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La première émission fut'âe trois militons dé dollars : elle eut lieu le 35 juillet 1775, avec promesse d'échanger les billets en or ou en argent dans l'espace de trois an*; et vers la fin de 1776 on en. mit encore, en circulation pour vitiglruiï millions. Lecoogrè» commença alors à concevoir des inquiétudes ^ ne sachant comment il serait possible de rembourser une somme si con^dérable. Quelques-*uns de ses membres se rendirent chez Franklin pour le consulter è ce sujet. « Ne » vous inquiétez pas, leur dit -il, continues^ à «I émettre du papier-monnaie, tant qu'il payera nie papier, Yencrp et Fimpression , et que nous » pourrons par son secours payer les dépenses de » la guerre ».
En octobre 1 775 , le docteur Franklin fut chargé par le congrès, avec lecolonel Harrison et M. Lynch, de se rendre au camp américain à Cambridge , et de se joindre au commandant en chef, le général Washi!ngtpn , pour tâcher de déterminer les troupes dont l'engagement allait expirer, à rester sur pied , et à persévérer dans la défense de leur patrie.
Il fut ensuite envoyé en Canada pour persuader aux babitans de ce pays de se réunir à la cause commune de la liberté. Mais ils ne purent se décider à 3'opposer aux mesures du gouverne* ment britannique. On croit que le défaut de succès de cette négociation fut occasionné en grande partie p^r les dissensions religieuses qui existaient
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«ntre eux et leurs voisins qui avaient, à différentes reprises, brûlé leurs églises.
A son retour du Gatiada, le docteur Franklin écrivit , par ordre du congrès, à M. Dumas , agent de rAmérique en Hollande, pour l'engager à son-^ der les divers gouvernemens de TEurope, par le moyen de leurs ambassadeurs à La Haye, pour savoir quels secours ib pourraient être disposés à donner à l'Amérique, dans le cas où elle en viendrait à une rupture ouverte avec l'Angleterre, en se déclarant nation indépendante.
Cette mesure décisive était l'objet d'une discussion générale dans toutes les colonies, quoiqu'il soit certain qu'au commencement de la querelle, le peuple n'agissait pas d'après un principe fixe et déterminé, et qu'il n'avait pas même l'idée d'indépendance; car toutes les adresses des différentes colonies étaient remplies de protestations de fidélité pour leur souverain, et respiraient le désir le plus ardent aune réconciliation.
Le congrès jugeant convenable de connaître l'opinion publique sqr un point si important ^ chercha à s'assurer des sentimens du peuple, et à le préparer à une déclaration d'indépendance, en envoyant dans toutes les colonies un manifeste circulaire pour établir les causes qui rendaient nécessaire de supprimer toute autorité émanée de la couronne, et d'investir cette assemblée de tous les pouvoirs du gouvernement. Il citait à
Tappui de cette assertion , Tacte prohibitoire qui privait les colons de la protection de la couronne , le refus qu'on avait fait de recevoir leurs pétitions et de faire droit à leurs plaintes , et les mesures que prenait la Grande-Bretagne pour leur destruction , en envoyant contre eux toutes ses forces et des mercenaires étrangers.
Enfin cette question importante fut discutée dans le congrès , et sl une époque où les flottes et les armées envoyées pour les forcer k l'obéissance étaient véritablement formidables. Le débat dura plusieurs jours , et plusieurs orateurs distingués s'opposèrent fortement k ce projet. Cependant , malgré tous les désavantages qui résultaient d'une armée sans discipline^ et inexpérimentée dans l'art de la guerre, sans flotte, sans alliés, n'étant soutenues que par leur amour pour la liberté > les colonies, par l'organe de leurs représentans an congrès, résolurent de se séparer d'un pays qui avait ajouté les injures aux insultes, et rejeté toutes les ouvertures pacifiques qui lui avaient élé faites. Le docteur Franklin se déclara ouvertement en £iveur de la mesure proposée, et employa toute son influence pour iadre partager son opinion.
L'esprit public avait déjà commencé à se roafiifester lors de la publication du manifeste du congrès; mais il se décida tout -à-fait lorsque Payne fit paraître son célébra pampblet iiltitulé
te Sens commun. Il y a^ tout lieu de croire que Franklin y prit une bonne part, au moins pour en fournir les matériaux.
Ce fut le 4 juillet 1776 que les treize colonies anglaises en Amérique se déclarèrent états libkes KT iNnÉPENDANS, et par un acte du congrès, abjurèrent toute soumission à la couronne d'Angleterre, et renoncèrent à toute liaison politique avec la Grande-Bretagne.
La rédaction de cette pièœ fut universellement admirée.. On 1 attribua à cet éminent patriote, ce philosophe, cet ami du genre humain, Tlio^orable Thomas Jefferson , alors un des représentans de la Virginie au congrès. ^
Au commencement de 1777 » le parlement britannique passa un acte pour défendre et restreindre d'une part tout commerce et toute liai-^ son avec les colonies r^fractaires , et pour autoriser d'une autre les commissaires du roi à accorder grâce , et à déclarer dans la paix du roi tels districts qu'ils.jugeraient convenables. Lord Howe , qui avait déjà été choisi pour commander la flotte anglaise dans l'Amérique septentripnale, fut nommé le 3 mai commissaire à cet effet avec son frère le général Howe. Il mît à la voile le la de ce mois , et lorsqu'il fut à la hauteur de la baie de Massachusetts, il prépara une déclaration pour annoncer sa mission, et l'accompagna de lettres circulaires.
•Lord Howe saisit Toccasion de répandre par-
tout le bruit qu'il était chargé par la Grande^ Bretagne de faire des propositiona de paix et de réconciliation , et qu'il ét^t prêt à les communiquer. Il permit en même temps au général américain Sullivan daller, sur sa parole, porter cette nouvelle au congrès. Il espérait par ce moyen &irè naître la division dans ce corps, et par suite dans tout le l>ays. Le congrès pensa que Famiral ne pouvait avoir à offrir d autres conditions que celles mentionnées dans l'acte du parlement, c'est * à - dire , *pardon , après soumission . Cepen* dant comme le peuple aurait pu croire qu'il en avait d'autres à proposer, et trouver mauvais qu'on ne les entendit point, il nomma trois commissaires, MM. Franklin, Adams et Rutledge, pour avoir une conférence avec lui. Lord Howe choisit pour cette réunion l'île des États, dont l'armée anglaise était en possession. Les commissaires étant arrivés à Amboy, petite ville de New* Jersey, située ep £ice de cette île, et qui était au pouvoir des Américains , l'amiral les eiivoya chercher dans sa barg^ qui devait y laisser en otage un de ses principaux officiers jusqu'à leur retour. Les commissaires du congrès n'avaient pas demandé d'otage , et ils le remenèrent avec eux. L'amiral vint les recevoir à leur débarquement, et les conduisit avec un détachement de ses gardes, dans la salle où la conférence devait avoir lieu. Il fut surpris de la confiance qu'ib avaient témoignée en ramenant son otage, et
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surtout du peu de cas qu'ils semblaient Êiire de ses offres de pardpn , et de he& {u^omesses d'examiner leurs ^sujets de plaintf. Il semblait s'être flatté que le congrès, humilié de ses pertes récentes^ prendrait une attitude soumise et respectueuse; mais il s'était trompé. Les commissaires, lui dirent avec fermeté que, s'il n'avait pas autre chose à |>roposer, il était venu trop tard ; que les humbles pétitions du congrès ayant été rejetées ;(vec mépris , l'indépendance du pays avait été proclamée, et le nouveau gouvernement constitué» Lorsque, cherchant à les cajoler, il leur parla . de son affection pour l'Amérique, du regret avec, lequel il voyait sa situation , et ajouta qu'il serait aussi sensible à sa ruine qu'à la perte d'un frère, ils lui répondirent qu'il était bien bon, roab que l'Amérique ferait tous ses efforts pour lui éviter^ce chagrin.-
Ils retournèrent au congrès , lui firent le lapport de cette conférence dont il ordonna la piîbli* cation , et le peuple vit qu'il n'avait d'espoir que dans les armes.
Voici la correspondance qui eut lieu à ce sujet entre lord Howe et le docteur Franklin , et le rapport des commissaires américains sur le ré* sultat de leur mission.
Note du docteur Franklin.
« Les lettres suivantes furent imprimées et publiées à Londres pour prouver Tinsolence des Mémoirïs. II. <^
msurgensj en refusant l'offre de /t^v^ofi sursau^ mission que leuf fesaîent les pléoipotenttftire^ anglais. Elles niéri|eat ^e fixer l'attention du pubHo pour une autre raison : elles doixoeat la preuve que le ministère anglais lui «merise j,uge le commeree avec rAn»érique d'tiiie assez giande importaqce pour juslifi^r la guerre horjrtbie et dispendieuse q{u'il fait en ce mctmepi pour en mainlenir le monopole , puisque c^esl la priori* pale cause que lord |Iowe ^n allègue; quoique leurs écrivains pensibiinés et leuvs orateurs par-lementaires affeeleiit de traiter cet objet de bagatelle. Elles prouvept encore coipbien il est im* portant pour le reste de l'Europe queçemonapple ne soit pas de plus longue durée, et que la lî^^ bertédu commerce, qfferte mainlieoautparr-Amjé' l'ique, soit mainteRue, puisque c'est le seul mojrea de mettre des bornes au pouvoir toujoiun eioiasaut de la Grande-Bretagne sur terre et sot mer, et qui deviendrait s» formidable pourses voisins^ si elle réussissait en cettQ oeeasipn «^
Ju, docteur Franklin.
A bord de l^Jigie , lo jota 177&.
«c Je ne puis , mon di^ne ami , nie résoudre à envoyer Içs lettres et dépêches dans l'état que je les ai reçues, sans vous écrire un mot relative-
ment aux fâcheuses extrémités dans lesquelles nos malheureux différends nous ont entraitids^.* 9 Vous connaUresi la natwre de mamî&sian par les dépêches officielles que j'envoie par la même occasion. Animé du désir que j'ai toujoursexprimé de voir se terminer nps querelles, si je trouve dans. les colonies les dispositions qu'on m'a fait espérer «autrefois d'y rwicontrer , je concevrai les espérances les plus flatteuses' de p.Quvi>ir être de quelque utilitépourcequifaft l'ohjetde lasollici^ tu^ paternelle du roi, rétablissement d^uné paix et d'une union durablies avec tas coloâies^: mais si les préjugés trop enracinés de l'Amérique, et la nécessité ^empêcher son commerce de passer par dès eanaus étrangers, jdoivenl entretenir nos divisions , je regretterai Ke» vitefment , et corn mfe particulier et eômme bottime pwbHc, qu0 ce moment ne soil pas propre k atteindra les graiids objets de moin ambition , et qijé je me voie privé plus long-temps de l'occasion dé vous aîssiirét personnellement de Festrme'àveè laquelle je suis votre sincère et affectionné senriteiir, ^