‹ Mémoires sur le comté de Neuchâtel en SuisseChapitre 24 sur 32 · II · texte numérisé non relu

II

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Itemarque particulière sur Je fief de Setlevaux.

Plusieurs années après la compo^tion de lïioh traité des fieft de l'état, j'appris par hasard, étant à'Berne, qu'unevieîlledameGatschetavaiteiasesmanisunanrien titre original qui concernait ce pays. J'ycourusaussitôt, et trouvai l'acte d'inféodation primitive du fiefde Bel- ■evaux , muni du 6ceau du comte Louis et de celai du chapitre de Notre-Dame de Neuchâtd, daté du jour apris la fête de St. Paul apôtre i545. Je proposai à cette dame Gatschet de me remettre 'ce document , lui disant que cette vieillerie lui était bien inutile, vu que ses auteurs avaient vendu le dît fief au capitaine Simon Ballanche en i5g4; mais la bonne femme nte voulut y entendre. Toutefois elle me permit d'en faire tirer une copie que je fis vidimer par la chancellerie de Berne. On apprend par ce document qu'un Girard de Bellevaux, Bourguignon d'origine et bourgeois de Neuchâtel, sans doute descendant d'hommes royfes ou royaux, tenait de ces fonds et drtHts iécdaulx, dont j'ai fait mention année iSag. Et par ce^taines expressions contenues en-ce.litre, on peut naturellement înférer que ce Girard ne voulut vendre au comte Louis ses propriétés féodales, mais qu'ensuite d'une pactisatîon en partie par voie d'échange, il résulta une inféodation en bonne forme, laquelle constitua le fief dit de Bellevaux, du nom du premier inféodé, lequel fief était certes de belle et bonne valeur, comme le dénombrement spécifié dans l'acte le prouve assez, et prérogative fort noblement, ayant juridiction dans l'enceinte des appartenances de la maison de Bellevaux, siège du dit fief. Or dans l' articulation des devoirs de féauté

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— 19» — promis el jurés par le vassal, non-seulement celui-ci devait comme tenancier d'un vrai fief lige « suivre en » guMTe à ses coûts et d^nds la lance du seigneur Il comte et le servir wivers el contre tous sans nulle » réserve, mais il était astreint à prendre siège au plaid » de mai, de même qu'aux audiences et grands jours, n et cela dans les mêmes termes contenus en l'hom- )) mage de Pierre d'Eslavayer, pour la seigneurie de » Gorgier, du 26 avril 1544- » Toutefois ce fief étant concédé à Girard de Bellevaux et à ses hoirs et ayantcause, était partant patrimonialj aussi le comte Louis visant à ses fins> se réserva-t-il bien expressément en cas d'aliénation du dit fief, le droit de retrait comme premier preume. Cet acte où rien n'est obmis, donne une juste idée du mode féodal ancien , comme on peut le voir dans la copie vidimée que j'apportai de Berne, et que j'eus soin de déposer au trésor des archives, vu que le duplicata de cette inféodation ne s'y trouva pas, et qu'il n'est consigné nulle part, de ma connaissance. Certes il ne faut s'étonner de ces longueurs efi des gloses pareilles, avide et curieux éomme je suis, de tout document propre à jeter quelque himière sur ces siècles au regard desquels j'ai trouvé tant dé vide en nos pauvres archives, si misérablement pillées au temps passé, on sait assez quand, comment etpar qui. Et quand bienj'ardéjà parlé, plusieurs fois peut-être, de ces spoliations dont les'plus importantes ont été de vraies voleries, si je répète les mêmes lamentations, c'est afin d'engager ceux-là qui viendront après nous à soigner et.ct)nserver le restant fort précieux encore, ce qui n'est chose difficile à cette heure que j'ai pu

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finalement parvenir à tout inventorier dans un' catalogue raisonné, entreprise longue et pénible pour laquelle je me suis confiné , voire enterré durant deux étés dans l'humide et sombre trésor des archives.

(i547 *)■ Etienne de Montfaucon, comte de Mont^ béliard ne tient compte de ses promesses, et ne remet pointladotde sa sœur Jeanne, femme du comte Louis. Celui-ci perd patience, et ne roulant plus long-temps mprchander avec tel mauvais débiteur, il appelle ses vassaux avec tous leurs gens d'armes, et marche droit à Montbéliard. I^a jeunesse de la ville de Neuchàtel ofire ses services qui sont agréablement acceptés. Etienne informé de la prochaine visite de son beau-frère, et voyant qu'il n'y a plus à regimber, lui vient au-devant en la bourgade d'Adincourt, non les armes à la main, mais avec iôrce rafralchissemens pour lui et ses gens. Finalement Etienne remet et transporte en due forme les terres situées en Bourgogne qui constituaient la dot de la comtesse Jeanne, plus 5o marcs d'argent pour relardement d'acquit et coût d'îirmes.

(i 547 **). Méchantes insinuations données au n» de FrancePhilippedeValois, au détrimentdu comte Louis. Justification de celui-ci k laquelle Philippe répond en ces mots : « Aulcuns ont cuidé bouter sus moult mau* >t vaisetés ^ l'ençontre du syre Loys de Neuchàtel au » regard de neutre félon vassal Edouard, à quoi né » avonsprestéfiance,ainsbaiUonsenilleGtesmoingnage » au dit syre comte Loys se être bien léîdment com- » portey notre grand ami:et afisné tut et ainsi qoua a , ly. ,,

n Chronique des Chanoines, MS. Baillods. (^ Bory.

Remarques. C'est ie seigneur de Mirecourt qui rapporte ce fait en ses observations politiques, et il en parle comme d'une chose notoire. Toutefois quand bien j'estime grandement tout ce qui sort de la plume de cet habile chancelier, mon maître en toute chose, il aurait été à propos , ce me semble, de nous indiquer la source en laquelle ila puisé et dont je n'ai nulle connaissance. Certain est-il qué le chanoine Baillods ne dit rien là-dessus, et probablement il n'en avait pas connaissance} et il en aurait fait annotation, si le vieux missel et le cartulaire du chapitre ou la chronique spéciale des chanoine» avaient fait mention de cette missive assez curieuse.

(i 547 *). L'empereur Charles tV, en grand besoin d'argent, remet au comte Louis, moyennant 3oo marcs d'argent j tous les droits régaliens qui pouvaient compéter axix empereurs sur Neuchâtel, singulièrement le droit de battre moiinaie d'or et d'argent, l'exercice de toute justice, tous hommes royaux, les péages, etc.

Remarques. Cette importante circonstance, ainsi que nous l'apprend le chanoine Baillods, était consignée dans le vieux inissel. Il nous apprend aussi que les- chanoines contemporains disaient dans leur chronique particulière que le comte Louis étant allé joindre Charles IV en Souabe, il rapporta cet acte de remise muni du scel de cet empereur, lequel titre pour sûr n'est plus chez nous. Long-temps avant moi, le chancelier Hory l'avait inutilement' cherché dans les archives. Certes je suis bien de son sentiment, lorsque je crois apercevoir dans des faits prochainement subsé-

('] Vieux Missd, Gironique des Cbanoines, Horj.

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quens la [u^uve que <^ titre qu«e nous.ne retrourons |Jus^ a toutefois existé : car i* pev d'années après, le confie LcMÛs [vétanthoHimiageauoouitede Châlons, fait coQuaitre assez clairemeot que qî le roi des Romains ni l'empire n'avaient plus rien à prétendre ni demander à Neuctiâtel, comme on peut te voir eu l'acte du dit hommage du; 2 mai i SSy , rapporté en la. premiière parbe de cette notice, a'* Certain est-il qu'en ce même temps fut institué le castellan de Neuch&tel, lequel non -.seulement était lieutenant de la comté en l'absence du sise, mais spécialement chefdelajusticeH^lesang, et que les justicio's bourgeois de Neuchâtel, présidés par le dit castellan, prirent possession de toute justice criminelle, le comte ne se réserrant que l^e droit suprême de faire, ^âce. 5" Tôt après iureut pareillement institués les quatre castellans du Landeroi*, Boudry, Vaux-Travers et Thielle, avec juridiction (^iminelle. 4° £t en^n, à la même époque, le comte I^uis étaUit divers péages, entr'autres à Thielle, sur le Doubs, k la tour Bayard> au Vaux- Travers, etc. Toutes lesquelles instituUous et créations prouvent suffisamment les hauts droi^ acquis par le comte Liouis, desquels il se dépêcha de iaire usage. Il convient d'observer ici que les dits çasieUans sont nommés en quelques vieux act^s bailli/s, vu qu'en ces temps-là ce titre distinguait les grands justiciers ou chefs du criminel. On voit aux archives un acte du 5 novembre 1 55 1 , dans lequel on donne le titre de baillîf à Olhojn de Vaumarcus, premier castelian de Neuchâtel,

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(i 3^9 *)■ I^iulci^n est désolé par un grand incendie sur la fin de 1 54S. Les orignaux de ses franchises sont consumés. Le comte Louis j aecourt, console afiéctueusement les bourgeois, leur promettant aide et secours ]K>ur rebâtir leur ville, avec ofifre de renouveler, voire amplifier leurs privilèges. OtUroî du 17 janvier 1 349. Institution d'un banderet et antres nouveaux droits qu'on : peut voir dans la concession. Le comte Louis, toi^urs souvenant du valeureux comportement des bourgeois du Landeron, alors des-deux si^es qu'il a soutenus à leur tête dans 3a jeunesse contre les Bernois, conserve une grande dilecbon pour ce lieu et la témoigne en ee-renoontre.

(i35o *)..Noareaux débats et coups donnés au sujet de la vieille querelle tant pour les limites du Vaux- Travers qu'au regard de certains conflits féodaux du côté de Vaumarcus, comme auisi sur le mont de Cudr<:fin,et en Vuilly. Le comte de Neuchâtel et le bardn de Grandson tombent finalement d'accord par traité du 10 décen^bre i55o, muni.du acel de diaque partie, lequel titre. nous a été dârobéavec tant d'autres. La copie qui ^t aux archives est sans authenticité; toutefois elle s'accorde en tous points avec le langage des chanoioescontemporainsen leur chronique, et rapporté parle chanoine Jacques Baillods, à savoir qu'en ce traité était rappelé et confirmé l'acte d'échange de 1 3 1 8, lequel établissait pour ligne de séparation entre la baronnîe du Vaux -Travers et celle de Grandson la cime des montagnes conform^ent à la pente des eaux des deux parts. J'en ai déjà parlé en la première partie,

(*) Chronique Aet Chanoiiies, Archives, BaïUodt.

et en celle^i, année 1218. Certes il y a de quoi gémir quand on voit ce que nous avons perdu de ee côté-fô, et ce que nous risquons de perdre encore, vu les contestations pendantes. Telle est la fôcheuse destinée des petits états ; le pot d'argile fait mauvaise figure à l'encootre du pot de fer. ■

(i55i *). PiarredeNeuchâlel, c(*ited'Arberg, vend sa comté au du moins la majeure partie aux Bernois^ toutefois en se réservant le droit de retrait perpétuel.

Remarques. Dans la dernièredéduction des branches cadettes de la maison de Neuchâtel, à l'article des comtes d'Arberg, dans cette seconde partie, j'ai dit par anticipation et pour ne pas revenir à cette branche éteinte en la personne de Pierre, qne celui-ci vendit la majeure pRrtie de son conté aux Bernois en i55i, sous clause et liberté de réliemption, «t finaloneAt le loutage par transport irrévocable et pur en 1 368. En cela j'ai suivi le texte de l'historien Stetder, paiement suivi par Planlin. Or maintenant que je viens de reUre avec attention les doctes observations du chancelier Horj^ jenepuisplusm'empécherdedouterunpetitdelaréahté de cette seconda vendition censée faite en i36d, sur laquelle le chanmne Baillods ne dit mot, tandis qu'il parle de celle de i35i sous bénéfice de réachat. Mon doute sur ce second marché se fortifie, lorsque le chancelier Hory nous dit que par deux Ibis, étant à Berne, il avait demandé à certains des pi^incipaux ses amis une copie del'ade d'aliénation de i568, prétendue pure et simple, gisant, lui disait-on, es archives, laquelle copie, bien que promise, n'arriva jamais. De

(*) Slettler,Plantiii,Baillod«etHoiy.

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plus Sieltler et Pbntih, l'un citoyen de Berne, l'autre sujet , ont jw naturellertient croire et dire tout ce qui était favorable aux Bernois. Partant je ne puis me tenir d'ajoutw que je crois voir ici le même jeu répété 1 70 ans après, au regard de l'abbaye de St. Jean; voyez la première partie. Certes c'est encore ici le petit pot d'argile en compagnie de la grosse marmite de fer; il n'est meilleur apologue. Voilà comme le vaste et beau patrimoine des anciens comtes de Neuchâtel s'est éparpillé, d'abord par partages, ensuite par mauvais ménage et finalement par droit du plus fort. Les comtés de Strasberg et de Nidau eurent la même destinée que Ite comté d'Arberg; tous tombèrent en l'abime, parce que leurs sires manquèrent, les uns de conduite, les autres de savoir se retourner dextremenfau regard de la confédération naissante des Suisses, comme le firenthabilementetavec tântde sagesse, les sirescomtes de Heuchàtel, proprement dits chefs du chezaul ; aussi sont-ils à cette heure les seuls qui subsistent en toute l'Helrétie.

(i55a). Origine et faible commencement de la bourgeoisiedeValangin parles franchises, non fort étendues encOTe , concédées aux habitans du bourg par Jean II seigneur de Valangîn , qui leur accorde un banderet et divers privilèges, toutefois restreints aux seuls domiciliés, vu que celui qui quittait le bourg redevenait aussitôt mortaillable. Au regard de tous les autres articles non réservés par le seigneur, celui-ci promet aux bourgeois de Valangin de les maintenir aupircs des coutumes usitées à Neuchàtel. Cette concession est du i3 août i552. Les maîtres - bourgeois

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de Valangin disent qu'ils oDt l'acte original, «font nous n'avons qu'une copie aux archiyes. C'est ici, le petit grain de moutarde qui va produire une grosse -plante. Lee grandes libertés et franchises que les gens de Valangin ont eu l'adresse de se procurer petit à petit, tantôt par argent, tantô,t par souplesse révéreneieuse, ont forraéce quatrième corps de bourgeoisie, phis vigoureux peut-élre queles trois autres ensemble, à cette heure que la princesse donne licence aux maîtres-bourgeois d'admettre et incorporer tous vmans. On trouvera dans mon mémtNje de 1668 l'accroissement successif des franchises de Valangin et des autres parties de l'élat jusques à celle date. '

(i 353 *). Le comte Louis, à la tête de 5oo hommes d'armes, et accompagné de tous ses vassaux, va joindre l'empereur Charles IV devant Zurich.

Remarques, hectianoine Baillods nous apprend fort curieusement que dans leurs chroniques, les chanoines historiens contemporains représentaient le comte Louis comme n'ayant nullement en penséede guerroyer contre ceux de Zurich, mais seulement de faire ¥> cour à l'empereur el au duc Albert d'Autriche, singulièremmt dans le dessein d'obtenir de Charles IV la confirmation des hauts droits vendus et concédés par cet onpereur au comte de IHeuehâtel en i347;.et sur lesquels le comte de Châlons et l'évéque fie Lausanne faisaient mine de le chicaner. L'empereur promit cette ratification qui n'eut son efiet qu'en i358, comme on le verra. Notre chanoine ajoute que le comte Louis visait tellement à ménager de près et de loin la confédération des

(*) Chroniijue des Chanoines.

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Suisses qui s'accroissait chaque jour, qu'il ne eontribua pas peu à U retraite de l'empereur de devant Zurich et à la paix qui s'en suivit. Certes il y ^ plaisir à considérer l'adroite et sage conduite de ce çomUi Louis.

(i554'*^).. Le comte Louis. dirigé par de meilleures maximes que ses. prédécesseurs, fait son testameat par lequeljloindepartager ses terres entre ses troisfils, Jean, Louis et Rodolphe , il les nomme ses seuls successeurs au comté de Neuchâtel , en les substituant l'un À l'autre , et il dote médiocrement en argent ses deux fiUes, Isabelle et Varenne, à savoir 1200 livres lausannoises à chacune : il ordonne spécialement une entière soumission à l'alné de ses fils qui lui ■accédera.

(i356). Divers actes de félonie commis p»* Pierre d'Estavajer, seigmeurde Gorgier, engrçent le comte Louis à mettre la main sur le fief de sou vassal. Celuici implore l'intercession des villes voisines. Fribourg, Bienoe, Yverdon et Morat, envoient des députés au comte de Neuchâtel, pour solliciter sa clémence envers le coupable. Louis déclare qu'il ne recherche que ju»tice et raison , et partant , oflre aux dits députés de les laisser prendre place en la cour des pairs, pour juger le cas. Le vassal ne comparaissant pas à la citation, est jugé par contumace, et la main-mise sur le hef est déclarée légitime. J'observe que n'ayant pas trouvé cette pièce aux archives , je n'ai pas cru devoir en faire mention en mon traité des fiefs, bien que la commise qui eut lieu deux ans après pour le restant, et dont mention sierafaite, indique assez cette première main-mise.

(*) Chronirpie des Chanoines , B^ods.

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(iSSy *). Hommage rendu par Louiâ comte de Neudiàtelf à Jehan III comte de Chàlons, le a mai. On peut voir en la première partie de cette notice, ce qui est couché à la page 55 et suivantes sur cet important acte, dont l'original est au château de Trye, et seulement une Copie vidimée en nos archives. Ainsi que je l'ai dit par voie de remarque , un peu plus haut année 1 347 , ce titre fait assez voir que le comte de Neuchâtel était dégagé de tout devoir, au regard de l'empereur et de l'empire, et sert à prouver la libération concédée par Charles IV. En telle sorte que le présent hommage est chose toute remarquable en son langage, el dénote en tous points la bonne tête du comte Louis. Rien n'est omîs en cet acte d'hommage, les limites de la comté y sont spécialement indiquées avec distinction des parties relevantes de Chàlons, et de celles qui dépendaient immédiatement de la directe du comte de Neuchàtel.

(t358*). On vient de voir tout à l'heure Pierre d'E&tavayer dépouillé de son fief pour félonie. Son frère Althatid d'Estavayer, qui tenait une partie de la seigneurie de Gorgier , au lieu de faire son profit duchâtiment infligé k l'aîné, se (Comporte non moins déloyalement, et oblige par tel méchant train le comte de Neuchàtel, de poursuivre la commise de son fief par devant les pairs de cour, ainsi qu'on peut le voir en mon traité sommaii'e des fiefs de l'état. Ne comparaissaiit pas aiix citations, son fief est adjugé au comte de Neuchàtel. Par cette seconde main-mise, toute la bdle seigneurie de Gorgier se trouve réunie au domaine.

(*) Chronique des Chanoines, ArcLives, Baîllods.

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Bien que cette afiaire eût commencé en iS5d« tour* te&is la sentence ne fiit prononcée que le 2 nui iSSg. (1559 *). Certains débats souvent renouvelés par l'évéque de Lausanne, prétendant que ses droits sont lésés par l'octroi de l'empereur Charles IV, en faveur du comte de Neuchâtel, engagent celui-ci à se rendre aujH'ès de l'empereur en cette même année i558, et il en obtient la confirmation de roctroi de 1^4? > ^^ tout en la meilleure forme avec signature et scel du dit empereur. Le chanoine Baillods nous apprend que ce nou* veau diplôme, indiqué sommairement dans la chronique des chanoines, était couché tout au long dans un vieux missel, avec spécification diserte de tous droits de justice souveraine de sang, monnaie , péage, chasse, pèche, chevauchée, hommes royaux, en toute la comté, sans pi us de réserve aucune au regard del'empire. Ces titres sont perdus; mais il n'en est plus besoin.

(*) Lauderon obtient du comte Louis la confirmation de ses fi*anchises, amplifiées de quelques nouveaux articles. L'acte muni du sceau du seigneur comte, est du i5 mai i55g; il est conservé au Landeron. On peut voir les nouveaux points concédés transcrits de dessus l'original, dans mon mémoire de i669.

(*) Le chagrin rend malade le comte Louis ; de cuisans regrets le tourmentent, il se reproche d'avoir approuvé, voire encouragé le désir que ses trois fils avaient eu d'être armés chevaliers parfaits d'armes. Louis, le second de ses fils, avait été tué à la journée de Poitiers, étant allé joindre l'armée du roi Jehan de France, l'an 1 356. En la même année, Rodolphe son

(') Baillods.

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troisième fils élail mort en Italie, où ïl àvàil aÈCompagné l'empereur Charles IV. Et voilà qu'en iSSq, Jehan, son fils aîné, est blessé et fait prisonnier dans le Sundgaw. Cetendrepère, rudement affligé, envoie incontineul trniter de la rançon du seul fils qui lui reste, la somme stipulée est considérable, et n'ayant à cette heure deniers bastans, i) trouve le restant ^n la ville de Boudry, à laqueHe il engage le droit de Vohmgvlt, mot allemand qui dans notre jargon veut dire impôt sur le vin débité en détail, et qu'on nomme en France les aities:

Au retour de son (As, le comte fait un nouveau testament, par lequel il institue son fils Jehan son héritier universel, et à son défaut, Isabelle sa fille aînée. Cette disposition est datée du lo juin iSSg.

(i 36o *), L'abbéetles moînesdeFontaine- André, toujours avides, bien que partagés largement, avaient souvent maille à partir avec les habitans d'alentour; et ne Pouvant le comte Louis assez favorable à leur gré, ils députent vers le pape Innocent VI, siégeant en la ville d'Avignon, et «i obtiennent un bref, portant confirmation plénière de tous droits et bien&4bnds qu'ils possèdent et pourrontposséder au temps avenir. Ils présentent le dit bref daté d'Avignon le 30 juin i56o, au comte Louis. Celui-ci répond qu'en fait de choses spirituelles, le saint-père le pape est maître de leur octroyer tant et tant, mats qu'au regard du temporel, c'est à lui de régwiter.

(**) Divers abus s'étaient introduits dans le chapitre de Notre-Damede Neuchâtel, tant au regard du service divin, que touchantcertainesprérogativesdécernées

n Baillods. r) Bailiods.Vinn-MwseL

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aux chanoines nobles-,' et que les chanoines docteurs non nobles s'étaient insensiblement attribuées. Nouvelle régie statuée en plein chapitre, le 25 juin i36o, et confirmée par un bref du pape Innocent VI, daté le jour de la fête de St. Luc apôtre, en i56o.

(i56i *). Par un codicilledu II avril i36i, le comte Louis donne à sa fille Varenne le château de Joux avec toutes ses appartenances et dépendances, provenant de sa seconde femme Catherine de Bourgogne, mère de Varenne.

(1362). Nouvelle concession par laquelle Jehan d'Arberg, seigneur de Valangin, donne plus d'étendue aux franchises des bourgeois, jusqu'alors tous obligés de résider dans le bourg de Valangin. Cet octroi muni du scel du seigneur, est du 26 décembre i562. Voyez ce que j'en ai dit en mon mémoire de i66d. Entre les divers articles de franchises amplifiées, il en est un qui mérite particulière annotation, c'est le droit acquis à une fille bourgecHsê qui n'a point de fi-èfes, de communiquer la qualité de bourgeois avec tous les droits, à son époux étranger, d'où qu'il soit; mais à la charge de la part de l'époux, de se domicilier en la terre de Valangin, et de prendre le nom de sa femme, ce que l'on appelait aUer à gendre.

Ëgon, comte de Fribourg en Brisgau, mari de Varwine de Neucbàtel, en guerre avec ses voisins, demande du secours au comte Louis son beau-père : celuici résout aussitôt de voler au secours de son gendre. Jehan son fils le conjure de se reposer, et de lui commettre ce soin. Jehan part à la télé de 600 hommes d'armes d'élite; les ennemis d'Egon sont battus tt (*) Baillods,Chroiiic[ue des Chanoines.

Edingen . Egon eu lufraine son beau-père , et lui mitrque en même temps, qu'il est principalement redevable de 'ses succès à la valeureuse conduite du comte Jehan et dçs siens : grand sujet de joie pour le père, qui estimait beaucoup les iaits d'armes, et voire trop.

Plusieurs châteaux institués originairement pour la sûreté des voyageurs, n'étaient plus que des cavernes de voleurs ; maintes fois déjà , plainte en avait été faite -au comte Louis par les siens, volas ou rançonnés en divers lieux voisins, singulièrement auprès du château de Delémont, desquels brigandages le comte de Neuchàlel avait inutilement demandé justice à l'évéque de Bâle. Kollin de Vaumarcus ayant été détroussé avec sa suite par ceux qui tenaient le château de Delémont, arrive à Neuchâtel presque sans vêlemens. Le comte Louis voyant son vassal en si piteux état, perd patience^ arme incontinent, s'achemine avec diligence et secret vers Delémont, surprend nuitamment le château par escalade le a6 juillet, lait pendre le castellan, et bailler le niorillon à tous ses gens, qui sont renvoyés sans vêlemens. Le château est brûlé et détruit, à quoi les habitans de la ville et de la campagne aident de grand cœur. Jehan de Vienne, évéque de Bâle, turbulent et mondain, crie et menace; le comte de Neuchâtel répond froidement, qu'il avait bien voulu éviter à l'évéque la peine de régenter son pays. Du même pas il tombe à l'improviste, brûle et démantèle un semblable repaire d'autres brigands non loin de Bieone. Cela fait, il passe du côté de Nidau, à l'invitation de Rodolphe de Neuchâtel, comte de Nidau, qui le festoie, et lui demande en mariage sa fille Isabelle. Le comte de Neuchâtel ré-

pondiàvonibleineDt; toutefois S réserve deux choses, l'une, le libre consenlement desa fille, l'autre que Rodolphe rompe toute intimité arec l'éréque de Bàle, et se joigne à lui pour ranger ce dangereux voisin. De là lecomtedeNeuchâtd, accompagné de cdui deNidau, va raser de fond en comble dans le VuUy, un troisième repaire de nobles voleurs qui infestaient la communication de Neucbâtd à Morat.

(i568 *). Isabelle de Neuchâtcl épouse Rodolphe comte de Nidau. Pressantes sollicitations ath^ssées au " comte Louis par son gendre Egon de Furstemberg, comte de Fribourg en Bri^;au, lui demandant un prompt secours d'hommes d'armes, et singulièrement qu'à leur tête soit Jehan de ^euchàtel, fils du convie Louis. GeliM-ci ne peut rester «ta. instances de son £ls> qui désire ardeounent d'aller secourir son beaufrère. Jehan est dangereusement lidessé , et demeure prisonnier de l'érêque de Strasboui^; et tandis que le comte Louis, en grand émoi, cherche de toutes parts de l'argent pour acquitter la grosse rançon exigée, il apprend la nouvelle de la mort de son fils, le seul qui Joi reste et son unique .espérance. Ce père înfortuiié en est inconsolable. Far cet événemeot, Isabelle comtesse de Nidau, sa fille aînée, est son héritière universelle.

On prétend qu'en cette année i368, les Berri<ns acquirent entièrement toute la comté d'ArbtTg, par une vente pure et simple quç leur fit Pierre de Neuchàtel , comte d'Arberg. Mon dessein n'est pas d'affirmer le cpntraîrej seulement ai-je certains doutes déjà indiqués année 1 55 1 ,

(') Baillod*, Chr. Aet Chanomcs.

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(i569 *)■ Sans postérité mâle, et pvéroytm que sa fille Uabelle» destinée à loi succéder , aura grand besdn d'êtrebienappuyée, le comte LouÏK renouvelle idlianceet comboul'gefMâe arecSoleure, le rendredi a^u^ la micarème : l'original git «s en^ves^ il est fort curieux.

(iSyo). KodolphelV ccanté de Nidau, meurt 'sans laisser d'eofans il'Isabt^e> «a seccnide iemme. Aussitôt le comte Louis fait dessein d'appeler auprès de lui Isabelle, son héritière, éit de l'associer à l'admibistration pour l'instruire Ità-méme. Toutefois, comme Isfdl^e, par son traité de mariage, avait l'nst^uit des biens de son mari , le comte Louis pactisa arant tout avec les eo&ns de la première ièmme. On stipule qu'Isabelle renonce au dit usufruit, et en amtemplatîon de cet aban^m , elle reçoit en propve, pour elle et les siens, la comté de Gei-Uer, laqueUe fut lùnsi de nouveau iréunie au domaind des comtes de^ Nent^tel, dont elle avait été sépEu:^ amtrelôis par partages, avçc Cette diSërmce toutefois que la cbmté de Cwlier n'avait pas conservé sqn intégnlé primitive, ery»ltété assujettie par les rigueurs de la fiuerre à l'hommage envers la nHÙson de Savoie, en 1360. locoatinent après cet accord> Isabellfi accourt auprès de .^on père «pii l'EKljoint au maniement des a£bii«s et a son autorité.

Peu de temps auparavant, le comte Louis avak accordé aux bourgeois àa Landeron et de Boudrj^, aiirsi qu'aux habitans de la baronhie du Vaux-Travers, kqu^ com[H%nait les mayories des Vwrières et de la Brévine d'aujourd'hui) aux uns de nouveaux ihwiis, aux autres la confirmation des anciens et de leurs fran-

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diises, avec amplification^ ainsi qu'on peut le voir-déduit dans mon mémoire de 1668. L'acte qai concerne le Vaux-Travers, à la date du i" septemlâe iSÔg» est remarquable.

(1572 *). L'affectueuse souvenance que le comte Louis conserve de son fils, le seul qui lui restait, J^ian si misérablement trépassé en Alsace, l'engage à -ùaroliaer le bâtard que son dit fils avait laissé^ et qui avait pour nom Girard. Il lui donne les Verrières en fieflige, se réservant spécialement la justice criminelle, et lui permet de s'intituler Girard de Neucbâtel. Cette inféodation est aux archives, datée du 33 avril i5ya.

(♦*) Franchises plus étendues concédées par Jean III, seigneur de Valangio, aux habitans du Lode et de la Sogne, ce qui voulait direalorstouslessujetsdesinontagnes de Valangin, vu que les autres parties n'étaient pasencoredéfirichées. Ces montagnards jouissaient déjà de quelques privilèges, sous la dénomination dejranc' kabergeana. Voyez mon mémoire de 16Ô8 au chapitre de Valangin. Cette concession est diï 13 mai i^i.

Sentant approcher le terme de ses jours, le comte Louis fiii t construire dans le chœur de l'église de Notre- Dame, au côté droit, un tombeau pour lui et les siens, tel qu'on le voit oicore à celte heure. .

(iSyS***). Par une disposition dernière du lomai 1573, sans toutefois rien changer à l'essence de son précédent testament, le comte Louis déclare ses deux filles, IsabdleetVarênne, ses uniques héritières; mus

Cï BaiHodï.Chr.dMChanoines, Archives.

C*) Coffre de la bourgeoisie de Valangin. (•**) Baillocb, Clir. des Chaaoinea.

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il entend qu'Isdbelle, comme ainéc, soit comtesse et dame suprême, etqueVarenne, pour toutes les choses de son partage , entre en la foi ethommage avec Isabelle, sa sœur ainée, et relève d'elle et de ses hoirs lèaux, procréés de son corps, syres de Neùchâtel. Dans ce dernier testament, le comte Louis donne à ses deux bâterds , Jehan abbé de St.-Jehan et Vauthier , à celuir ci la liaronnie de Roch^ort, à celui-là la seigneurie des Verrières concédée l'année devant au bâtard de Jdian, 'qui reçut par la suite en ét-hange la baronnie de Vaomarcus, la seigneurie des Verrières réversible à Vauthier après la mort de l'abbé de St.-Jeban, les dits hefs devant relever d'Isabelle suzeraine, et à laquelletoutejusticecriminelledoitrester. Enfin ordonne que son casque, son épée el-son écu soient couchés dans son cercueil, comme étant le dernier de sa race, on du tmoins de la brancbe ainée ds la maison de Neu- ^làt^. Selonlea chanoines contemporains euleur chronique, au dire du chanoine Baillods, le comte Louis avait réglé tootexhose en telle manière que Marguerite , «a -troisième femme,, ambitieuse et altière., n'aU rien à régenter, ordonnant toutefois qu'eik fût ndilauent jeDtnstenue au chastd, si mieux elle n'aimait se. retirer chez les siens en la Bourgogne, auquel cas on lui délivrfih-ait 5oo Oorias d'or du Rhin par chaque an.'

(*) Le comte Louis expire le 5 juin. Bon seigneur envers ses sujets, bon père envers xs enfans, ixm mirître envers ses serviteurs, il fut (grandement regretté de tous. Son humeur guerrière ne l'empêcha pas de connaître et pratiquer les maximes d'une sage et bonne

(*) Baillods, Chron. des ChanotOM.

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poHtique, tant-int^nequ'exterDe. Certes son atkniiùs* tralioD fut habile et judicioise. Ce prince aurait él« plus heureux, si sa grande estime pour les armés n'a-* vait pas aiguiUonné ses fils à se livrer, au. même penchant alors en grand honneur, et qui l^ur coûta la vie à tous. Il avait eu trois femmes : i° Jeanne de IHontbéliarddeMontfaucoD, delaquelle il eut Jean et Isabelle : a" Catherine de Bourgogne» dame de Neuchâtel, dont il eut Louis, Rodolphe et Varenne ; 3° Marguerite de Bourgogne, dame de Vaugrenant. Il laissa deux bâtards, Vaulhier et Jean dont il aété parlé toutàrheure. Remarques. En donnant le nom et le titre de Boucgogne aux deux dernières femmes du comte. Louifi^ j'ai suivi mot à mot le texte du chanoine Baillods, lequel avait suivi également mot à mot celui des écrivains du chapitre, auteurs de la chronique particuhère et contemporaine, ainsi que le langage coucjié au vieux missel, au regard de l'obiit du comte Louis. Toutefois je ne puis me dispenser de Êiire connaître nies doutes sur le véritable sens decette dénomination, qui semble indiquer que ces deux daqies étaient de la maison de Bourgogne. Les recherches que j'aî faites étant à Dôle, n'ont pu me faire découvrir qu'il y ait eu, du temps du comte Louis, une Catherine de la maison de Bourgogne. D'un autre côté, j'ai trouvé que Philippo I*', dernier ducdela i"branche royalede Boulogne, eut une fille cadette nonunée Marguerite, contemporaine -du comte Louis; mais on ignore sur les lieux mêmes si ni où elle s'allia. Or il me semble que c'était chose digne de particulière annotation de la part des chroniqueurs témoins, si de vrai notre comte Louis avait

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pcis l'une après l'auti* deux femmes de ht même maisoQ, voire du sang royal de France. Fartant il est permis de conjecturer que par ces mots de Bourgogne, on peut entendre que ces dames sortaient du pays de Bourgogne, issues de seigneurs bourguignons , portant l'un le nom de Ncuchâtel, l'autre celui de Vaugrenant. Toutefois ce n'est qu'une conjecture, ne roulant accroître la fourmilière d'erreurs qui abondent parmi les pauvres bumains. 3'ea ai tant vu, tant remarqué durant une assez longue vie, toute adramée au politique labeur, qu'en mes vieux jours je ne puis avancer le pied, sans craindre de lé poser sur ime arreur.

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