‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 21 sur 32 · IM · texte numérisé non relu

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qui devaient bien s'être multipliées depuis Taffi^n- Chissemenl des bourgeois de Neuchâtel et de ceux de Neureux, tous libres de posséder, et pouvant partant avoir souvent maille ■ partir de long et de large, tant avecles nobles qu'avec les gens d'église, soit entre euxmêmes. Probable est-Il que par les assises du dedans il faut entendre le tribunal suprême auquel présidait le comte en son chastel , et par assises du dehors ces juges autrefois «nvoyés çk et là dans le pays, comme OQ sait, pour prendre une première corinaissance des dtose^en litige, voire les juger et finir selon la nature ou valeur du sujet.

J'observe en passant que , s'il ne reste trace aucime^ de la ville de Neureux , au regard surtout de ses murs, tours et fossés, il ne faut s'étonner si nous ne voyons oui vestige bien visible de ranctenne Noïdenolex, détruite 800 ans avant la fondatû>n de Neureux.

J'tJjsen'eeofiù que les écrivains suisses et allemalids, eh pariant de l'eipédition contre l'évéque de Strasbourg en ta6i , assnrent que Henri comte de Neuchâtel était AU nombre des ligueurs. Or ce Henri était le baron tte T-hieUe, feère du comte de Neuchâtel, Rodolphe IV. De môme en 1367 ils disent queil'évéque de Bâle appda à son secours ses frères > les comtés de Neuchâtel^ d'Arbo-getâeNiditu. Or crax-ci n'étaient, le premier que son neveu , et l«s autres ses ^tits neveux. Bon dé dire qu'il ne :se voit qu'erreurs pareilles et si fM-* qftentes que c'est peine non petite de les redresser à tont coap.'

ONziÈME COStTE.

(J370*). LacoihtésâeSybifle, curalrkie:et régente, oonjointenieirf -aroc Ulrich comte d'Arberg,.entreprend de faire parlage:entre ses axenfanaj mais -méditant bien sagement de ne donner que des rentes aux^cit- ^dets dont denx étaient d'église, et par ainEii soiltenir la «oaisoil en la personne du comte Amédée fils aine, drscords et débats s'élèvent à «e sujet. Geqwt voyant Sybille, elle: engage son père, Thierry deMont*béliard,.à vemr à Neuchitld mettre' sesenftms'^ac* cord : ce qm s'eâêetué piir'aelèxla<£> :ao«ït, sous les sceaus de Thierry , d'Amédée et da^ehapitra. Âmédée est comte de NetKJriitcl'; Jèfaan^ jwévôt du diapitrey re< çoit (pieltfaeS' droks en otnsen^la baronnieidaiYamH Tr«verB,'à charge d'boitHitage^Richirrd, chatKÔKte de Neacb&tel et xasà de- Lyon^i reçoit ôoo.hvres vien^ iK>ises; Henvi alaèiarDBBie^'Iliidle,.à efaitt'ged'boni'mage; Agnès et Marguerite, feçoirenî cbiioune 5oo Byres vienacâses; Après lequel partage, Sybille amrait tont d'abord remis l'adinin'fatrdtioiniHz comte Amédés qui ^tait majeur^ si cette sage^mèrc M régente^ n'aviiit jugé utile et convenable , de concert avec le coirted'Arberg, co-régent, de moyenner paix et accord avec l'évêque de Lausanne au regard de l'interdit jeté si» Weu-

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cfa&tel , avant de remettre l'autonté an oomte Amédée^ d'humeur trop prompte et bouillante pour faire bonne chevance avec le |vélat, homme ardent aussi.

(1271*). Ulrich dcNèuchâtel, comte d'Arberg et sei^eur de Vaiangin, voulant brid^ les incarnons et dégâts dn comte de Habsbourg , fonde la petite ville d'Arberg, tout à côté du château, lll'entoure de fortes murailles et totirs avec fossés pleins d'eau tirée de l'Aar, et invite ses sujets de Valanginà venir l'aider de leurs bras et charrois, ce qo'ils font fort agréablem«it; pour lequel sCTvice, Ûlrîeh les affintnchit à toujours du péage en la ville d'Arberg.

(1272 *). L'évéque de Bâle, Henri de N^icb^el, attaqué de nouveau par Rodolphe de Hababoorg, sollicite vivement le comte Amédéé d'aller à son secours, feisant de phis fort ses belles promesses accoutumées. Amédée qui ne demande qu'à jouer des poings, arme incontinent, et pour foire bonne diva^ion, vn que Rodolphe de Habsbourg est devant B^e, il arrive à i'improvisle devant le château de Hîd)sbourg qu'il surprend, saccage et réduit en cendre», la jeunesse bomv geoise accompagne le comte Amédée en celte expédia tion , malgré les remonti-ances des ministrals qui bien sagement avaient refusé leur bandière à l'évéquci A l'ouïe dn sac et brandons de son château, Rodolphe de Habsbourg, en grand courroux, médite revanche, déloge |H%stement de devant Bàle et tire droit sur Neuehàtet. Arrivé à l'abbaye de St. Jehan pour y passer la Thidle, il voit l'évéque posté au-dessus de Neureux, et apprend qu' Amédée, revenu en hâte, tient bon- poste

(*) Baillods.

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aux roches sur St. Kaise, en telle -sorte tjue ne'voufent se mettre entre deux feux, il est cootraiiit de s'en retourner, irrité de plus fctft et bien .mal content.

Bien que laoomtesseSybilleeAt partagé la fermeté de Rodolphe IV-, son défunt mari, au regard de ta nouvelle monnaie de l'évêque de Lausanne, toutefois en prudente et sage régente, eUe avait cherché à mettre fin au dîscord, et Jehan, sou fils, pi'évdt de la collégiale, avait été par elle envoyé devers le prélat pour s'aboucher et lui faire -entendre que sa monnaie ne sera reçue en la -conlté que sous certaines conditions et astrictions, et moyennant qu'il conmience par lever l'interdit. L'éréque voyant bien que sa verge ne iVappe que l'air, retire tout d'abord l'excommuoication, et manifeste grand désir de parlementer et s'accerder. Le prévôt Jdian étant de retour, Sybille convoque les mêmes chanoines, vassaux -et bourgeois, pour avoir leur avis, ainsi qu'avaitfait Rodolphe soojnari. 11 est^ésolu en celte assemblée que la nouvelle monnaie poarra être reçue sous certaines conditions et réserves <d~ après indiquées. Le prélat souscrit à tout, et cette noise aansi amenée à fin, Sybille remet l'administration des attires au ctmite Amédée, son fils majeur et marié depuis ^usieurs années, maïs presque toujours à la g:uerre. Il avait épousé Jordanne de Ncuchâtel-Arberg, sa cousine ou tante à la mode de Bretagne.

Remarques. On apprend par le chanoine Baillods que k récit de cette querelle était couché sur le vieux missel, de la main du prévôt Jehan de Neucbâtcl, et que tant au regard du règne d' Amédée que de celui du comte Rollîn, fils et successeur d' Amédée, le même

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pr^Ôl Jehan enavkil^téleprincipalécrfvain du chapitre tant au vieux missd qu'au cartulaire. Or il est à propos d'indiquer ici le vrai- point de la contestatioD et les eoadibons du règlement fiU' regard'de la-dite moDRaie, mabère assez curieuse. L'évéque de Lausanne, Jehan de Cossonay, homme avide de curée, avait fait publier en tout son diocèse que la livre lausannoise vaudrait dans Ift suite ao gros au lieu de la, d'autant, disaitil, que sa nouvelle monnaie portait intrinséquonent cette valeur; mais elle était en si petite quantité qu'on n'en- voyait quasi point. Toutefois il -entendait que les redevances en aigrit lui seraient payées sur le pied de la DonveUe4ivf e^ Or, comme la livre viennoise valant T-a gros ^it d'un usage ancien dans toute la Suisse romime, et toujours la plus abondante, c'était aussi en sols- et deniers viennois que les accensemens être* devances avaient été stipulés à leur établissement primitift Partant le brave prélat avait dessein d^augmenter ainsi dd i3 à 20 son revenu, du moins au r^ard- de ses droitsen argent; car cslui-'là, par exemple, qui>d&vait 5- sols, ne pouvant se procui-er^des- espèces lausannoises^ était obligé de donner 5 sols viennois, monnaie alors commune et courante, vu que 5 sole viennois répondaient à 3 sols lausannois de nouvelle fabrique. Or il avait été vérifié et reconnu que- la dite monnaie neuve, bien que haussée de deux cinquièmes^^ avait tout au pltt& la réelle valeur de la viennoise, et partant que le pasteur faisait le larron au milieu de ses brebis, en telle sorte que le comte Rodolphe IV, et, afvès lui-, la comtesse Sybille méritent louange de n'a- VOH* voulu soufirir pareille besogne, ni pris souci d«

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l'ioiterdit kncé par l'évéqae^ fermeté cCTtes toute remarquable alors, ainsi que je l'ai déjà obserré. II. en advintque le prélat, voyant l'inublité de son Umaerre, dont le syre de'NeucbAtel, eneonUe les ministrals et bourgeois, se moquaicait d'un merveilleux accord, fut d>ligé de caler, et par l'accommodement il fut ré^ : i" que la nouveUe monnaie lausannoise aurait cottffi dains la comté, moyennant qu'elle comportât la t^éeUe valeur de son esUmation : a" qu'elle n'appcvterait mil préjadice à l'argent viennois, lequel continuerait à servir, comme d'ancienneté. Toutefois il impcvte de remarquer qu'insensiblement, et maljip^ la sagesse du règlement, cette nouvelle monnaie lausanot^se prit cours. On s'accoatuma petit à petit à compter argmt lausannois en ee pays, comme en tout le diocèse, quand bien la valeur des espèces nouvelles ne fol pas amendée. Les accensemens octroyés dès lors furent souvent réglés sur le pied d'ai^^it- lausanntàs,' la livre de ao gros, monnaie que les évéqoes eurent st»n dé multiplier successivement, tpiand ils virait qu'elle prenait racâne. Ddà la distinction entre la livre lausannoise de 30 gros et la livre viennoise ou faible de la gros. Qui croira que c'est «iFrancbe-Comlé, en cette armoire de Dole dont j'ai fait siention ci-dëVimt, que j'ai trouvé l'acte original par lequel fut teivHné le débat ci-de^as, et le cours acccoMlé à la nouvelle mooaaie lausannoise? ^os Sfbâia domma Novi Castri, s'intitulait k régente en cet acte; plus bas on lisait : Ulrickus autem nobiscum domirua Novi Castri kuic statuio suum débet prœberé conaensum. Cet Ulrich était le comte d'Arberg, seignair dé Valangin, grand

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«nclè, 4«s «i&Ds de %biUe et cp-rég«^ par-valciUé do^mèFe du.icomte ïwdol^be IV. C'est là le vnùtseus à doimer À,ws mois n^iscum dommus,. smEsenlu?»gés en ces liemps-<là>. engage qui a souTCtttbNjwpé les hisiori^set surtout dos coiQfntAtïiw». Ejiifletacte on trouvait ces roots : Siafymim tma cum. èurgemâus nostris de Novo Ctutro, uiumimùer concordavinms ^uod in pr^dictâ terrâ-nostrd p^(ediottmf:T90t»lt<im léimanensem de cœfem^çleKtwùversiMc.

Bien qu!inU*lulis . domini é»w l'acte, touteifiHS . i^ Sybille. pi Ulrich d'Arberg n'aj^sèr^nt point leurs isçeaux ep.eet instrument; on y voit celui du çaoïte Awédée,.wcore-8PUS,tuteye,ïBais;8ei^^arn^6es«ùre par la natwe de la seigpçuri* -.Mtfi^m amo i»'j9 })Hense.jiugii5tL.0n voit ici, «me fieinble,.,des oï>jets de droit public digO«s. d'attention, i" Dans i cet acte, »inÀquedanalesoctroisdesfrancfai$esde]SefJ£h&tel9nnée i3i4,.etdeNeureux.auoée i960, n9$cowtes,.S£ignf;vu'£',du premier r-wg, voire hors dç p^ge, comqie bien d'autces, .«gissaient^ statuaient, traitaient en ^or vergins, sans,, faire nulle mention ni réserve d'auçui» sup&ieur, éminence dont U fallut làea rabattre sous le règne aiivant, comme on le voxa, et qm heureusement, est hwatefois revenue à flot par aj>j:ès,; inêjnemeut, avpc |dé*ùtude de souveraîjieté, coipmeJl se voitàoe jour- 3°>L'flrdre delà succession s'établissait de plus en plus par un usagç^qui s'est perpétué Jus- <{ues à maintenant j app^^mt le^màlesavastles.féaweUes -«t lèsaîoés, ayant les cadets, règle qui.fait chez nous «n hewreojc mélange des lois féodal^ de VemjHre avec tes us de Bourgogne. 3° Le syre de Neuchâtel ne meurt

point; an même moment qu'il ferme les yeux, la seigneurie saisit le fins prochain dans la fdus prochaine Ûcne, fî!kt-il au berceau, auquel cas ses tuteur» régentent, mais toujours au nom et sous le scel du sire. Ce fut donc conformément à cette doctrine que Sjbille et Ulrich se disant, celle-là domina, celui^i dominas Jfon Casirif et l'étant par le fait comme régents, n'agirent et statuèrent toutefois en ce rencontre qu'au nom et sous le scel d'Amédée, seul seigneur comte. 4* I^épélition de la même assemblée de chanoines, àe vassaux et de bourgeois, clergé, ni^lesse et tiers-état, offrant la naissante image des audiences ou états dn pays, ainsi convoqués au commencemwit pour dire leur sentiment par voie de consultation en des occurrences ardues, laquelle assemblée, plus régulière dans la suite , exerça le pouvoir législatif. 5° La ville et bourgewsie de Neuchâtel était donc déjà en pleine possession , ensuite de ses fi^nchises, d'avoir son mot à dire, lorsqu'il s'agissait de statuts et réglemens seigneuriaux f voire en matière de monnaies, comme le-jm^uvent les termes remarquables en l'acte ci-dessus mmtionné : siatuimus unà cum burgensibus nostris , etc.

(i 275 *). La guerre continue de fdus fort entre Rodolphe comte de Hab^ourg et Henri, évéque de Bâle. Cdui-ci demande avec grandes instanees un prompt secours au comte Amédée qui arme incontinent. Cinquante jeunes bourgeois veulent être de la fête, et s'acheminant des premia-s, par imprudence ils tombent dans une embuscade : partie sont taillés en pièces, partie se saitvent; quelques-uns sont amenés prisonniers au comte

O MS. de htàe. B«iUad«.

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de Habsbourg lecpiel, en iîirie [mur ta ruine de son château brûlé l'an devant, leur fait couper le poing droit, en f^nise de rançon, elles renvoie. U met le siège devant BAle, et Bi ^reçoit Tagréablé nouvelle de son élévation à l'empa*. L'évéque Henri, rusé politique, se Mte de reconnaître son plus mortel ennemi pour son seigneur, et lui ouvre incontinent les portes. Le comte Ainéd^, an Keu de suivre l'exemple de son vieux renard d'oncle, revient en disant tout haut qu'il ne veut fléchir devant le coupeur de pmngs.

Au milieu de septembre meurt Henri de Neuchâld, évéque de Bâle, après avf»r légué par testament à son siège le bailliage héréditaire de Sienne, dont il n'avait toutefoisqueTusufruit. A l'ouïe de cette disposition, le comte Amédée justement indigné, s*empare de là ville de Bienne et de tout le bailliage ^1274 *■)

Remarques. Cetévêque, Henri de Neuchâtel, fut un maître homme selon le monde, mais un vrai bélitre selon Dieu, justice et raison. Il fonda le petit Bàle; il acquit par argent Porentrui, Féretle et autres lieux; iï fonda et renta l'église àfe S'errières dont fl' remit la collation an chapitre de Sti. Imier, laquelle collation, alors de ta réformation, passa es mains de la ville de Bienne, de qui les ministraux Facquirent. Mais on peut bien dire que cet évêque, sans entrailles pour son sang, ne montra qu'une perverse doctrined'ambition, d'astuce et autres mauvaiselés mondaines; car, quoiiqu'en die le manuscrit ou cartulaire de Bâle, il n'était nullement propriétaire du bailliage de Bienne, mais en avait la simple jouissance, par accord ei-klevant rapporté année 134g. 11 ne sut faire autre chosequeti«mper

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- *M - «es neveux et peûts neveux. par Celles -{ironiesse^ deleur remettre bientôt les grands, biens qu'il teu^it du ekezaul, et par:ce leurre et autres eajd.eries^Ies.eii-7 trainaaten ses-querellefi au ristpe de leur Kutne totale.

(laSS *). Après avoir guerroyé jteacjant près de dix ans conU<e l'évéque. de Bàle, succ«s^qr de Hepri, de Neuchâtel, le comte Amédée^oe-pouwantrestM-'W^tre Iranquille du bailliage de fiienne, £ùt ligue ptwr veair une bonne £013 à. bout du prélat. Les ligueurs sont Renaud de Bourgogne, son gendre, elles ccanles d'Arberg, de Kidau et de Gruyères. X^a ville deNeuchâld ofire sa bandière au comje quï lUtccepte. L'iv^œ voyant l'orage prêt à fondre- eur.lui, 4^>écbe incontinent vers l'empereur Bodolphe I"', qu'il sait être grandf ennemi. d'Amédée, et met habilement. tous, les droits de son siège en la particulière prot^tîon impériale. Aussitôt l'empereur prend hautement le.partt de l'évêque, déclarant que la douation-iaile au siège del}^ doit ■wifoir son plein eflet, le tout avec menaces d'y contraindre les opposans. ]Le coaUe-Amédée est obligé de plier S0U& le poids de la force majeure. La maison de- Neuchàtel perd ainsi à toujours les beaux et hoqs pays, qui composaient le bailliage héréditaire de Bienne, savoir la nlle et mairie de, Bienne, le Val-de-St-r-Imi^ et le pays nommé- aujourd'hui châtelainie de la Neuve ou Bonne Ville et montagne de Diesse.

(t3Ô4)- L'évéque ainsi mis en possession parTempereur, fait construire incontinent le château deScblosbe^surlafroatière,.non loin de Meureux,. endroit par lequel le comte Amédée était entré [dusieuFS fois dans.

ie bailliage de Bienne. Far griuide amitié pour son frère J«han> prévôt du chapitre, le comte Amédée Im rraaet eu jonissance toute la baronnie du Valnlfr-Tr»rers, par acte du jour après .la fête St. Nicolas, à diarge d'hommage, et sous clause de retour après la m^t du prévôt. Celui-ci auguieote le temporel des béné^tins de St. Pierre du Moutiers. (ia85.)

Âmédée meurt, laissant de Jordanue de Neufchàtel- Arberg, fille d'Ulrich U, comte d'Arberg, deux fils en bas ige et cinq filles majeures. Far son test^nent le comte Amédée déclare son fils aimé Rodol^die comte, sous la tutelle du prévôt Jebait et du i^iKHne Atchai>d, ses oncles, nommés régess : le cadet Amédée devra être noblement entretenu, et recevoir étant majeur des rentes suffisantes pour soutenir noblesse. L'ainée des einq filles, GuilkiHaette, mariée à Renaud, [lalatin ou fils du palatin de Bourgogne, avwt été dotée par son bisaïeul, Thieiry, comte de Hontbéliard, lequel, sans postérité mâle, la fit sa principale héritière. Les quatre filles cadettes sont dotées en argent, 600 livres lausannoises à chacune des deux qui sont dans le monde, et 40 livres de rente à chacune des deux qui sont religieuses. La disposition de deniière volonté du eomte Amédée fut certes toute judicieuse; il profila de la rude leçon qu'il venait de recevoir par la pwte du grand et beau bailliage héréditaire de Bienne, lequel serait toujours resté au chezaul sans le iatal partage de ia48.

Le chanoine BaiUods, en parlant de Renaud de Bourgogne, l'appelle tantôt palatin, tantôt fils dii palatin; ce que j'ai négligé de rechercher dans les JHSto-

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riens^ el qu'il aéra bon de vér'&er-. SAr est-H que Guillaumette, fille- aînée du comte Amédée, apporta au dit Renaud de Bourgogne le comté de Montbéliard3 et qu'elle forma là* souche des comtes de Montbélîard d'aujourd'hui, lesquels ne manqueront de se présenter alors de l'ouverture prochaioe, quand- Madame de présent, dernière de la quatrième race ou maison d'Orléans, décédera. Car tes dits comtes de Montbéliard sont biiïn et réellement issus deGuillaumette, et partant de la première race ou maison- de rieuohàtel. Je-sais qu'bn tient déjà de ce côté là toutes prèles, les pièces et preuves-convenables, pour la demande en investiture. Qui vivra verra ces demandeurs là et bien d'autres

RODraiPlOi: V ou ROLLIN,

tN>DZIÈMB COMTK,

(1386*). Agé seulement) de sept ans j ce jeune comte a de bons tuteurs en la personne de l'un et l'autre de ses oncles, qui prennent^and soin de bien régenter au-dedans, et d'entretenir an dehors bonne intelligence avec les vcnsins.

(1288). L'empereur Rodolphe I" ajranl amené heureusement à fin ses grands projets d'agrandissement en Allemagne, se tourne du côté de l'Helvétie, pour

^ BaOlodi.

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y rétablir l'autorité impériale j méconnue de toutes partE^'ioédilant au même temps de tira* vengeance 4e ceux-là qui s'étaientautrefois montrés ses mnen)is,alOT8 <pi'il n'étaitque comte de Habsbourg. U arrive -devant Berne avec une puissante armée au mois de Mai, donne deux asstruts, est vigoureusement repoussé-et se retire. 11 revifflit en SeptemWe mettre de nouveau le siège devant Berne , disant hautementqu'à celte fois il se fera justice de ses anciens ennemis, entre lesquels il désigne spécialement les sjresdeNeuchàtel. A l'ouïe de ces choses, les régents résolvent de se rendre incontinent au camp de l'empereur devant Berne, et'd'yniener le peut comte Rollin , leur pupille et neveu « espérant que sa ^ande jeunesse et singulière beauté adouciront la colère du redouté empereur : mais il n'y a moyen ; le pauvre enfant est obligé de résigner sa comté entre les maîns du terrible comte Rodolphe de Habsbourg , aujourd'hui empereur, lequel en fait don au comte de Chàlons, Jehan U. Celui - ci la remet aussitôt au petit comte Kollin,mais'commefîef relevant désormaisde la maison de Châlons. Partant le comte de Neucbàtel est déchu de sa qualité de seigneur du premier rang, en cessant d'être vassal immédiat de l'empire , voire souverain de fait, et n'est plus qu'au second rang, comme arrièrevassal. Voyez, la première partie, page 3o et suivantes, la déduction spécifique de tout ce qui se passa et s'ensuivit en cette occurrence, laquelle déduction j'ai pu tirer moi-même des titres originaux, conservés au château de Trye en Normandie. Je ne dois obmettre de dire que la narration du chanoine Jacques Baillods est en tous points conforme aux dits titres. ''

(rago *). Les r^os contractent' alliance' avec la TÏlle de Fribourg, an nom du' comte RoUift. Le chapitre ainsi qiie la rilleet bourgeoisie de Neuchàtel, sont nommés dans le traité , comme y ayant une certaine part.

Remm-quei. Le dît traité ne se trouve pas chez nous, et je n'ai pu me le procurer de Fribonrg, où il ne- se trouve pas non plus. Toutefois il en est fait une honorable mention dans le traité d'alliance et de combourgeoisie, conclu avec ce canton par le comte Philippe, l'an i495- On y lit ces paroles remarquables : « les « comtes et bourgeois de Neuchâtrfy d'une part, et les M plus anciens de Fribourg, étaient dé{à en si étroite » union l'an 1 290 , qu'il leur en adrint grand profit. » Certes, si l'on avait encore cet ancien et curieux traite, quand on conclut celui de i495, c'est vergogne de ne l'avoir plus.

(1291 *). Les Friboui^^eois demandent que la bandière du ctwnte et celle de la ville se joignent k la ligue formée contre Berne. Les régens répondent que Fribourg étant attaquant et non attaqué , la bandière du comte de Neuchâteî ne doit marcher à leur aide , n'étant ici le lieu de fournir secours, d'autant que le comte lern- pupille et neveu , n'étant âgé que de dix ans , pourrait quelque jour les Uâmer justement d'avoir pris part en une querelle que le traité ne peut épouser. Les minïstrals, après avoir sagement consulté les régens, répondent de même; mais on ne peut retenir les jeunes bourgeois cmieux des armes. Presque tous courent d'eux-mêmes joindre ceux de Fribourg.

(*) Bailiods.

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RèTtiartjues. Nos compilateur disait que le comte de Nenchfltel joignit âes troupes à celles des eenemis de Bertve ; mais Us «nt été trompés par une conformité de noms, en ce que ce ne iîit pas RoUin ou Rodolphe V, encore enfant, mais bien Rodolphe de Neuchâlel comte de Nidau. On ne aaaniit trop répéter' que- les chroniqueurs Suisses, aMsi que F'anderbuck, auteur de k <^ronique de SavtHe , et aprèseux tons , Plantm en sa République, ont souvent appelé comtes de Neut^tel divers mâles- des iH-anches cadettes du ehezaùl.

( I ag»). La ville -de Genève est assailliepar le Comte du Genevois, qui ne peut s'en rendre inaiUre. Toutefois ily oause'un- grand incendie qui déaoleles.h^tans, les* quelSj'inibrniés du bon accueil que les sires de Neuchâtel font aœt- étrangers qui viemient se constituer laore sujets, tretue pères defitmitle sollicitent les f6fçeas de leur octroyer l'abergement en tel canton du Vawx-Travers qu'il leur plaira- lew bailler à défricher, ce qai'k<ar«8t-agréabtëm«it accordé à de bonnes conditions. Lçs cô-seigaeors de Valàngin , Jehan et Thiétonch oU'Dietherich de Ncuchâtel-Arberg frères, apprenant-ces> choses-, font offrir des conditions encore plus favorables- aux Genevois, lesquels viennent au nombre de 45'fettiilles-s'établTr ata Val-de-R«l, dans lesboîsau-d«9SUSiies^^tege^eCà%-aneetdeFbntaiàe, etquelques-unsattdessns-deSt'.-MartinîoriginedeSTillages oomméS'Oénevaisoti Genevois; originedésfrancsabergeants-, primitivement surnommés genevaisans , tant au VauîE-TniVers qu'an Vaûx-de^Ruz. Voyez en vaan Mémoire de 1668, qurfle-ftrt la condition primordiale de cette classe dp sujets , el les changemenset adou-

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cissemens obtenus par euxdans la suite ; renvoyant égalaient au dit mémcHre, pour tout ce qui couceroè I«s divers genres d'aSranchissemens de plusieurs autres classes de sujets, dont la liberté fut acquise à àiiïérentes époques, conditions et dénominations. L'homme de bira qui entreprendra d'écrire l'histoire de l'état, devra loger chaque classe en son lieu et date , et pour ce, trouvera en mon dit mémoire toutes choses déduites avec suffisante clarté et preuves indiquées.

(1395 *). Depuis quelque teiaps dé^, les «o-seigneurs de Yalangin, J^an et Hiiéteric de Neuch^tel- Arberg, frères, manifestent vouloir se soustraire à la i%levance, et profiter de la grande jeunesse du cqBtte Rolhn, leur seigneur dominant, témoignadt du mépris pour les régens, vu qu'ils sont d'église. Ceux-ci sagement dissimulent, et toutefois font épier seigo^ir sèment les dits vassaux qui lèvent enfu^ le mast^, se rangeant sous la domination de l'évéque de BAle avec l^uet ils ont comploté cette félonie. Les r^ens en étant instmits, convoquent aussitôt divers du chapitre, tous les vassaux et les principaux des bourgeois^ à ceik fin d'avoir leur avis, v^ la ipiporité du sÀgneOc comtej et aussi s'assurer bt^nç-aidie. D'un commun accord, les régens sont fortement conviés d'i^mer incontinent contre les félons. Les seigneurs vassaux et les bour-f geois demandent toifs ii marcher. Le jeune comte âgé de 16 ans, présent à cffl discours, se met à battre des mains et pleure de joîe. Les bourgeois sont des fa-emiers à courre aux armes sou$ leur bandière; celle de Neureux arrive d'abfiFd a)usi. Les seigneurs féotiers a

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ncnt tous leurs gens d'annes. Henri de Neucbâtel, seigneur de Colombier et Amédée du Vaux-Travers, tous deux chevaliers, sont mis à la tête des troupes. Le jeune comte Rollia demande avec grandes prière* d'être aussi' de la fêtej les régens ne peuvent vaincre ses instances, et l'un d'eux , Richard l'accompagne. Les seigneurs de Valangiu, bien que l'évêque de Bâle les ait jointe avec plusieurs mille des siens, sont déconfits et faits prisonniers es champs de Coflrane; le prélat se sauve presqiie seul. Les dits vassaux félons et prisonniers sont amenés à Neuchâtel; lÀ ils implorent merci . Grâce leur est accordée aux conditions suivantes : i" de se reconnaître félons envers leur légitime seigneur, parlant de fournir deux têtes d'argent pesant 25 marcs chacune, eu signe de réachat de leurs propres têtes qu'ils ont mérité de perdre pour leur félonie : lesquelles deux têtes d'argent seront posées au maîtreautel de l'église de Notre-Dame de Neuchâtel : a" de prêter foi et hommage au seigneur comte sous bâton levé : 3° de retirer *t annuler l'acte de féauté traîtreusemwit passé par eux en feveur de l'évêque de Bâle, et de remettre le dit acte au seigneur comte : 4° Le dit seigneur comte reprend et retient à lui Boudevilliers et son district, dont limites seront réglées sur place. 5° Le seigneur comte retire également le bourg et château de Valàngîn cédé mal et méchamment à' l'évêque de Bâle par les dits féotiers félons; toutefois le dit seigneur comte en remet la jouissance aux dits féotiers pour aussi long-temps qu'ils garderont fidélité. 6° Les dits vassaux) Jehan et Thieleric paieront looo livres lausannoises pour frais de guerre occasionnés par leur JI. iO

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félonie : lequel traitése -trouve au trésor dés archives, iion'ror)gînal,'niais la copie, d'uoe forme «incienne et d'une-loute vieille écriture, en langue latine. Je viens d'en rapporter -la vraie substance à mon sens., et autant que j'ai cru bien entendre ce latin-là qui n'est celui de Cicéron ; facile est-il de comparer mon dire avec le dit vieux document, lequel, bien que copie seulement, mérite créance, vu qu'il s'accorde pour l'essentiel avec le. récit couché au vieux missel de la propre main du prévôt Jehan de Neuchàtel, l'un des r^;ens, au rapport du chanoine Jacques Baillods.

A la pressante sollicitation de Louis de Savoie, baron de Yaud, les r^ens joîgaent la bandière du comte KoUin à celle de Berne et de Fribourg, en feveur du dît baron de Vaud contre l'évéque de Lausanne, les régens trouvant l'occasion bonne pour abaisser le prélat enclin à faire toujours [dus le maitre dans son diocèse. Le jeune RoUin veut être de rexpédition, en laquelle lUchard son oncle l'accompagne, comme en la précédente. L'évéque excommunie aussitôt le comte et la ville de Meuch^l, en compagnie des villes de Berne et de Fribonrg. Et bien que l'évéque sok aidé des barons de GrandsoUj de La Sarra et autres, il est finalement contraint de .parlementer ^x, laquelle est moyennée par Amédée. IV, comte de Savoie (1296), venu pour telle bonne oeuvre vers les guCTroyeurs des deux parts. Le comte de Savoie touché de la jeunesse, bonne mine et gentil esprit du comte Rollin, le prend en singulière amitié, et l'ayant convié avec grandes affectuosités, il l'emmène en visite en Savoie, où Richard accompagne son neveu et pupille.

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Mariage du comte Rodolphe V ou Rollia avecEIéonore de Savoie, fille d'Amédée FV (1299).

(i 3oo *). Les régens veulwit remettre l'administration au comte Rollin devenu majeur. Celui-ci ne veut y entendre, et prie ses oncles de continuer de régenter encore un peu de temps, à ceHe fin d'apprendre à leur école et devenir plus capable. Ainsi dit, ainsi fait.

(i5oi **). Amédée du Vaux-TravCTS, chevalier, homme roye d'origine et reconunandable par ses faits d'armes, eu contemplation desquels il avait été armé chevalier par le comte Amédée, avec office de capitan des gens d'armes de la haronnie, par quoi il lut nommé Amédée du Vaux-Travers; le dit chevalier ayant fait bâtir une grosse tour on maison carrée pour son domicile au couchant du village de Moustia*, entoure la dite maison d'un large fossé, et fiiit construire un pontlevîs pour y entrer, et ce sous l'autorisation de Girai<d, prieur des Bénédictins de saint Pierre au dit lieu, lequel prieur s'arroge tel pouvoir, et par figure d'inféodntion ensemble d'accensement, s'avise d'ériger eu fief relevant du prieuré de saint Pierre le chastel du dit chevalier, et d'imposer un cens de S sols lausannois pour la permissicm de se fermer avec pont-levis. Les régens , informés de ce fait , annoncent maîn-mise , au nom du seigneur comte, tant sur le chastel que sur la prairie en laquelle il est assis, vu qu'elle a été baillée au capitan en nature de fief, partant que celui-ci a commis félonie en reconnaissant une autre relevance que celle de son seigneur légitime et bienfaiteur. A l'ouïe de ces choses , Amédée du Vaux-Travers accourt

{*) Bsilloas. (") Horj-. ■

en grande hâte auprès des régens, déclare qu'il n'a cru mal faire, et qu'étant homme d'armes et non homme de lois, il a nuivi les conseils du prieur, pensant que tel guide ne voudrait l'égarer. Incontinent te prieur est mandé et âprement censuré; après quoi on dresse un nouvel acte daté du joUr après la Nativité de la béate Vierge, par lequel le seigneur comte rend et remet à Amédée du Vaux-Travers la terre à lui baillée ci-devant, ensemUe le chastel par lui construit, le tout en fief, àcharge de foi et hommage, toutefois sous la clause très-expresse d'abolir à tout jamais te pont-levis.

. Remarques. Le fait que je viens de raconter est rapporté par le chanoine Jacques Baillods, et bien constaté par l'acte original qui se trouve au trésor des archives, OD ne sait comme, vu que cent autres plus importans e( postérieurs n'y sont plus. Bref, cet instrurm«i>t féodal et la manière en laquelle il y fut procédé, font honneur à l'administration des régens, l'un desquels Jehan de Neuchâtel, prévôt du chapitre, aurait pu, en sa qualité de baron du Vaux-Travers qu'il était, par jouissaDce à vie à lui octi^yée l'an ia85, agir en cette afitiire comme seigneur du lieu et à son profit. Toutefois il rapporta le tout à la directe du comte, son neveu et pupille On voit en cet acte un passage tout remarquable par lequel le prieur Girard est déclaré avoir ilsurpé sur le haut domaine , et par là s'être renducoupable envers le seigneur comte; partant « que le » dit prieur , non f^s que ses successeurs, ne pourront » en aucun temps réclamer en ce fiiit le droit par le- » quel l'église se dit être perpétuellement au bénéfice » des mineurs. » Voilà, ce me semble, une affaire

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Jnen conduite et digne d'annotation pour s'être passée en la pr«nière année du XIV* siècle, surtout si l'on fait attention que ces braves régens étaient tous deux d'église eux-mêmes. Et ne suis surpris que le chancelier Hory qui avait connaissance du dit instrument, en fasse uoe si nidable mention en son recueil de savantes remarcpies et annotations politiques sur ce pays. le F^narque en passant que les Du Terreaux d'aujourd'hui prétendent descendre de cet Amédée du Vaux-Travers; c'est donc par les femmes, vu qu'à la fin de ce XIV* siècle la race de cet Amédée s'éteignit, ses deux petits fils n'ayant laissé qu'une fille chacun; l'une desquelles, fiille de Guillaume du Vaux-Travers, castellan de la baronnie, fut mariée à Antoine d'Andoing, chevalier gascon; ainsi l'appielle le chanoine Baillods, ajoutant que le dit d'Andoing prit le nom du beau-père , à savoir du Vaux-Travers, dit Du Terreaux ou Du Terras. Or il fendrait prouver que l'héritière du Terreaux mariée au siècle dernier avec François Mayor de Romainmotiers, était bien elle-miême issue d'Antoine d'Andoing et de la fiUe de Guillaume du Vaux-Travers, pour que les Mayor dits Du Terreaux d'aujourd'hui ., pussent se dire bien réàlexaent descendans d'Amédée du Vaux-Travers; encore ne Serait-ce que par grefiè sur greffe. Laquelle particulière remarque sur chose de si petite importance n'est ici couchée que pour monter qu'en, matière d'extraction, je ne donne créance €jue sur titres, et qu'on ne doit s'étonner partant si , au regard de nos anciens comtes,, je n'ai fait nul cas de la tradition ni des rêverie de certains compilateurs qui veulent à toute force les faire descendre des an-

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ciens rois de Bourgogne , de la dynastie des Stratlhigen. La grave sévérité de rhistoire ne peut admettre les fables.

(*) Incontinent après avoir rangé à leur devoir Amédée du Vaux-TravCTS et le prieur Girard, les régens mettent ordre à uneaSiire tout autrement importante. Ayant inutilement dexnandé aux coseîgncurs de Valangin l'accomplissement de leurs promesses au regard du traité par lequel les dits co-seigneurs s'étaient foUement reconnus féotiers relevant de l'évéque de Bdle, traité . qu'ils avaient promis de livrer et abandonner en original; de plus les régens informés que l'évéque continue à se dire seigneur dominant du Val-de-ftui, et qu'en cette qualité il s'est avisé de vendre ses prétendus droits sur le chaslel de Valangin au comte de Mont— béliard; enfin bien assurés que les diis co-seigneurs, plus félons que jamais, sont secrètnnent d'accord avec le prélat lequel vient de jeter bon nombre de ses hommes d'armes dans la Bonneville ;- par tels graves motifs les régens convoquent un grand jour j même résolution en cetteassemblée qu'en celle deranisgS. Le eomte Rollîn âgé de aa ans se met à la télé de l'expédition, ayant à ses côtés de braves chevaliers pour «mseilla^, savoir Henri de Neuchâtd Colombier , Othon de Grandson, Renaud de Neucbâtel-Connondrécbe et Amédée du Vaux-Travers. Le comte entre au Yal-de-Ruz par Fenin, et, du même pas, va mettre le siège devant laBonneville qui fait une vigoureuse résistance contre les premiers assauts. Finalement elle est emportée, brûlée et rasée; mais, selon les ordres du comte Rol-

(*) BaUlod» el Hon-.

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— Ittl —

lin, les chevaliers conducteurs dès- bandes en ce rude et dernier assaut, épargnent soigneusement les habitans, singulièrement femmes et enfans, et ne baillent nul quartier aux gens de l'évéque; tous sont<dépéchés au fil de l'épée. Les dits habitans ainsi -épargnés devaient être envoyés partie à Valàngin pour augmenter le boiu-g , partie es montagnes du Vaux-Travers pour les défricher. Mais en une nuit ils s'évadent en grande part, sejettent dans les bois, grimpent et passent Chaumont, pour se réfiigier sur les terres de l'évêque au bord du lac de Sienne : origine de la Neuve ou Bonneville d'aujourd'hui.

Sans perte de temps, lé comte Rollio vient mettre le si^e devant le cbastel de Valangin dedans lequel' sont les co-seigneur» avec leurs hommes royes; mais sans espoir d'être secourus par l'évêque qui les a induits à forfaire, et craignant une déconfiture toute semblaUe à celle de leur Bonneville, les dite co^sei* gneurs implorent 'paix et miséricorde-, avec grandes marques de sincère repentir. Lesrégens apprenant ces choses, accourentsur les lieux dans le louable dessein, de modérer la grande irritation du jeune comte etdetravailler à regagner l'àfièction dès féotiersfâonspar d6uceur et favorables conditions, vu qu'ils semb6;nt ouvrir les yeux sur lès trompeuses promesses du prélat. Par tel sage motif iut'conclùle second jour de mai un traité portant ; t" que Jfean et Thiéteric de Neuchâtel, cidevant co-seigneurs de Valangin, paieront i5o marcs d'argentpour fiuîs causés par leur félonie ; 3° que la Bonneville restera détruite à tout jamais ; en retour de quoi le seigneurcomteveutbienenleversamain-misesurlefief

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de Valangïn , recevoir de nouveau les dits Jeau et Thieteric à foi et hommage, malgré leur félonie récidirée. Et , dans la ferme espérance de leur fidélité et loyauté » l'avenir , il leur accorde en augmentation de fief : i " le chastel et bourg de Valangin ; 3° les fourches ou jurisdiction criminelle; 3" le plaid de mat qui sera envoyé de Meuchàtel chaque année, à savoir deux chanoines , deux nobles féotiers et deux conseillers hour-^ geois de Neuchàlel, sous la présidence du féotier du lieu^ mais au nom et de par le seigneur comte ; 4° ^^ hommes royes du Vaux-de-Ruz, desquels le seigneur comte de Neuchâtel ne disposera plus immédiatement,. mais laissera en propre aux dits féotiers de Valangin qui les ordonneront et conduiront comme à eux appartenant,^ là où le seigneur courte commandera de marcherj toutefois, bien entendu que, si les gens du comte vont habiter au Yal-de-Rux, il pourra toujours les reprendre à son plaisir^ 5" Le seigneur comte garde Bou-^ devilliers en ses justes bornes naguères plantées.

Remarques. J'ai trouvé le traité ci-dessus au trésor des archives,, mais également en toute, vieille copie seu-r lement, comme celui de 1396, croyant de méipe aussi en «voir assez ccanpris le mauvais latin, et rendu fidèleroent le précisj ce qu'on peut vérifier, ayant indiqué les deux dits traités-copies dans.la première page de l'inventaire des titres et documens qui restent en nos pauvres archives, inventaire que ma dernière disgrâce ne m'a pas permis d'amener à fin. Seulement diraije que le chanoine Jacques Batllodsfaitmentiondususdit traité comme de l'autre, disant également que le prévôt Jehan l'avait transcrit au vieux missel. Ce iut àans

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doute pour mettre un frein h de nouveaux actes de félonie de la part de ces indociles vassaux de Valangin, que l'official de Besançon et le chajHlre de Neuchâtel appendirent leur scel au 'dit dernÎM- traité, comme main^ teneurs de son exécution. Entre plusieurs signatures, on y voit celle d'un Vauthier que je ne connais pas^ non plus qu'un Jehan de Blonay, y signé aussi.

Deux choses me semblent digues de remarques eu ce lieu : i° par l'accord et traité ci-dessus ou voit que les régens accordèrent aux seign^u-s de Yalangin l'envoi de six juges pour tenir plaid de mai sur les lieux chaque année. Sur quoi le chanoine BaiUods dit que ce plaid de mai envoyéàValanginn'était toutefois sem-> blable à celui de J^feuchàtel, auquel étaient tenus d'as* sister tous les vassaux par devoff de féauté, et par devant lequel tribunal se vidangeaient eo dernier ressort tous les débats litigieux en la comté ,. desquels les. assises n'avaient pouvoir de juger suprêmement, au heu que le plaid de Yalangin n'était autre d)ose que les dites assises envoyées ça et là daas le pays, mais qui devaient dans la suite se tenir soigneusemeàt à chaque mois de mai en la dite seigneurie, chose qui avait été négligée durant maintes ajoctées, ensuite des brouilleries survenues et alors to-miaées, a," Le chanoine BaiUods, en parlant de la dernière expédition contre Ifs co-seigneurs de Yalangin, doune pour la première fois le nom ^e grands Jours à l'assembËêe des trois ordres que les régens convoquèrent en )3oi, comme ils l'avaient déjà ^it en lagS. Partant il ne faut confondre, ainsi que quelques-uns l'ont fait, te grand plaid ou plaid de mai avec les grands jours ^

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Far le premier on entendait un tribunal suprême qui jugeait définitÏTement les contestations et procès sur lesquels soit les justices locales, telles alors celles de Neuchfttel et de Neureux, soit les assises ambulantes, n'avaient, vu la naturedescauses, le pouvoir de rendre jugement absolujne sachant queUe était Tautorité des dites justices locales et assises ambulantes, ce dont le chanoine Baillodsa omis de nous instruire. Ysr grands Jours on entendait une convocation extraordinaire des trois ordres, à la vtdonté du comte, en des occurrences importantes. Celait proprement un grand conseil d'état. Sfir est-il qu'en ma jeunesse j'entendis des vieillards qui avaient été témoin» encore de l'assemblée des audiences-générales, auxquelles ils donnaient par fois le nom de grands jours, et celui de grand plaid ou plaid de mai au tribunal des trois-états, dénomination encore usagée à cette heure par plusieurs habltans de la campagne.

Le but tant buable et beau que se proposèrent nos anciens crantes par ta convocation des grands jours, et l'utile accroissement de leur forme et sphère méritent bien d'être parcourus- un petit. On en a observé la pronière lueur sous Rodolji^ m, année 1 31 5; alors le clergé et la noblesse tant seulement furent convoqués, comme témoins exécuteurs des volontés dernières du seigneur comte. Assemblée toute pareille en la même année sous le régent Ulrich; mais ici c'est pour prendre avis et conseil du clergé et des vassaux sur le dessein formé par l'illustre régent au regard de l'affranchissement des bourgeois. L'an 1270, Rodolphe IV convoque le prévôt et divers chanoines du chapitre »

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les seignenrs vassaux ou féotiers de la comté, et les principaux notabfes, preud'hommes et conseillers bourgeois, première admission du tiers-état. En cette assemblée on délibère, on prend une résolution sur l'importante matière des monnaies et <te l'interdit lancé par l'évéque de Lausanne. Assemblée toute pareille en 1373 sous la r^^nte S^fbille, en laquelle fat réglée et résolue b matière delà querelle avec le prélat. On vient de voir, en lagS et i5oi ,' semblablèsconvocationsen des conjonctures épineuses , et les trois ordres consultés, toutefois uniquement par le sage et bon vouloir des sjres de Neuchâtel oudesrégens. Certesun pareil esprit d'adïninistratTon, offre, à mon avis, un ravissant spectacle. On peatdirelesemblable, voire davantage encore, de ta tres-excellente institution du plaid de mai , par laquelle institution nos anciens syres méritent si bien d'être grandement louanges, ce que je n'àî tdimis défaire année 1 270 , comme juste , d'autant que nos sjres d'alors ne furent imitateurs, que je sache, ains puisèrent en leur cœur et tête semblable pensée, certes toute paternelle. Plus ht matière des présentes remarques est toucbanteet douceà examiner, et plus elle me provoque à dire par anticipation que les hommes semblent souvent se complaire à gâter les choses les mieux ordonnées; les uns le font par licence, les autres par paresse, comme il eu advint au regard du grand plaid ou plaid de mai. Les nobles féotiers s'ennuièrént d'j tenir leurs sièges chaque annéej tel métier n'était passetemps pour euxj et tant surent-ils ^re et faire que bientôt le plaid de mai ne fut pas un tribunal réguKërement annuel, et ne s'assembla que par exprès com-

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mandement du syre, de loin en loin, plus ou moins. Tels changemens ne purent dur», car les litis-contestations se midtipliaieut, vu que la comté se peuplait et prospérait de long et de large par acceosemens et octrois; et, comme le grand plaid n'élait plus convoqué que de loin en loin^ il est facile de penser combien d'affaires litigieuses entassées, combien de pertes et dommages par retardement de jugement, et combien de justes plaintes et clameurs. Tel désarroi amena dans la suite le remède qui fut un abrégé du grand plaid, à savoir quatre cbanoines , quatre nobles ou féotiers , quatre notables ou conseillers bourgeois, lesquels douze juges eurent diarge de tenir le plaid de mai en chaque année, et de sentencer suprêmement sur certaine nature de causes seulementj vu que le grand plaid se réserva de connaître et juger des autres en dernier ressort; le^ quel abrégé ou plaid de mai reçut aussi dans la suite le nom de troi^tats, en même temps que le grand plaid, dont la convocation demeura à la volonté du syre, fut alors appelé grands Jours et fimlement av£Uences~ générales. Lesquelles choses reparaitront ci-après, chacune en son lieu ; et si je viens d'en indiquer par avance sommairement l'enchainure, jusques au temps desaudiences-^nérales , c'est afin de présenter en raccoxu-ci les modes primitifs, changemens et causes qui amenèrent les dites audiences, desquelles j'ai suffisamment parlé tant en la première partie de cette notice qu'en l'avant - propos de cette seconde, ayant indiqué les motifs de leur anéantissement, et l'heureux acheminement du beau et utile pouvoir de notre supi-ême tributial des trois-états de présent, lequel réunit en per-.

fection, ce me semble, toutes les vertus des anciens jugemens,sansen avoir les défauts. Il ne faut s'étonner si par fois je rejoins certaines choses déjà dites, voire les poussant à futur, à celle fin de tenir mieux toute la chaîne par le rapprodtonent des chaînons , vu qu'en l'âge où je suis, je ne puis compter sur le lendemain.

Reprenons l'historique.

(i 5o5 *). Les régens, à la sollicitation des bourgeois, pressent derechef et si fort le comte Rollin âgé de 34 ans, de prendre l'administration des affaires, qu'il y consent. Par reconnaissance des grands et loyaux servicesde ses dignes oncles et tuteurs , il leur assigne logement au chastel, avec noble entretien , leur vie durant. Tôtaprès il cède et abandonne le dit chastel an prévôt Jehan, son oucle, et va occuper l'ancien chastel des comtes, dit ■ la tour de César, aujourd'hui les prisons, en y joignant la maison et appartenances que tenait le prévôt, à savoir dès la dite tour jusques et compris le donjon ; car alors la porte de la ville était non où on la voit à cette heure , mais sous la tour de César.

(**) Solennisation des sermens réciproques et confirmation des franchises de la ville. Nouvel hommage rendu par Jehan de Neuchâtel-Arberg , seul seigneur de Valangin, Thieteric étant mort; en contemplation duquel le comte RoUin lui 0(^oie, en accroissement de fief, le droit de tenir deux foires par an au bourg de Valangin. Premier défrichement notable dans les montagnes de la seigneurie de Valangin, au lieu dit le verger du Locle, par concession toute sage etlouablednseigneur, lequel bien habilement concède en toute propriété deâ

(*) Bailloda. (") Archives.

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IBS —

terres et forêts inhabitées , et n'exige du défi-icheur qu'un cens annuel de quelques deniers lausannois par chaque faulx de terrain défriché, admettant ces nouveaux habitans à la condition de francs-abergeans, alors la plus libre et propice dans le pays , fors tx&e de bourgeois de Neuchâtel ou de Neureux. Origine du [Hx>nipt peuplement et grande prospérité de nos montagnes. (Voyez mtm mémoire de 1668, contenant les particolarïtés du dit octroi d'abergement et de tous autres affiranchissemens succesàis).

(i3o6 *). La ville de Fribourg reqiuert le comte Rollin en vertu de Talliance, de lui donner aide en la guerre qu'elle entreprend, conjointement avec la ville de Berne, contre Louis de Savrae , s^gneur de Vaud. Le comte* proeheparentdecedernier, par la comtesse Eléo nore de Savoie , sa femme , se rend avant tout aux camps respectifs, et parvient à moyenner paix entre les parties.

( 1 507). Traité d'alliance pour i o ans entre le comte Aollin et les Bernois.

Remarques, J'ai trouvé ce traité au trésor des archives en copie seulement, maïs toute vieille. II est en latin et daté pridie calendanim martii 1507. On y voit dignes d'annotation les choses suivantes : 1° Le comte Rollin et Jes Bernois s'engagmt à s'entresecourir envers et contre tous, le comte réservant Jehan de Châlons, le comte de Mcmtbéliard qu'il appelle avuncalus, et les évéques de Lausanne et de Bile , à moins que les dits seigneurs réservés ne soioit les auxiliaires des ennemis de Berne, auquel cas le comte de Neuchâtel marchera, toutefois sans entrer sur les t^res des seigneurs {*) BaiUod».

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réservés. 2" Le comte de Neudiâtel ne pourra renoncer à sa qualité de bourgeois de Berne avant dix ans, et les Bernois ne pourront la lui retirer tant et si longtemps qu'il plaira au comte de rester leur bourgeois. 5° En cas de noises entre les parties «1 leurs gens, elles seront j ugées et tmninées par des arbitres , choisis deux de chaque part, assemblés pour ce à Morat. 4° Le comte de Heuchâtel, sans avcûr réservé les Fribourgeois , se déclare toutefois bourgeois de Fribourg , et ajoute les mots suivans, que je ne puis certes bien entendre. K Tenemiu* infra quindenam diclam burgen- » siam Friburgen»bus demandare , et elapsa eadem » quindena promittimus dictos Bemenses contra Fri- » burgenses defendere juvareque. n En école du bon latin, quindeni, se, a, toujours au pluriel, se rapportent par adjectif au nombre i5; ici le mot au singulier et que je n'ai vu nulle part, signîfie-t-il quelque autre nombre, et s'agit-il d'années, mois, semaines ou jours? La traduction envieux roman qui se trouve avec la copie du texte latin , suppose que Rollin réserva Fribourg pour les 5 années que l'alliance avec les Fribourgeois devait encore durer ; mais, s'il en avait été ainsi, il semble que cette réserve eût été contenue dans l'indication des seigneurs réservés. Bref, je laisse à de meilleures visières que les miennes à voir clair en ce point, d'autant que le chanoine Baillods dit seulement que le prévôt Jehan avait sagement provoqué la dite alliance avec les Bernois , à celle fin que le comte son neveu pût rester neutre en les fréquens démêlés entre Berne et Fribourg. Par plusieurs fois j'ai demandé à Berne des lumières sur ce traité qui est fort bien connu et

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— leo —

coDseiré, je le sais, mais on ne peut rien tirer de ces gens là. Quand on leur demande choses semblables , singulièrement des copies, ils n'ont rien, ne savent rien , et paraissent venir d'Auvergne , quand bien ils ont dextrement sucé nos pauvres archives, ainsi que l'ont aussi fait ensuite Fribourg et Soleure, on sait assez quand et comme. U est à remarquier qu'en ces siècles là, les alliances en Hdvétie n'étaient qu'à temps; j'observe très- particulièrement que les tout premiers commencemens de la confédération helvétique luisirent en cette même année iSoy, entre les contrées de Scbwytt, Un et Un terwald , laquelle époque était toute propre à porter chance au traité du comte de Neuchâtel , et semble-telle l'avoir fait.

(i3o8 *). Pierre de Neuchâtel, seigneur de Vaumarcus, accablé de dettes, remet son fief au comte RoUin pour 5ooo livres lausannoises. Dans l'acte original muni du scel du comte RoUin, il est dit que t« comte par bienveillance, et pour aider son cousin à se tirer des mains des marchands Bâlois ses créanciers , qui le rongent par des intérêts à g pour cent l'an, retire à lui le fief et château de Vaumarcus, pour lesquels il a libéralement payé 3ooo livres lausannoises. Une autre branche cadette du ehezaid décousait aussi pièce après pièce ; c'était celle de Strasberg : car en cette même année Othon de Neuchâtel, comte de Strasberg, vendit aux Berooisia vUle et district de Laupen , malgré les remontrances du comte RoUin , lequel offrait de loi procurer de l'argent, moyennant qu'il ne vendit rien; mais les Bernois en donnèrent tant qu'Olhon

(*) Archives.

fut gagné; â &ut-il dire que les Bonois, bien que toujours en armes, s'agrandirent encore [dus par argent.

11 convient d'observer en passant, que nos compilateurs d'histoire disent qu'en cette année 1 5o8, Mahaud dame de Valangin, et stai £ls Guillaume d'Arberg octroyèrent certaines concessions aux habitans du Locle et autres lieux des montagnes : mais c'est une grosse erreur, vu que ces concessions qe fiirent accordées que 80 ans après , temps auquel vécurent en eâet Mahaud et Guillaume.

( 1 309 *). L'évêque de Bâle cherche à former de nouvelles intelligences avec Jehan de Neuchàtel-Arberg , seigneur de Valangin , et le sollicite de lui remettre le château de Hocquincourt, situé non loin de la frontière , au fond du Val-de-Ruz , lui ofirant une bonne somme d'argent et bon secours pour reprendre BoudeviUiers. Bien certioré du fait, Kollin marche de nuit, suivi seulement de jeunes gens de la ville , surprend le château de Hocquincourt, y met bonne garde et fait dire à Jehan d'Arberg qu'il n'a voulu qne lui conserver plus sûrementle dît château, étant bien informé que l'évêque de Bâle fiiit dessein de s'en saisir. Tôt après, grandement supplié par les habitans de la vallée de démoUr le dit château , se plaignant que les gens du seigneur de Valangin y logés, ne firent jamais autre que les molester, le comte le fait raser.

(**) Plusieurs familles du pays de Vaud viennent demanderrabergementau seigneur de Valangin : celuici , sage et bien avisé , leur fait bon accueil et leur concède des terres à défricher es montagnes devers la

(*) ArchÎTcs. (") fiaillads, II. U

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Sagne, à'ia condition de francs-abÈrgcans. A hi 'sollicitation du bourg de Neureux , le comte RoUin confirme les franchises du lieu, par. acte du samedi avant la fête de St.'Maurice, toujours sous la garantie et jadicature du stége de LausiOme et du chapitre de Neucfaàtel.

(,i3io *). Le Comte Rofiin se rend à Berne pour 'faire sa cour à l'empereur Henri VH, qui passé et séjourne en cette ville, s'acheminanlversritalie. Le comte l'accompagne jusqu'en Savoie , et ne prend congé qu'au pied des Alpes.

(i5i I *). La destruction du cliâteau de Hocquincourt ayant fait un grand chagrin à l'évêque de Bâle, celuici pour s*en venger, enioure de murailles la Bonne ou Neuve-ville, et fait construire le château de Schloss— berg, avec mine de se procurer par ce côté ce qu'il a perdu en la frontière du Val-de-Ruz. Le comte Rollin ne veut demeurer en arrière, et trouvant le boui^ de Neureux non assez bien situé pour une forteresse, il achète des moines de St.-Jehan certain terrain , et entreprend aussitôt d'y fonder la ville du Landeron, vu qu'elle peut être entourée d'eau en grande abondance, et il engage les principaux de Neiu-eux à s'y transporter, quand elle sera bâtie. Fuis , du même pas , apprenant que l'évêque travaille à émouvoir le comte de Kybourg et autres par une ligue, le comte RoUin se rend auprès de Jehan de Châlons et lui offi-e un nouvel hommage, tant pour obtenir certains éclaircissemens et avantages féodaux, jà déduits en la première partie, que pour

(*) Archives. (*') Carlulaire de Bàle.

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et pi-încipalement s'assurer aide et secours de ce c6té^ là , contre levéque et consorts , si besoin le requiert.

Girard, évêque de Lausanne, turbulent et brouillon , se met en tête d'abdiquer son siège pour occuper celui de Bàle , et d'en déposséder Hermann de Neuchfttel- ^idau nouvdlementélu. Pour cet e&ét, il écrit au pape Clémeut V que Hermann tout dévoué aux intérêts de la maison de Neuchâtel, dont il sort, ne mianquera de rendre le bailliage de Bienne au comte de Neuchàtel, informé qu'il est de ce dessein et accord. Girard écoulé à Rome, fait remuer par cabales au chapitre de Bâle, y faisant pareillement semer le bruit au regard de Bienne. Le comte Rollin, parent et singulier ami de Hermann, informé de ces choses, envoie deux chanoines auprès de Girard pour lui conseiller de rester en sa maison et de laisser Hermann en la sienne, résolu qu'il est de soutenir son parent par tous moyens. L'évéque Girard, irrité par cette semonce, en porte sa plainte à Rome, et le pape Clément V excommunie le comte Rollin. Celui-ci se fâche et fait dessein d'enlever l'évéque Girard, s'il entreprend de se rendre à Bâte, où il envoie incontinent Othon de Neuchâtel-Vaumarcus, chevalier, et Jean de Savagnier, capitan des hommes royes du Vaux-de-Ruz, avec 5oo hommes d'élite, pour plus grande sûreté de la personne de Ha-mann, vu les factions et cabales fomentées dans le chapitre de Bâle par Girard, soutenu du pape.

(i5i5*). Dans le mois d'avril i5i5, le comte Rollin voyant avec déplaisir le dévouement d'Olhon de Neu-

(') Baillods.

cli&tel, comte4eStrBsberg,'au parti de Léopold ct'Auta'îche contre les confédérés d'Uri , Schwytz et Underwald, lui envoie Henri de Neuohilel-GoloRibier, chevalier prudent et sage, pour le détourner de prendre part en la guerre que médite l'Autrichien. Maïs Othon , en oflîce et grande faveur auprès de Léopold , ne veut prêter l'oreille à tels sages conseils. Partant, en Ortte même année, Othon comte de Strasdierg eulre au pays d'Underwald àlatètede 5ooo Autrichiens, fait d'abord de grandes prouesses , et finalement a du pire, au même tempsque le duc Léopold d'Autriche, suivi d'une grande armée, est déconfît en la mémorable journée de Morgarten par une poignée de vaillans confédérés, d'où s'eufiuivit le premier traité formel d'alliance entre les trois petits et courageux cantons d'Uri , Schwytz et Underwald : origine de la tant heureuse confédération helvétique.

Après plus de deux ans de querelles et de désordres factieux dans le chapitre de Bflle, Hermann, pour le bien de la paix, fM^hd le parti généreux d'abandonner son siège à Girard , lequel est reconnu , en même temps que l'interdit lancé contre le comte de Neuchàtel est levé. Mais le nouvel évéque ne pardonne pas à RoUin de s'être montré ouvertement contre lui. Assisté du comte de Kibourg, et après avoir rassemblé tout son monde à Bienne, le prélat s'avance brusquement dans le dessein de surprendre et brûl« Neureux , et du même coup détruire la ville du Landeron, non encore adievée et fermée. Mais son entreprise n'est si secrète, ni si prompte, que le comte RoUin n'en sache quelque chose, et ne parassemble de son côté tous ses gens. La ville

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— I«tt —

de Naichâtel se distingue ^ tous les bourgeois, jeunes et vieux, demandent à marcher, et sont conduits par le ministral Améde la Favarge : les vassaux ne sont des derniers avec grandes bandes des leurs, mémement J^n d'Arbei^, seigneur de Valangin.(t5i6). Kollin arrive es environs de Neureux tout à point, car en ce moment le diligent. prâat^ avec le comte deKibourg, donnait un rude assaut par escalade au bourg de Neureux. Les assaillans, devenus maîtres d'une tom*, se ruaient déjà audedans , malgré-la courageuse défense de ceux de INeurenx etdes hommes d'armes que le comte y avait jetés quelques jours auparavant. Incontinent RoUin se rue à son tour sur les assaillans, avec telle fiirie qu'ils sont mis en- vaux-de-route avec grande perte;notamment ceux-là jà dedans le bourg sont tous. taillés en pièces; mais au fort de la mêlée, le feu. prend et consume Neureux en grande partie. Rollin ne s'endort pas, et marche incontinent à la pourchasse des ennemis en fuite, faisant dessein de courre subitement sur Bienne pour surprendre de nuit cette ville,, en se servant des mêmes échdles dressées à Neureux. Mais les dites échelles se trouvent partie trop courtes et partie trop faibles, tellement que la toute première dressée par le ministral Amé de la Favarge et les siens, - trop chargée -de monde, se figeasse alors que le brave ministral à la léte, touchait au plus haut écfadon, et se rompt le col avec bien d'autres. Toutefois l'attaque n'est pas refroidie. Pierre de déron, chevalier, gagne les crénaux, et se jette en dedans, suivi d'un bon nombre des siens, où il fiiit rage un petit : mais n'étant suivis et soutenus, 6ute de bonnes échelles, ceux-là sont

iinalement lous tués. Tant et si bien se défendent ceux de Bienne^ aidés par bon nombre de fuyards de la veille y réfugiés, que le comte Rollin voyant son coup manqué, voire la déconfiture des siens, fait sonner retraite, et ne parvient à leur faire quitter prise qu'en leur promettant de les mener du même pas dans le cœur des terres de l'évêque, pour y prendre une bonne revanche. Et a^H^s avoir fiiit mettre en des bateaux tous les blessés , |>our les transporter à Nidau , il marche tout d'abord en Erguel, et met le siège devant Delémont, fourrageant tout le pays jusques aux portes de Bâte. L'évéque ébahi de tant de diligence, et amadoué par sa défaite, stJlicite la paix. Le traité est conclu le J3 juillet, par lequel : i° le comte de Neùchàtd est àffi-anchi de toute vassalité au regard de certains ch— jets féodaux relevant du siège de Bâle, ^sant es environs de l!4eureux et de Lignières. a° Le prélat est obligé de payer sans nid. délai au comte de NeucliAtel i4o marcs d'argent fija pour frais de la guerre par lui suscitée. Lequel traité original j'ai trouvé au chiteau de Trye, et dont j'ai tiré l'exacte copie de ma main, et déposé au trésor des archives.

, Remarque. Ainsi raconte le chanoine Jacques Baillods, dont le récit s'accorde pour le fond avec celui de l'historien Stetder , suivi par Plantùi . Seulement observerai-je que ceux-ci assurentqu'aprèslamésaventure devantBienne, le comte de Neuchâtel se sauva du côté de Soleure. Or s'il n'eût pensé qu'à se sauver sans autre dessein , il serait revenu , ce semble-t-il , bien plutôt en son pays. Mais tout s'accorde, si Rollin s'en alla audelà de Bienne^ et par conséquent du côté de Soleure,

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— WT -

pour pénétrer dans le milieu des terres de l'évéque-.. Certain est-J qu'il assiégea DelémODt , et que ce fut là , au cœur des ^ts de l'évéque, que HoUin lui accorda la paix, aux conditions ci-dessus rapportées, et dont l'indicalioD faite par le dianoioeBaillods, est bien exactement conforme au traité wiginal que j'ai tu, tenu et copié, comme sus est dit. Laquelle remarque critique m'a paru tout à propos ici, pour ùàte vcht que bien souvent les hi^oriens nous jettent dans l'erreur, soit en ne disant pas tout, soit en u«uit de mol; non propres.

(i3i6 '''.)Lec<anteRolHna7antiitîsba» les armes, s'applique à parachevée la fondatioa de sa nouvelle ville du Landeron, et à la mettse en bon état de défense, la Ratifiant par le transpOTt de& franchisés, de Neureux. Auxquels travaux il o«nsacre les 140 marcs d'argent fin , que l'évéque de JBàle avait été contraint de payer pour avoir paix , sans omettre d'en faire de particuliers dons à ceux -^jdlentre les bourgeois de Neureux qui avaient été le pki& en soufirance , aWs de l'escalade et de l'iocendie sus rappMfl^ U faitaussi commencer une nouvelle rangée de maisons en la ville de Neuchâtd, sur les gi-avio^s du lac, au pied de la baute ville, dès \e dessous .de la Malaporta ou Malepiurts, tirant au couiJiaiit,-offitintl>e;b^Mnir. du maçon à' ceux - là qui vOudrant' bâtir en pierre, et donne l^empk en faisant bfttir une grande maison pour y tanir soa prasso^ eb y &ire son vin, lequd bâtiment &a!tappéé>7youldouSjfre,tteneu.iitlcT)-eulMonsieur.

(.i3i8 *). Le traité d'alliance avec Berne, contracté

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— ifla —

pour dix ans seulement, 'étant parrenu à son terme ^ voirê par defâ, le comte propose aux Bernois de le renouveler pour autant qu'il virre, enscanble les-cinq p'nnières années du règne de son successeur, tterne répond agrcd^einent , mcr^nant toutefois que la nouvelle ville et forteresse d« Lander<ni n'aura ni tcwrs ni fossés en la partie d'ubcrre regardant Berne. Le comte, tout ébahi à ronïe d'une semblaMe condition , dit qu'il ne peut y conaeatir , vu que Yérêque de BAle, au r^ard duquel seul k dite forteresse est construite» ne manquerait de l'attaquer par tel côté non asseï fort. Les Bernmsinsietentjle comte devient -Iroid^Be tait et <adonne incontinent de mettre de plus ftwt le Lau'* deronen boa- état de défense, à l'endroit qui fait souci aux Bernois: Le querelleur évé<pxe Girard, informé de ces (jioses, s'émeut derechef et fait tant par ses sollicitfltions et clameurs, qu'il parvient à émouvoir aussi les Bffl-notsavec lesquels il est en alliance( [ Sa5). Le comte, bien instruit des menées et desseins de révûi]ue par certains dn chapitre de Bftle restés affidés de Her-mann , recherche l'amitié -dé eeax: de Soleure et con-' tracte aussitât alliance avec eiiX' pour, douze ans, ek comprend spécialeinent-dain le b^ité sa nouvelle ville et forteresse du Landeron. C(^ &it, il met son fils Louis, bienqoe tmiljeùtoeËincOFe, en la diic.viUe^ accompagné d'Ottomn'de.Neuchàtel-iCkinaoadréc^e^ deSimon de Coortelary et do Conrmid du Vaux -Travers dit Du Tertaux, braves ohevaliefB,-{MaircODse^, avec bon nombre de gens d'armes d'élite , etitre l«^ quels la plupart des jewus gens de la ville de Neuchàtel, qui tous demandent à suivre le jeune- seigneur

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Louis. Tôt après ai^xo-aisaent les Bernois du côté de St.-Jehtn , et k prélat du côlé de Neureux , dans lequel boorg ses gens se Ic^ent^ n'étant alors en défense, vu que la majeure part de ses habitaos s'étaient b-an»portés à Landeron. IncoDlinent le comte AqUiu rassfflnhle son monde ; les seigneurs £Ëotters accourait avec. tous leurs hommes d'armes, notamment Jduin de Neuchâtel- Arberg, seigneur de Valangin, suivi d'une nombreuse bandière. Le comte remercie cdle de la ville de NeuchÂtél^ disant que les pères doivent rester à la maison en l'absence de leurs enfans, déjà tous à la besogne avec son fils Louis. Et voulant sans perdre temps, porter aide et réconfort aux assiégés, rudement assaillis de deux côtés , il s'avance durant la nuit sur Neureux, en telle manière qu'à l'aube il fond sur le camp de l'évéque , et si bien sont étrillés les gens du prélat, qu'ils se sauvent par monts et vaux, poua:chassés chaudement par Henri de Neuchâlel-Colombier. Ce que voyant les Bernois, ils délogent de leur côté tout d'abord, non toutefois si tranquillement, que le jeune Louis, sorti avec ses preux, ne les atteigne au mont de Chules , et ne maltraite les moins diligens.

Ceux de Soleure venant au secours de Landeron, non au regard des Bernois avec lesquels ils sont en alliance et qu'ils ont réservés, mais contre l'évéque de Bàle, arrivent sur ces entrefaites, et trouvant place nette et besogne parachevée, ils s'en retournent grandement remerciés.

(*) Les Bernois irrités par telle mauvaise chance, et apprenant que le comte de Neuchàtel amplifie de

(*) Munster, Stettler,Plaiitiii,BailIoii3.

kur côté les défenses de Landeron, ne tarant pas à revenir seuls avec force engins poiu-jarendre et débniire cette forteresse qui' leur ùât ombvage. Mais tandis que le jeune Louis se défend avec courage, le comte son père arrive à son secours à la tête de tous les siens, méditant de livrer combat le lendemain aux Bernois , lesquels se retirent durant la nuit. Tôt après, une $u£penr sion d'armes est nwjenaée par ceux de Soleure et de Sienne.

(i 525). La chartreuse ou abbaye de la Lance venait d'être tout nouvellement fondée en un vaste enclos concédé par le baron deGrandson, maisenccttepartiedudomaiDc non encore bien réglée entre le comte de Neucbâtel elle baron de Grandson. Le premier abbé, homme adroit et infatigable à procurer les biens de la terre à ses chai^ treux , comme lui retirés du monde , avait déjà heurté à la porte du comte Rollin,. mais sans succès. Loin de se rebuter , il croit apercevoir une occasion propice et s'en vient en bon courtisan féliciter le comte sur la fortune de ses armes et de celles de son fils, et lui fait entendre que le ciel ne manquera pas de bénir ses entreprises, s'il veut bien répandre ses bienfaits sur les chartreux de la Lance , lesquels ne cesseront de prier pour sa prospérité. Rollin, non moins adroit que l'abbé, répond que les moines de la comté connaissent assez la Idiéralité des syres de Neucbâtel envers l'église, et qu'aussitôt que par le règlement des limites, le district de Coucisa (Concise), appartiendra comme juste à la comté, la chartreuse recevra un bon traitement, invitant le dit abbé à l'aider en cette affaire pour le plus grand

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bien des chartreux : réponse certes d'une toute bonne léte, et que les aiccesseurs de ftoUin ne surent imiter.

(i536*). AucommeDcement de l'an iZsÔ, le comte Rodolf^e V dit RoUin, &tigué de tant de tracas, n'ayant eu depuis l'âge de sept ans que tribulations et périls autour de sa personne, dont toutefois, tant par ses sages tuteurs-r^ens que par hiî-méme, il sortit bien heureusement, Toire habilement, le comte, dîsje, médite d'associer à Tadministration son ^ Louis, non tout à fait majeur encore. Four cet efièt, il le conduit en Bourgogne auprès de Béatrix de Vienne, mère tutrice de Jehan III, comte de Châlons, laquelle dame consent à l'hommage anticipé du jeune Louis. A son retour, le comte Rollin convoque un grand-jour, à savoir les principaux du chapitre, tous les seigneurs vassaux et les plus notables du conseil de la viUe. 11 leur déclare sa résolution fondée sur le repos dont il a besoin, et sur le bon escient <pi'il a reconnu en Louis son fils, ensemble la louable conduite qu'il a manifestée par deux fois en k défense de Landeron , désirant poupcescauseslefairereconnaître de son vivant syre et comte de Neuchâtel, par association et conjonction avec lui , quand bien son dît fils ne sera majeur qu'à la fin de l'année, voulant par là qu'il ap|H%nne tôt et sous SCS yeux à conduire toutes choses. Gela dit, il remet un anneau scel , pareil au sien , à son fils , en pésence des trois ordres.

(iSaG**). Lequn-dleur et brouîlkm Girard, évéque de Bâle, ayant eu pour successeur Jcban de ChAlons> prélat pacifique, ainsi que devraient l'être tous Jes

n BaiUoAs. {") MS. de Bâle.

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pasteurs de l'église de Christ, cehii-ci s'applique tout d'abord à coQvertir en une bonne paix la suspension d'armes résolue l'an devant «aire le comte de Neuchâtd d'une part> et les Bernois conjointement avec l'évéque de ^le, de l'autre. Aux vives et sages sollicitations du prélat, le comte Rollin répond tout affectueusemwt, de même que fes Bernois. Par le traité , i" est confirmé crfui de i5i6; a" l'évéque renonce à c^tains droits, cens et moroels de terre au district de Neureux ; 3° il cède et abandonne au comte de Neuch&tel la moitié du village et district de Lignières, ainsi que la moitié des hommes y manant ; 4° il s'engage à tenir ouvert le château dit Schlossberg, en la face du couchant regardant la comté. Duquel traité le chanc^er Jehan Hory s'étant procuré en i633, un vidimus du ^ince évéque de Eàle d'alors , il le déposa au trésor des archÎTes , où je n'ai (hi le retrouver.

Ayant éteint l'âge de maturité, le jeune comte Louis sol^uttse les sermens réciproques et confirme les franchises de la ville de Neuchàtel. Le lendemain il se rend au Landeron, où il confirme également les franchises du lieu, déclarant qu'à l'avenir, tant les habitans de la ville nouvelle , que ceux qui resteront manant dans le bourg de Neureux, devront partiaper indistinctement aux dites codKessions. Le comte Rollin assiste à l'uneet à l'autre cérémonie, et dit aux deux bourgeoisies qu'il n'entend les quitter, mais seulement donner moyen à son fils apprendre de bonne "heure à bien régenter de. si braves en&ns.

(i 339 *). Dans le comté se trouvaient alors [dusicurs

(') Saillod* et U017.

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petits fids dont l'origine nullement connue , se pa^iit en la nuit des temps, et dont les tenanciers prétendaient ne relever que de l'empereur, sans nul devoir envers le syre comte , voire se targuant d'être d'une condition de féauté tout autrement noble et relevée, se disant vassaux immédiats de l'empereur, tandis que le comte n'était qu'arrière-vassal : lesquelles choses déplaisent si fort au comte Louis, qu'il entreprend d'acquérir par argent la plupart des dits fiefs, et parvient à les réunir au domaine. Puis, avec le bon vouloir du comte son père, il en remet quelques-uns sous clause de fé- ■ auté-lige à certains preux qu'il veut gratifier, tels que Renaud d'Espagny, chevalier, Jacques de Cléron et Kaoul Pictet de Savagni«r, chevalier.

Remarques. C'est dommage que le chanoine Baillods ne déduisepasplus spécialement en quoi consîstaientles dits fiefs indépendans, quel personnage politique jouait cette singulière classe de niÂles, quelle était leur manière de vassalité, envers qui et comment. Seulement ajoute-t-il qu'ils se disaient : hommes royes du roi des Romains. Le chancelier Hory, mon savant maître en toutes choses, présumait que ces hommes se disant hommes de tempereur, prétendaient que leurs fiefe en relevaient directement, comme d'anciens bénéfices militaires romains , ainsi qu'on en voyait plusieurs aux i5* et i4' siècles en Bourgogne et *utres lieux, mais que pour sûr les dits fiefs chez nous étaient de petite valeur. Le seigneur de Mirecourt a bien raison, quand il ajoute que cette matière toute curieuse exciterait à des recherches, si on savait où s'accrocher tant soit peu , mais que dans le piteux étal de nos archives, au

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r^ard surtout des anciens fiefs , on ne peut trourer nulle trace de ceux-ci, pas même des inféodations accordées par le comte Louis, lesquelles feurniraient peut-être quelque lumière sur les dits fiefs rédimés et abolis. Il ne nous reste vestige aucun ni des uns ni des autres.

(i555 '*'). Bonnes et sages conditions accordées à f^usieurs familles, la plupart étrangères, pour défricher et s'établir en la vaste fwét de Vavra assise en bon sol. L'acte de concession contient des spécialités remarquables au regard des droits et charges des nouveaux colons. Voyez mon mémoire de 1668.

On a vu plus haut, année 1 s^S, que par disposition de dernière volonté, Iflrich IV avait remis et abandonné ses droits sur Concise et Provence à sa fille aînée, nmriée à Louis de Châlons, baron de Grandson, pour mettre fin aux démêlés subsistant à ce sujet entre ces deux seigneurs. Or ce mariage n'ayant amené lignée, les comtes reprirent leurs prislins droits ; de là nouveaux débats et conflits de juridiction tout sérieux cette fois, vu que le comte Louis fait déclarer au baron deGrandson, par Othon de Vaumarcus, chevalier, que s'il ne consent à soumettre la contestation au jugement du comte de Savoie, avec promesse de s'y mieux conformer qu'il n'a fait naguères, il ne restera d'autre expédient que de régler l'affitire par les armes. Le baron consent, et le comte de Savoie, Amédée V est choisi une seconde ffris pour arbitre souverain (i556 *). Le double du jugement arbitral, daté du vendredi afnrès la purification de Notre-Dame, année i556, scellé du comte de Savoie, se trouve aux archives, on ne sait

(') Archives.

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comme, vu que ce titre aurait dâ prendre ta clef des champs en compagaie de tant d'autres, singulièrement celui qui réglait si bien les liiniles entre lia baronnie de <ïrandson et celle du Vaux-lVavers en l'année i a 1 8, lequel on a eu grand soin de ne pas nous laisser. Far la prononciation du comte de Savoie, i" le tio's tant des districts de Concise et de Provence , que des luHnmes j manant, est altribuéaucomtedeNeuchâtel, les deux autres tiers au baron de Grandson , et poiuronl ambes parties jouir du tout par ensnnble, chacun pour sa part et portion ; ùnon partage sera fait, et de bonnes bornes plantées en quantité suffisante, si l'un des seigneurs le requiert : 3° La seigneurie de Vaux-Travers est assurée en entier an comte de Neuchàtel, comme aussi les fiefs fie Behnont et de Vittebœuf en entier, sont assurés au baron de Grandson, avec bonnes bornes plantéesen quantité suffisante: S^LepéagedelaBroye, àson embouchureaulac de Neuchâtel, district de Cudrefîn, ainsi que les leires au mont de Vully et les herbes au grand marais resteront à jouir comme du passé, sans nouveauté, en attendant partage soumis définitivement par ambes parties au jugement du seigneur comte de Savoie, arbitre. Al' occasion de cette prononciation, certes toute sage et remarquable, le chanoine Baillods observe judicieusement que le droit barbare de suite , exercé sur la personne d'un morlaillable , produisait de fi^quentes querelles, en ce que tes seigneurs se redemandaient souvent des familles enhères , comme bétes édiappées du bercail , prétendant que tels hommes jusqu'à la dernière génération, restaient toujours en propriété au seigneur primitif.

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(i55j*).L»vallede la fôte deSt.-Georges, le comte Rt^infait son testament, par lequelil institue le ccunte Louis son héritier universel. Entre divers articles- de ses. disporâtions dernières, il donne en jouissance à sa fille Marguerite, veuve du comte de Kybourg et sans

bons et courageux services qu'il en avait reçus es guares contre l'évéque de Bàle. L'acte original des dites franchises conservé aux Veirières, m'a paru curieux, en ce qu'il indique bien le mode d'alors au regard tant du seigneur que des suj^s. Voyez mou mémoire de 1668.

(i338 *). On a vu que les seign«irs de Valangin, mal conseillés ci-devant par les évéques de Suis , n'avaient fait longtemps que folies, jusqu'à voulcar se rendre vassaux et serviteurs du jM-élat, et lui ranettre le château de Valangio, et qu'ensuite de celte prétendue aliénation, le dit château avait été vendu par l'évéque au comte de Montbéliard, année i5oi , lequdi cherchait toujours à faire valoir ses droits sur icelui. Le comte Louis règle une bonne fois cette di£Sculté,

(*) BaiUods.

D,a,l,zt!dbvG00glc

et reste mailre du dit cbÂteau> en cédant uq^ porlioi) de t^Taia »tué en Bourgogne, qu'il tenait de la ccnntesse Jehanne de MontbéUard , s^ femme. Il aime mieux donner à son beau-frère plus qu'il n'en reçoit, i celle fin d'abolir à toujours cette prétention étranger^.

De jour en jour les Bernois accroissaient leur puissance, tant par vnillans -faits d'armes que par aoquisi'* tions à prix d'argent,- comme habiles gens qu'ils ont toujoiu-s été. Les grands seigneurs leurs voisins n'avaient de pires ennemis; et non conlens d'avoir été bien frottés au combat du Tonnerre en i agi , ils ne vit saient qu'à décooflre ces viUains; ainsi les appelaient' ils, au dire du chanoine Baillods.

Pour cet effet Rodolphe de Neucbâtel, comte de Nidau, Mib-eprend de former une puissante , ligue contre les Bernois, et vient solliciter le comte Louis d'être de la partie. Celui-ci incline fort d'y prendre fiace, en revanche des deux sièges qu'il a soutenus au Landeron contre les Bernois. Le comte Rollin non seulement le détourne de ce dfsseia, mais iait ses efforts pour engager le comte de Nidau à y renoncer. 11 ne peut vaincre son obstination non plus que celle de Pierre et de Girard de Neuchâtel, le premier comte d'Arberg, et le second seigneur de Valangin et gendre du comte Rollin. Les hgueurs en grand nombre mettent es champs une puissante armée, et se promettent cette fois de détruire Berne. Rodolphe d'Erlacb, écuyer du comte de Nidau, voyant ces choses, quitte son maître en lui disant qu'il va joindre ses concitc^ens de Berne, lesquels, charmés de sa loyauté, lui donnent le commandemienl des troupes. Et, bien que les II. 12

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