de la scène du monde. A la fin du 1 6^ siècle de nouveaux besoins , de nouveaux intérêts, donnèrent lieu à de nour

refusa les invitations expresses de Charles-Quint et de Philippe II son fils.

(1) Le petit nombre de vers de Raphaël qui est parvenu jusqu'à nous offre tout le charme aérien des têtes de ses saintes et de ses madones.

(a) Bien de si différent sous le rapport du caractère personnel et de la politique que ces turbulens et belliqueux princes pontificaux, et leurs successeurs du 17* siècle 9 qui régissaient leur domaine temporel et spirituel par ce que le cardinal de Rets appelle les finoieries du Vatican.

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velles applications des talens humaios. La réforme vint» cet événement le plus important des temps modernes ; et son système exigea la rejection absolue et sévère des moyens, indignes suivant elle, par lesquels l'ancienne Eglise avait effectué son plan d'usurpation. Les réformateurs n'avaient pas besoin de peinture; ce n'était pas chezî eux . que les artistes devaient trouver des. protecteurs (i). Aussi avides de domination que leurs prédécesseurs , ils se servirent d'autres instrumens pour arriver à leur but, et affectèrent de s'étayer de la raison et d'établir la foi par des preuves. Mais, plus attentifs à leur objet qu'à la portée des moyens qu'ils mettaient en ceuvre, ils rejetèrent trop ou trop peu, ne prévoyant pas que la raison s'emparerait pour elle-même du terrain qu'on l'avait appelée a défendre , et porterait la lumièi^e sur les abus

(1) Dans les actes passés au parlement de i636, detix sont remarquables comme dépassant l'emmosité des premiers réformateurs protestans eux-mêmes cotitre les beaux-arts. «Ordonne que tous les tableaux de cette collection (la galerie royale) qui représenteront la seconde personne de la Trinité , seront brûlés. « Les tableaux qui n'offraient la représentation d'aucune superstition étaient i^ndus nu bénéfîce des pauvres Irlandais. — Voy. Journal de la chambre des communes.

Cette destruction des peintures pendant la ptemière

conservés comme sur ceux qu'elle avait contribué à rejeter. En proscrivant les arts et maintenant les dîmes, l'Eglise réformée perdit son plus grand attrait pour l'imagination , et arma contre elle les passions les plus clairvoyantes sur leurs intérêts.

Cependant la philosophie , laissant la réforme lutter contre ses adversaires , et les théologiens se perdre dans leurs sophismes , sut se prévaloir

efifervescence de la révolution ^ était jusqu'à un certain ^ point aussi utile à la politique qu'à la religion. C'était un contre-coup porté à ce goût des arts d'agrément que Charles s'était efforcé de nationaliser aux dépens des choses plus solides. Luther , le moins rigide des réformateurs, conservant quelques-uns des anciens penchans du moine augustin » combattit ces attaques barbares et générales contre les arts. Toutefois il n'osa se prononcer au sujet de l'idolâtre peinture (quoique toujours très-datte de multiplier son image et celle de sa laide moitié ); mais il tint bon pour un peu de musique dans son église. Etant lui-même compositeur et le meilleur chanteur du chœur d'Erfurth, il avouait «qu'il considérait la musique comme au-dessus de toutes les sciences , la théologie exceptée. » Et il ^Ua même jusqu'à composer en vers son cathéchisme pour qu'on pût le mettre en musique. Ainsi la fameuse confession d'Augsbourg a été réellement faite en rithme de baliade. Mais Calvin , qui n'avait « point de musique dans l'âme, » déclara la guerre à tous les arts, et disait même que jouer de l'orgue « était une folle vanité, n

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de la licence du siècle et de l'esprit investigateur qui le distinguait. Elle vint avec les grandes vérités expérimentales , améliorer la condition humaine , diminuer ses souffrance^ , satisfaire à ses besoins , alléger les maux nombreux , c héritage de la chair. » Son objet était le bonheur des hommes, son agent la science. Arrêtée à chaque pas , condamnée comme impie pour avoir exposé les lois de la nature , persécutée pour la découverte de vérités qui lui méritaient des autels , elle avança toujours, lentement sans doute, mais avec fermeté ; le mal physique et moral, la maladie et Terreur , le fanatisme et la peste , disparurent devant ses progrès lumineux. Des philosopher , il est vrai , périrent dans les cachots de Finquisition , ou alimentèrent les flammes des auto-da-fé; mais la philosophie a survécu et triomphé. Il n'en fut pas ainsi de Tart qui avait si long-temps fait partie de la législature polirtique et religieuse de la chrétienté.

Au commencement du 1 7"" siècle , le grand marché de la peinture était prêt à se fermer pour n'être jamais rouvert avec une égale splendeur, à moins qu'il ne se présente quelques circonstances aussi influentes et aussi fortement liées aux intérêts sociaux , que celles dans lesquelles la prospérité et la perfection de cet art eurent leur source.

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Les grandd maîtres historiques et épiques , des brillantes écoles de Rome^ de Toscane , de Lombardie , les écoles de Raphaël , de Léonard de Vinci, des Garraches, furent alors rempla* ces par ces peintres nommés avec raison Dependenti des cardinaux, et par les artistes à gages des Bourbons et des Stuarts, décorateurs, en titre d'office , de TEscurial , des Tuileries et deWhitehall(i)-

Le système politique , qui au commencement du 1 7* siècle entraîna presque toute l'Europe à l'expérience hasardeuse des révolutions , eut aussi son influence sur les arts et contribua avec d'autres causes à Tavilissement de ceux qui les

(i) Voyez la lettre niélanoolique du Poussio, où il parle de son hfiinîliant séjour en France et de son empressement à échapper au patronnage royal du Louvre. L'Âlbanc , réduit à la misère dans soh pays , mais animé du véritable esprit des anciens maîtres italiens , refusa rinvitation du roi d'Angleterre Charles I*' , quoiqu'il la lui eOt adressée écrite de sa royale main. Garl« Maratte rejeta une proposition semblable de la part du premier grand-duc de Buckingham., qui avait adopté la passion de son souverain pour les arts, tl est curieux d'observer en passant que dans le catalogue des tableaux de Charles I" , dressé par Vertu , les trois quarts étaient des présens des courtisans de ce prince. En sorte que les encouragemens qu'il donnait aux artistefi étaient, en

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professaient. Ce fut en vain que des noms tels que Rubens , le Poussin , Yandyke ^ relevèrent presque Thonneur de leur profession terni par la liste des peintres de cour de cette époque de dégénération. Le génie de ces hommes illustres fut lui-même forcé de eéder à Tesprit du temps ; et d'éternelles séries de rois et de reines ayec leurs vertus allégoriques^ aussi idéales que les monstres par lesquels elles sont représentées , fournissent des preuves de ce qu'exigeait de l'art la protection tyrannique et l'orgueil insatiable des princes.

La vanité royale qui , de même que l'amourpropre, aime les portraits (i) , remferma ces

grande partie , aux dépens des parasites de cpur ou de tels qui espéraient achetiçr une place par on tableau.

La répugnance des maîtres italiens, pour embrasser la servitude des cours ultramontaines » naissait du sort de quelques-uns des protégés spéciaux de ces cours. Yander Port était dans une telle crainte de Charles I*' 9 qu'il se pendit de désespoir pour avoir égaré une miniature de Gibson f que le roi lui demanda et qui fut retrouvée après la mort du pauvre artiste. La conduite de Louis XIY envers l'infortuné Petitot est bien connue. ( Vpy. Walpole, peintres » p. a58. )

(1) « L'amour-propre aime les portraits. » Làbrctèes. — La reine Elisabeth, Charles P% Louis XIY, ont laissé des exemples frappans de cet axiome. La première dé-

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grands talens, qui deraient appartenir aux siècles et aux nations , dans les étroites limites de Blackfriars (i) et du Louvre. En vain les minis* très fondèrent alors des académies, les maîtresses

cerna des peines contre ceux qui achèteraient un mauvais portrait d'elle , et traita en criminels de lèse-majesté les peintres qui ne la flattaient pas. Elle est généralement représentée avec tous les attributs du pouvoir royal et de la beauté souveraine; tandis que Vénus, Junon, Minerve Tolent devant elle, cherchant à cachera où elles peuvent» leur front humilié. Le triste visage de Charles I*' se voit dans toutes les galeries de l'Europe , d'après la dispersion de la sienne , que remplissaient ses nombreux portraits. Il se fit peindre en saint Georges par Rembrant; et Vandyke et autres le peignirent sous la forme de tous les saints du calendrier. Louis XIV , au contraire , brille sur les murs et les plafonds de Versailles et des Tuileries , en Jupiter et en Apollon , entouré de ses maîtresses sous la figure des grâces , et de vertus assez singulièrement représentées par des monstres. Toutefois , on trouve encore dans ces portraits quelque chose « de la divine face humaine. » Mais que dira la postérité des peintures de quelques-uns des princes de nos jours ? Ceux de Sardaigne et de Naples, par exemple? Sans parler du Hun, du Goth et du Galmouc, que leur inséparable union fera nommer à l'avenir les trois gentilshommes de Vérone.

(i) Vandyke, à son arrivée à Londres, fut logé parmi les artistes du roi , à Blackfriars , où ce prince allait fréquemment commander des portraits de la reine , de ses enfans et de ses courtisans.

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cies rois décernèrent des prix , les croix , les pensions furent prodiguées. Au milieu de tant de moyens de fortune, le génie de la peinture succomba. Le secret et l'importance de l'art s'étaient perdus ensemble (i). La, flamme qui ^vait échauffé l'âme de Michel-Ange , sous le dôme du Vatican , était éteinte. Le zèle qui conduisit les Carraches et leurs disciples en pèlerins à Rome et à Naples n'existait plus. Vers la fin du 17* siècle, cette longue liste de maîtres illustres dont le puissant génie, l'esprit élevé, avaient poussé leur art à son plus haut degré d'excellence et rendu son exercice noble et respectable , cette liste allait se fermer pour toujours , en se

(1) La peinture du portrait, comme branche distincte de l'art, ne commence qu'avec le 17* siècle, lorsque le nom de « Ritrattisti fut donné aux peintres italiens de ce temps. » Tant que nous n'aurons pas d'autres peintures que des portraits ( dit Walpole), et que les peintres n'au« ront pas des champs plus yastes que les appartemens pour déployer leur talent , on espérera yainemeut ^de Toir les art» recouvrer leur éclat primitif. » Kneller, le dernier nom «minent dans les arts, avant cet intervalle de barbarie qui arriva en Angleterre entre cette époque et celle de Reynolds ; Kneller , fit de sa profession un métier. Les peintres tels que lui , quand ils consacraient un seul tableau à la gloire, en sacriGaîent vingt au lucre , et diminuaient leur renommée de tout ce qu'ils ajoutaient à leur fortune*

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terminant par un homme bien digne d'occuper cette glorieuse et triste place , un homme dis^ tingué de ses prédécesseurs comme le

Famoso pittore delle cose morale. »

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un homme qui a été j}lus célébré que connu; Salvator Rosa, (i),

(i) L'école flamande , qui succéda à Fècole italienne 9 n*eut comparativement qu'une courte durée. Le même siècle la vit naître et mourir. Depuis Gimabue^ fondateur de réoole italienne, jusqu'à Carie Jttaratte et Salvator Rosa, que Ton regarde comme les deniers de ses maîtres ^ il s'écoula près de cinq siècles.

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