RAOUL OU RODOLPHE IV
DIXIÈME COVnB. '
• ■■ (ia6o *). La confirmation des franchîtes, de la ville jàe Neuohâtel , et la célébration, des sermens réMf«K>* ques , sont les actes par lesquels Rodolphe IV camtncnce «cm a^OHiistration.
. IncontitNnt après, il oetroie à ceux de îïeureusL; des iranchiscs fort étendues, asse^ 9ead)lables à celles de Neuchàb^, et. soumises égalmiânt à la jUdicature du -si^. de Lausanne et du chapitre dé Neuchâtel. '
Les manuscrits du chapitre, au rapport du chanoine BaiUode,' faisaient connaître que.- le coiUte Rodolphe , visait par lea àites, irasichises à former un ^os bourg, et à le garnir d'hommeg lihres et partant courageux, à celle fin d'avoir un lieu de résistance de ee^cOté.Ur, tant itu regard de l'évêque de Bàle que; du comte de ïlabdiourg. Aussi fît-il enceindre de fortes murailles et larges fossés le dit bourg, que le comte appelle dan^ i'^cte de franchises, ma nonelle ville de NeureKc, Mais qen'est pas la ville de Lanikrou d'aujourd'hui , latpieUe ne fm construite qu'au, siècle-suivant. Neureux était Qs^s en eçt çndroit,. au septentrion de Landerony là o& 96 voit de présent l'église paroissiale de St. Maurice, toutefois sans nulle trace de la dt(e«nciieiwe forte vfllç.
{') MS. de la CoUégiak.
- ISB -
(i 261 *). Dans le même but, et afin de garantir une autre entrée de la comté, aussi au levant, le comte Rodolphe ^it construire le chiteau de Thielle, à l'endroit du pontonage, et le donne en garde et custode à son frère Henri, baron du lieu.
En obéissance aus volontés dernières de son père Berthold, le comte Rodolphe remet à l'abbé de Fontaine-André le tiers de la dixme de Cofirane. Le moine s'avise de trouver la part non assez grosse , et murmure, disant que pour sur, l'intention du défunt s^goeur avait été que la moitié de la dixme \m fbt baillée. Rodolphe répond au moine blanc qu'il ne doit oublier la coutume de Neuchâtel, et que si incontinent il ne se tient pour bien et dûment partagé, il n'aura brin de la dite dixme. L'abbé se soumet promptement sans répliquer.
La ville de Strasbourg engage divers comtes de la Suisse à la secourir contre les entreprises de son évêque.
Le comte Rodolphe se détermine à envoyer sa bandière, sous le commandement de Henri de Neuchâtel, baron de Iliielle , son frère , dans l'espoir de regagner l'amitié du comte de Hab&bourg, qui témoignait un grand désir d'être aidé en cette entreprise , offi^nt de conduire le secours. L'évéque de Strasbourg est battu et mis à la raison. Dans cette expédition se distingue Reynaud , seigneur de Cormondrêche , fils de Henri de Neuchâtel Colombier; en contemplation de quoi le comte Rodolphe lui remet quelques fonds et cens, auxquels on donna le nom de petit fief de Cormondrécke. (1263**).
(') MS. de la CoUégîale. ('*) Baïllodi.
DiailizodbvGoOgle
(ia6S). Henri deNeodiAtel, chanoine de Bàle^ est âuâv^ae,etmailifeste bientôt son humeur ambitieuse et guerrière, 'a ^'encontre du comte Rodolphe de Habsbourg. Ce fvâàt travaille tout d'abwd finement à captJTCT ses neveux et petits-neveux, les comtes de Neudiâtd, d'Arberg et de Nidau, par caressante» manières et fbreç promesses dePCTidreau chezaul les biensqu'il tieni en jouissance. Les dits nerenx ne bougent pour le coup.
(i 366). lie comte Rodolphe refuse d'entrer dans la ligue formée par le comte de Kybourg et divers autres seigneurs contre la ville de Zurich; il Httue inutilemept d'en détourner ses proches, les comtes d'Arberg et de Nidau. Les ligueurs ont du pire, et sont contraints de laisser Zurich en paix.
(1367 *). L'évêque de Bâley Henri de Neuchâtel, après avoir déjà bataillé plusieurs fois à son dam contre Rodolphe de Habsbourg, médite d'armer derechef et d'^attirer II son parti les seigneurs de la maison de Neuchâtel. Dans ce dessein et par beau semblant, il témoigne désirer grandement l'a&ction et amitié de ses proches du chezaul , à cpiel effet il s'en vient leur faire visite, passant successivement chez les comtes de Strasberg, de Nidau et d'^Arberg, lesquels il sut si bien cajoler, qu'ils lui promirent bon secours. De là le prélat s'envientàNeucJiâtel, manifestant grandejoie et plaisir de revoir les lieux de son enfiince et pays natal, là il sollicite le comte Rodolphe, son neveu , de lui bailler aide de toutes ses forces contre le comte de Habsbourg, à l'exemple des autres du thezaul , promettant de lui remettre le bailliage de Bienne tôt après la guerre finie,
(•) BaiUod».
DiailizodbvGoOgle-
ilqdtApbe est &cMd , ;et ^t avoir .{^ud'baaottl du «ointe de E{ii)sboui'g que de sa iBalveilUtnce; loftisll^viv iMiron de Thielle et Reynjiud, a^g^éemr d«'Covau>nidréche^ préseas à ce pourparlo-j inetentAu^â dj^Ro»' dolphei et le pr«£seDt de baiUer coùsepteHient au piP^t f r di^Qt que le comte de Habstwqrgleur avait BsfieB t*- «migné, alors de la guerre de Straetiouzg, qu'il pw^ taftrude rancupe conjre les sgres de Meuchàtell: au-, quel pqurparier, sont presens le prévôfc et quelcpws-uns du chapitre. Finalenoeot le comtelUidolpbetècleaux instanicesde sonouDlei, lequel migOonoe «nissi Icsboui^ geoia, les sotiici^t de lui octr4>y«F leur, besdiè^, enmême temps qu'il leur promet cent marcs d'argetit i en dédommagement de l'incendie causé par Tévéque liuthold , son prédécesseur^ &%f , tant et si bi^ «ut le dit évéque Heuri cajoler, voire ensorceler tout le moiv)e> . que les secours d'fiomniQs pr lui demandés, lui ftirei^f baiUés de toute pa:çt..£n cette:guerre^ (to^plphe de H^b^bouj^esX.nital mefiéf.et l'évéque Henri:, bors.dr détrç^;, .oublie .tout oç qu'il a promîS'
■. (tsGg^).. Par viudication: des secours foivrm& à 1'^ véquB de 3àle, Rodolphe de j^absbourg survient à l'^mprovists, et veut surprendre le château de Thielle., 11 est reponssé par Hemi de Pieudiàtel baron du lieu; celui-ci grièvement Idessé en cette attaque, meurt tOt Vpt^t. et sa baronnie retourne au d<snaine du comte-. Le comte de Habsbourg ayant manipié son coup sur Thielle, il passe la rivière proche l'idUbaye de St. - iean , tâiDnpeNeu^ux,, et ne voyant joip- it la surprendre, s'en vientdu.méme f^nfetlre le si^ deyanFl^ei^cfaitel. Les
(*) BoiUadg el Horj'.
DiailizodbvGoOgle
bpoifeàisbksiaidés par-^ seigneororassàux et homme» royes accourus de toutes parts, font bonne défense et doiBWnt le tempe à Philippe comte de'Savoie, parent de iQOtre Rbdolphe IV , et à l'évéque Henri d'armcer au seoours. Le. ccnnte de Hahebourg appreiiaat ces choses, décampe «t la auitdn 1 1 ehi i> avril, boutant le feu a tout oe qui est autour de ville et du ckfitd:> aioEi' qu'es Ueax de son passage en si'en allant, tds que la Favarge , Coudée , Hautqrire^ St ^«Biaise du haut -«t CoriMux. De là' il va-£ùre dégEitsur les lerres'du eonite d'Arbërg.
La TÎUe délivrée > tous s'éjt)uis8ent.pEff braïquets et brandons de tiesse. Leieapl'eiideDicdle(s'entendNeubourg), et elle fut presque entièrement réduite mi. œo.'dree. En cette occasion, grande llbéredité do comte Rodolphe IV enrers: les bourgeois qu'il -aide par tons moyens à rehàtir leur, ville, leur fournissant les matériaux et force ouvriers, d'entre ses hommes biiUahles du Vaux -Travers. Plusieurs vassaux «nvoieut -aussi des leurs. i .
' (isf^o*). L'évéque de Lausanne fait battzede mauvaises monnoîes, et radomte qu'eus soientreçuefl en ^ut son diocèse. Ri>dol|die iV soutenu pax les bour-^ geois les fait défeiwjre. Le prélat en grande cglère l'eï- -eiMiinuinie et jtette un intardit sur.. la ville. Rodolphe convoque . une «SBemhlée composée du préyât etquelquçB chanoiftes, des seigneors vassaux ,et des principaux, conseillera de la ville, Tous, voire ausà ceux du clupitre,. lowat la résistance ducomtequi preiid la résolution: d^'t^P^r/ennei, et» bien qu'exoo^EUQUtiié^
C) BaiUods.
DiailizodbvGoOgle
- ise -
lecomteRodolf^e meurt traoquUletheht peu de temps après.
(*). Par ses dernièréa volonl& verbales manifestes en présence de deux chahoioes, Rodolphe IV tvdonne que Sybille de Montbéliaï'd-Mont£iucon, sa femme, Goît ciu'atrîce de ses six enfans> oonjointentmt arec Ulrich de Keudiâlel, comte d'Arberg> son oncle, arec Gufiîsante autorité pour régenter la comté^ jusqu'à. ce qu'on ait contenté par partage uncbacundesesdits six enfans, n'ayant eu le ijemps par subite maladie et prochaine surprise de mort de régler les dits partages. Toutefois il désigne son fils ai-oé Amédée pour être son successeur comte de Neutjiâtel, et lui remet son anneau scel.
Remarques. Rodolphe IV mérite des louanges pour son administration, certes belle et boonei saccmduile au-dedans et au-dehors manifeste une sage tête, audedans en regagnant par bonnes et sages manières l'amitié des bourgeois, que stm père avait fart mécontenlés, et en leur manifestant la sollicitude d'un vrai père , lorsqu'il les sollicita bien sagement, avec grande et prompte hhéralité, à rebâtir tout d'dbord leur ville presque toute twAléeen iâ6g, en fondant lavillede Neureux et en lui octroyant de grandes franchises, im accordant des aCcensemens au Vaux-Travers , sur<tont es montagnes , afin de les défricher et peupler , de même aussi en la partie du Val"de-Ruz qui lui aj^rtlenait, en ne donnant rien aux gens d'église, ains les t^pi-imant» comme il'fit au r^ard de l'insatiable abbé de Fontaine-André : au-^dehors, en refusant de se li-
(*) Vieux MiMel.
D,a,l,zt!dbvG00glc
guercoDtreZurich, enaspirantàéteiodrelaraneunedu comte de Habsbourg , en se ménageant l'amitié du comte de Savoie, envirantén botmeintdUigence avec tous ses vtnûns^ en résistant avec fermeté à l'évêque de Lan- Kinne, sans se mettre en grand souci de l'interdit lancé par le prélat, et te, enun siècle oii tel malheur était réputé le pire. Bien est-il Vrai que, par rapport aux demies de son oncle Henri, évéque de Bâle, avec le comte de Habsbourg, la suite a fait voir que Rodolphe IV aurait mieux fait de se tenir à son premier et jH-opre sentiment. Mais pouvait^il deviner que son oncle, bien qu'évéque, ne serait qu'un trompeur, et que Rodol]:^ de Habsbourg, par une fortune nc«i pareille, devîei^ait un joui* un puissant empereur?
Il est à propos d'observer que cette assemblée que le comte Rodolphe convoqua , lors de l'interdit lancé par l'évéque de Lausanne, présente la répétition d'un spectacle déjà vu et certes tout remarquable , en ce qu'il indique dé plus en plus le germe qui devait produire an jour les audiences- générales composées des trois ordres. Car bien qu'en rassemblant ainsi auprès de lui , en des occurrences ardues, dfôchanoines, des vassaux et des preud'hommes bourgeois , le seigneur comte ne voulût alors par là que paTticipër volontairement du prudent avis de ses féaux et gens les plus éclairés, toutefois nous voyons là, ce me semble, la vraie origine de la forme que prit dans la suite notrelégislation, ainsi quejecroisravbirremarquédéjà^ mémemeut plusieui^ fois peuîrétre, vu que, ne traVaîlIanl à cet écrit que de loin en loin, je n'ai le temps de regarder en arrière. Mon travail n'est point histoire, mais seulement matê-
— IflS —
riaux pour quelque-bon ouvrier qui saulra J>îen metire 4e:câté mes redites. - >
finiouantificojailoite de Rodolphe IV, leohaDoîtm BaiUods oitç- spécîtdement le particuUer soÎd <fie pre» sait ce comte de tenir le grand plaid, sans jamais y itire faute, aj^antune singulière attention de£tirç(Jioîs pour aisessçuïs aux .assises tant dedans qiK,déharst des |Jus aviséschanoines, vassaux et Doubles bouivgeois. Quelques lignes après, il semble désignée, le m^ite tribunal sous le nom de pkad de mai. 11 est tout sûr que ce bon et sage écrivain croyait avoiv déjà fait mention de ce grand fdaidou plaid de raaij ^ans quoi iln'aurait pas manqué de nous ai^H^ndrecequ'éitait chose de si grande importance,, iju'il n'en serait point à mon sens de^plus curieuse à bien connaître . Quand.fut institué ce tribunal suprêibe de judîc^ure? Quels étaient ses attributs, ses fonctions, , sa vraiç sphère? Quel était le nombre de sqs assesseurs? J'y .voisbienles troisordres} mais ^égeaient-îls en portions égales? Le pouvoir judicatif était-il le seul confié, à cç tr^unal^ Avait-il quelque part au poiwoir législatif? Quantau pouvoir .exécutif, on doit croive qu'il ne sortit jfinxûs des mains du seigneur comte. C'est grand dom^ Bpagfide ufi .pouvoir trouver réponse à telles questions; et, malgré ma grande estime poiu- le chanoine Boil^ lods.^ je ne puis lui pardonner semblable omission y lui qui avait sotis les yeux et dessous la main tant ^tbnt de bons et précieux manuscrits ronplîs de judicieuses ï(nnotations.' Bref, nous apprenons du moins qu'en 1,270 -d^à., uO:trîbMn{d de.judicature ^'a&sànblait ail moif^ d^ m^iy ftouf ,v)dai^er les contesiatioiis UUgioust»
DiailizodbvGoOgle