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Mémoires sur le comté de Neuchâtel en Suisse

» C'est chose dîgne de pîtië^ » dît l'auteur de l'ouvrage que nous publions aujourd'hui, « de u voir tant de gêna assez instruits de l'histoire » grecque et romaine, et très-igmures au re- » gard de leur nation et singulièrement de la » contrée qu'ib habitent. » Les choses n'ont pas changé depuis, le temps où il écrivait, et l'habitude s'est oons^yée d'étudier l'histoire des pays étrangers de préférence à celle de la- Suisse, et l'histoire de la Suisse de préférâtes à celle du cantcm en particulier..

On a souvent répété que cette dernière n'était qu'une aride nornoodature de seigneurs, de comtes et de barons, et Ton en a conclu qu'elle était dénuée d'intérêt pour les rteudiâtehûs eux-mêmes. Après, avoir négligé cette étude dans sa jeunesse, il est assez rare qu'on y revienne daiis un âge plus avancé, et c'est ainsi que ntms voyons tant de nos compatriotes qui possèdent d'ailleurs des connaissances de plm d'un genre , rester étrangers à une étude

dont ils retireraient autant d'utilité que d'agrément. Cependant l'histoire du canton est celle qui nous touche de plus prèsj c'est d'ailleurs un fragment intéressant de celle de la nation

L'ouvrage que nous publions aujourd'hui, n'est pas de nature à remplir à lui seul cette lacune de notre système d'éducation publique , mais il peut contribuer à ce résultat. Les Mémoires du chancelier de Montmollin ne sont autre chose qu'un recueil raisonné d'événemens d'un intérêt tout national , et l'auteur ayant écrit pour sa famille plutôt que pour le public, n'a pas songé à faire de son ouvrage un traité complet et méthodique sur l'histoire de son pays. « Mon dessein est seulement, » dit-il luimême, « de fournir un index qui pourrait uu >» jour être mis en liaison et récit par quelque » homme de bien suflisamment éclairé , lequel » ne manquerait de se faire grand honneur en » oiFrant tel beau présent à ce pays. » D'ailleurs il écrivait vers la fin du dix-septième siècle , quelques années avant que la principauté passât sous la domination de la maison de Brandebourg, et personne n'a songé a continuer son manuscrit, en y ajoutant les événemens du dix-

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huitième siècle et ceux de notre époque : du moins, si ces documens lùstofiques existent, on ne les connaît pas>

Il y a bien long-temps qu'on parle des M^ moires du chancelier ; la plupart d'entre nous en parlent sur des ouï-dire ou d'après des fragmens isolés, le petit nombre après les avoir lus de manière à pouvoir justement les apprécier. Citons, entr'autres éloges , celui qu'en a fait le judicieux auteur de- la statistique-du- canton, publiée en 1818. « A la tête du petit nombre » de Neuchâtelois , » dit-il, k dont les jn-oduc'- » tiens littéraires méritent d'être rapportées, >i on peut placer le chancelier de Montmollih n mort au commencement du siècle dernier, » dont les mémoires historiques et politiques, I) écrits avec autant de darté que de force, at- » testent un esprit cultivé etle jugement le plus » sain. » L'auteur du troisième Jubilé de la réformation écrivait dernièrement encore : « Quiconque a lu ces Mémoires, se demande : )> pourquoi un tel ouvrage ne s'imprime-t-il >i pas? »

Les éditeurs des Mémoires n'ont point à s'occi^r des causes qui en ont pendant si longtemps empêché la publication -, ils se bornent à

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