LOUIS
Bien que le ccwnte Louis eût déjà confirmé les franchises de Neuchàtel, en solennisant les sermens réciproques l'an 1326, alors que le comte Rollin son père lui remit l'administration du comté, toutefois, à la prière des bourgeois, il confirma de nouveau leurs privilèges en l'église de Notre-Dame, et par telle complaisance commença son règne.
Tôt après il arme pour se procurer enfin la dot de sa femme, Jeanne de Montfaucon, maintes fois rédamée
(*) Vieux Missel el Baillodi.
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et toujours promise, mais sans nul effet. D marche droit a Montbéliard , et non loin d'y arriver. Il apprend la mort de son beau-père Henri de Montfaucon, par Etienne son fils et successeur de Henri, lequel lui vient au-devant avec promesse d'acquitter sans retardement la dot de Jeanne. Le comte de Neuchâtel se confie en la parole de son beau-frère, revient et désarme.
J'observe ici que nous avons à cette date un luminaire de plus , dont le chanoine Baillods s'est grandement aidé; j'entends parler de la chronique particulière des chanoines du chapitre de Notre-Dame, dont j'ai fait mention dans la première partie.
(i34^-) L'ancienne route romaine, laqueUe autrefois venait de la colonie d'Orbe aboutir au-dessus de Boudry pour passer la rivière à Pontareuse, et de là joindre près de Rochefort l'autre route romaine conduisant au pays des Séquanois (voyez ci-devant, au commencement de cette seconde partie), cette ancienne route, dis-je, n'étant plus tant suivie à cause de la caducité du Pontareuse, Boudry devenait le passage ordinaire, ce qui engagea le comte Louis à faire de Boudry un lieu fort; et afin non seulement d'y fixer les habitans mais d'y en attirer d'autres, il octroya à ce lieu des fi-anchises pareilles à celles de Neuchâtel , avec cette dause que le bourgeois de Boudry ne pourra quitter son domicile sans l'expresse permission du seigneur comte , sous peine de confiscation de corps et de biens, et partant de rentrer à la condition de main-mortable, espérant par cette réserve fixer d'autant mieux un bon nombre d'hommes forts en cette place pour la défendre. Ce diplôme conservé à Boudry
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est remarquabte; il est du 13 septembre iS45. Par cette institution de bourgeoisie , fioudry devint la troisième viUe mimicipale de cet état.
(i344)- ^^^ grande amitié et prochain parent^^, Louis de Savoie , seigneur de Vaud , remet à notre comte Louis, son neveu et filleul, le fief de Gergier, toutefois sous la relevance de Savoie . Sur quolPien-e d'Estavayer en &it hommage dans la ville de Morat au cMUte de Neuchâtel, et oelm-<;i à Louis de Savoie. L'acte daté du a6 avril est fort curieux, et git en nos archives, muni des sceaux de Louis de Savoie et de Vévéque de Lausanne. Qudques semaines après, un fils étant né à Louis de Neuchâtel (le ag mai), celui-ci invite fort judicieusement Louis de Savoie d'en être le parrain. La proportion en estagréablementacceptée^ tellement qu'en contemplation de ce nouveau hen, le dit onde et grand onde, ainsi parrain du père et du Bis, am^ plifie sa donation et remise du fief de Gorgier par acte du mois de juin, veille de St. Jean Baptiste.
Remarquas, Ce fiit ainsi que la seigneurie de Gor^ gier, perdue autrefois pour servir de rançon au cMnte Berthold II l'an 1 aSg , rentra es mains de nos comtes par fortune certes toute particulière. Ce beau fief, il est vrai, restait encore sous la dominance de Louis de Savoiej mais oe premier pas préparait gentillement le grand et dernier pas que fit i5o ans a|n*ès, le comte Philippe qui parvint à se faire seigneor suzerain de ce fief; ce que je dis ici par anticipation, n'étant certain de pousser cet écrit jusques-Jà.
Je dois ajouter qu'en mon traité sommaire des fiefs de l'état , je n'ai Ëiit nulle maition de l'acte de remise
du 26 avril, croyant suffisant d'indigi^r celui du mois dejuin&uivaot, qui amplifiait le premier, vu que j'étais si pressé dans ce travail qu'il me iàllut y donner le jour et \a. nuit. Toutefois je confesse d'avoir eu tort, car en telle matière il ne faut rien obmettre. J'observe en aecond li^u que dans l'acte du aQ avril, les devoirs de féauté jurés au comte Louis par Pierre d'Eslavayer, imposaient entr'autres obligations à ce vassal celle d'assister diligemment au plaid de mai comme aussi à la cour des pairs, aux audiences et grands jours. Fartant ces belles formes de nos antàens jugemens étaient en vigueur avant le comte Louis, et depuis long-rtempsdéjà, comme je crois l'avoir remarqué plus haut. Ou voit par là clairement que la plupart de nos compilateurs eirent grandement lorsqu'ils nous disent qiiVB nos anciennes formes ne datent que de la seconde race de nos comtes.
(1345). On a vu ci-devant, année iSag, que le comte Louis parvint à l'éunîr au domaine plusieuFs petits fiefs probablement concédés originairement à des liommes royaux. Le fait suivant qui eut lieu en i34^> vient appuyer tout à point ce que je sors d'ayancer dans la précédente remarque au regard de l'antiquité de nos îvnciensjugemensçn pleine force déjà sous la première race. 11 pourra suppléer ausà à ce qu'il n'était en mon pouvoir ni de connaître ni de dire dans mon traité des fiefs, à l'article de celui de Bellevaux. Et comipe le st^et n'est assea de grande importance pour tenir un coin en la partie des annales, û. confient de le jeter dans sa véritable layette, c'est-à-dire d'en faire le sujet d'une remarque.