‹ Mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 2 sur 4 · IT · texte numérisé non relu

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En parcourant l’histoire de l'instruction dans le pays, en en suivant les progrès et les developpemens, on ne peut s'empêcher de remarquer

qu’en tout temps, depuis le jour où la première lettre de l'alphabet a été enseigné dans le pays, jusqu’à l’époque actuelle, l'éducation a été encouragée, protégée, propagée par les classes instruites de la colonie et particulicrement par notre clergé. Je dis particulièrement par notre clergé, car pour l’homme qui veut faire l'historique de l’éducation dans le Bas-Canada, il est aussi impossible de passer sous silence le rôle qu’a joué le clergé catholique dans cette question qu’il le scrait de taire le nom de Christophe Colomb dans une histoire du Nouveau-Monde ; qu’il le serait de ne point parler de Champlain quand on parle de Québec.

Tout était à créer en Canada pour ceux qui y abordèrent les premiers. L’homme et la nature qui apparurent d’abord aux yeux étonnés des Européens, étaient l’homme et la nature ‘à l’état sauvage. Les premiers Boins, je dirai le principal objet de tous nos établissements furent donc d’arracher à l’état sauvage ces peuplades nombreuses qui cantonnaient sur nos rives. Nos plus anciennes traditions historiques, comme les documens officiels des rois de France qui s’intéressèrent à la colonie, en attestent encore la vérité. L’immigration lente et peu considérable qui s’y dirigea durant la dernière moitié du 16e siècle, ne ét rien faire pour changer la face de la nature. Tout au contraire, la nature sauvage domina encore, elle conquit à elle-même ces prétendus pionniers de la civilisation—elie les absorba— et la grande majorité des premiers européens qui remontèrent le cours de notre fleuve, disparurent dans les bois, s’engloutirent dans la nature sauvage pour ne reparaître que plus tard sous les murs que bâtit Champlain. Ainsi l’homme ct la société étaient à créer, et nosannales les plus anciennes nous montrent le missionnaire ct l’instituteur présidant au grand œuvre. “ Les premiers Français, dit Raynal, étaient

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carcasses de vaisseaux abandonnés témoignèrent seules pendant quelque temps de son passage sur nos terres ; et aujourd’hui, un ruisseau qui porte son nom, quelques notes rares mais bien précieuses sur deux ou trois voyages qu’il fit dans notre fleuve, sont les seules choses qui rappellent encore le nom du célèbre navigateur.

Mais la route était ouverte, et elle fut fréquentée,

S’y jetèrent tous ceux que la fortune ou le commerce n’ayait point favorisé dans la mèrepatrie,—tous ces esprits fatigués et inquiets et toujours avides d'émotions nouvelles, qui voyaient s’ouvrir devant eux un monde nouveau, des fieuves immenses, des lacs grands comme des mers, des forêts qui ne finissaient qu'aux pôles, et qui recélaient dans leur sein des trésors inépuisables. S’y jetèrent tous ces cadets de famille ruinés ou déshérités, quelques familles nobles qui, avec la permission du roi, pouvaient sans déroger, refaire leur fortune dans le commerce et rétablir le lustre usé de leurs maisons. Pendant près d’un siècle, tous ces colons de nouvelle espèce montèrent de lacs en lacs, passèrent de montagnes en montagnes, ne se fixant nulle part, et se livrant sans réserve à cette vie sauvage dont la nouveauté avait pour eux tant d’attraits.

Ce ne fut donc que 63 ans plus tard que Champlain fonda le premier établissement permanent des Français dans le Canada. Dès ce moment, le coureur des bois, le trafiquant de pelleteries, le Français devenu demi sauvage eut un pied à terre dans Québec. Ses habitudes farouches se tempérèrent, ses dispositions à la vie errante se fatiguèrent et la vue du sol fertile lui inspira le goût d’occupations plus paisibles. A son tour, il se fixa sur les bords du fleuve, et forma nos premières paroïsses.

Bientôt le Canada devint plus connu en Fran-

venus se jeter plutôt que s’établir en Canada s, : de .œspnetimtaigratieh plis saine.s’y porta, et la

la plupart s'étaient contentés de courir les: *|: bois; les plus raisonnables avaient essayé

quelque culture, mais sans choix et sans suite. Un terrein où l’on avait bâti et semé, était aussi légèrement abandonné que défriché.”?

Ces quelques mots de Raynal donnent une idée assez correcte du caractère de la première immigration qui descendit sur nos rivages.

Ce fut l’esprit d'aventures qui poussa Jacques Cartier et ses compagnons dans notre Fleuve ; et ceux qui l’accompagnèrent dans ses courses, suivirent ses traces ou continuèrent ses voyages n'étaient mûs que par les mêmes sentimens.

Jacques Cartier, malgré les désirs ardents w’il eut de voir se former des établissements ans des contrées où il était venu arborer le pavillon de sa nation, malgré ses travaux, ses voyages, ses supplications ne put se féliciter en mourant de laisser derrière lui quelques vestiges de ses longues pérégrinations. Deux

« popllètibn, croiskan de plus en-plus, mérita au

pays l'appellation de la Nouvelle France.

Mais la religion avait suivi partout l’immigré Français : elle avait avec lui traversé l’'Océan, remonté nos fleuves, pénétré dans nos forêts, répandu la civilisation, la foi, jusqu’à son sang sur ces terres inconnues, et elle devait encore y allumer le flambeau de l’éducation.

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La réunion de quelques cabanes pauvrement bâties, le défrichement de quelques arpents de terre sur le mont Stadacona, la conversion de quelques centaines de sauvages à Sillery suscitèrent bientôt des besoins nouveaux.

Dès 1632, vingt cinq ans à peine après la fondation de Québec, le collége de Québec, sous la direction des Jésuites, commençait l’enseignement. Le Père Le Jeune a déjà deux écoliers auxquels il enseigne àlire. Ce

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